‹ Textes classiques de la littérature française extraits des grands écrivains français avec notices biographiques [etc.;] recueil servant de complément à l'Histoire de la Littérature françaiseChapitre 157 sur 347 · Boileau lui-mômô (satire II, vers 19 et · texte numérisé non relu

Boileau lui-mômô (satire II, vers 19 et

G. La tragédie (ÏAstrate de Quinault, jouée en 1663 avec un suoeès prodigieux.

A dit mon campagnard avec une voix claire, Et déjà tout bouillant de vin et àe colère.

— Peut-être, a dit l'auteur pâlissant de courroux ; Mais vous, pour en parler, vous y connoissez-vous t

— Mieux que vous mille fois» dît le noble en furie.

■— Vous? mon Dieu ! mêlez-vous de boire, je vous prie, A l'auteur sur-le-champ aigrement reparti.

— Je suis donc un sot moi ? vous en avez menti, Reprend le campagnard ; et, sans plus de langage. Lui jette pour défi son assiette au visage. L'autre esquive le coup, et Tassiette volant,

S'en va frapper le mur et revient en roulant. A cet affront Fauteur, se levant de la table. Lance à mon campagnard un regard effroyable ; Et, chacun vainement se ruant entre deux, Nos braves s'accrochant se prennent aux cheveux. Aussitôt sous leurs pieds les tables renversées Font voir un long débris de bouteilles cassées : En vain à lever tout les valets sont fort prompts , Et les ruisseaux de vin coulent aux environs.

Enfin, pour arrêter cette lutte barbare, De nouveau l'on s'efforce, on crie, on les sépare, Et, leur première ardeur passant en un moment. On a parlé de paix et d'accommodement.

Mais, tandis qu'à l'envi tout le monde y conspire, J*ai gagné doucement la porte sans rien dire, Avec un bon serment que, si pour l'avenir En pareille cohue on me peut retenir.

Je consens de bon cœur, pour punir ma folie, Que tous les vins pour moi deviennent vins de Brie ; Qu'à Paris le gibier manque tous les hivers, Et qu'à peine au mois d'août l'on mange des pois verts '•

SATHŒ VI. — UBS EMBARRAS DE PARIS.*

Qui frappe l'air, bon Dieu I de ces lugubres cris? Est-ce donc pour veiller qu'on se couche à Paris T Et quel fâcheux démon, durant les nuits entières, Rassemble ici les chats de toutes les gouttières ? J'ai beau sauter du lit, plein de trouble et d'effroi,

1. Horace, dans la huitième satire du livre II, et Régnier dans sa tatire X ont décrit aussi des repas ridicules.

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