‹ Textes classiques de la littérature française extraits des grands écrivains français avec notices biographiques [etc.;] recueil servant de complément à l'Histoire de la Littérature françaiseChapitre 14 sur 347 · DËCOLARATION DE L'ABMÉE DE CHARLES LE CHAUVE · texte numérisé non relu

DËCOLARATION DE L'ABMÉE DE CHARLES LE CHAUVE

Si Lodhuwigs sagrament que son fradre Karlo jura conservât, et Karlus meos sendra de suo part non la stanit, si jo returnar non lint pois, ne jo, ne neuls cui eo returnar int pois, in nuUa adjudah contra Ludovirig non li juer.

Traduction.

Si Louis tient le serment fait à son frère Charles, et que Charles, mon seigneur, de son cdté ne le tienne pas, si je ne l*en puis détourner,ni moi ni aucun (de ceux) que j'en pourrai détourner, ne lui donnerons aucun aide contre Louis *.

Ces textes sont de curieux monumeuts pour l'étude de notre langue. On y surprend en quelque sorte sur le fait le travail de la transformation. Nous pouvons remarquer que ces lignes barbares tiennent un certain milieu entre les deux dialectes qui, comme nous Talions dire, se partagèrent la France. La division n'a pas eu lieu encore. Il est probable que, sous la seconde race, l'unité politique maintint et conserva une espèce d'uniformité dans l'idiome corrompu, qu'on appelait langue vulgaire. Ce langage quasi-iatin eut en France les mêmes prétentions et la même puissance que Tempire quasi-romain de Gharlemagne. Us tombèrent ensemble et par les mêmes causes ; la langue se divisa en deux dialectes; et, pour emprunter à Gicéron une expressive image, de même que les fleuves qui prennent naissance dans l'Apennin se séparent sur deux versants, les ims cou< lant vers la mer d'Ionie, qui offre des ports sûrs et tranquilles sous le beau climat de la Grèce, les autres allant se jeter dans la mer deJToscane, qui baigne un pays barbare, hérissé d'écueils et de récifs : ainsi la nouvelle langue se

1. On peut voir l'analyse raiscnnée de chacun des mots qui composent ces textes dans VExplic(Uion de Bonamy, au XLY* yolume dm Mémoires de V Académie des inscriptions. (Édit. in- 12.)

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