‹ Textes classiques de la littérature française: extraits des grands écrivains français avec (volume 2)Chapitre 82 sur 126 · Le Janicule, le Vatican et le Pincio · texte numérisé non relu

Le Janicule, le Vatican et le Pincio

16S DIX-DEUVIËME SIÈCLE.

CAStMrR ÛELAVIGNEé

Casimir Delavigne, né au Havre en 1794, composa, étant encore sar les bancs du collège, un Dithyrambe sur la naissance du roi de Rome (1 8 11), où il se montrait déjà ce qu'il resta toujours, un très-habile écrivain, un versificateur excellent : du reste peu d'invention, peu d'élan, poini d'initiative. Son œuvre la plus spontanée, les Messêniennes^ ob* tint un succès brillant(1818}. Après le long silence de l'Empire, c^était chose si douce d'entendre la' Uberté politicpie sfexprimer en beaux vers 1 Et puis l'inspiration des Messeniennes était elle-même vraiment poétique. Le poète chantait les douleurs de Tinvasion, les vieilles gloires de la patrie, les souvenirs de la Grèce libre, les espérances de la Qiéee ressuscitée. Ici les sentiments du public dispensaient le poète d'inventer: il lui suffisait d'écrire ce que Ton pensait autour de lui. Or, Casimir Delavigne a toujours excellé à couvrir de brillants détails des idées peu originales : c'est ce qu'il fit dans les Messéniennes. De Ik l'enthousiasme passager qui les ac* cueillit. Tout le monde aima ces poésies, qui n'étaient que les idées de tout le monde : de là aussi leur médiocrité durable. Ses compositions pour le théâtre, les Vêpres siciliennes(l 8 1 9), le Paria (1821), VÉcole des vieillards (1823), dont le miecès détermina l'admission de l'auteur à l'Académie française, la Princesse Aurélie (1828), Marino Faliero (1829), Louis XI (1832), les Enfants d'Edouard (1833), Don Juan d'Aulriche (1835), Ifk Fille du Cid(1840), Charles YI, opéra fait en société avec Germain Delavigne (1841), eto., etc., sont des chefs-d'œuvre d'habileté, de patience, d'esprit, mais non pas toujours de poésie dramatique. Epuisé par ses nombreux travaux, Casimir Delavigne- quitta Paris pour chercher un climat plus doux. Mais il ne put arriver au terme de son voyage, et mourut à Lyon k la fin de 1843.

Ses Œuvres complètes onJt iU rinmies ^ 6 vol. tn-8, 1846.

CASIMIR DELAVIGNB. 163

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