Voir V Histoire delà littérature française, page
6. Les confrères de la Passion, autorisés par lettrée patentes de Char-
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Et) sottement zélée en sa simplicité , Joua les saints, la Vierge, et Dieu , par piété. Le savoir, à la fin dissipant Tignorance, Fit voir de ce projet la dévote imprudence*. On chassa ces docteurs prêchant sans mission ; On vit renaître Hector, Andromaque, Ilion '. Seulement les acteurs laissant le masque antique, Le violon tint lieu de chœur et de musique.
Bientôt l'amour, fertile en tendres sentimens, S*empara du théâtre ainsi que des romans. De cette passion la sensible peinture Est pour aller au cœur la route la plus sûre. Peignez donc, j'y consens, les héros amoureux ; Mais ne m'en formez pas des bergers doucereux : Qu'Achille aime autrement que Thyrsis et Philène ; N'allez pas d'un Cyrus nous faire un Artamène'; Et que l'amour, souvent de remords combattu. Paroisse une foiblesse et non une vertu.
Des héros de roman fuyez les petitesses : Toutefois aux grands cœurs donnez quelques foiblesses. Achille déplairoit, moins bouillant et moins prompt ; J'aime à lui voir verser des pleurs pour un affront*. A ces petits défauts marqués dans sa peinture, L'esprit avec plaisir reconnoît la nature. Qu'il soit sur ce modèle en vos écrits tracé : Qu'Agamemnon soit fier, superbe, intéressé ; Que pour ses dieux Ënée ait un respect austère. Conservez à chacun son propre caractère.
les YI en 1402, à représenter quelque mystère que ce fût ^ s'installèrent dans l'hôpital de la Trinité, où ils donnèrent au public, les jours de fête, divers spectacles pieux tirés du Nouveau-Testament, Clercs et laïques affluaient à ces ii^présentations, que l'Église favorisait de tout son pouvoir. L'idée de mettre en action les Mystères et les MiraUês n'était pas nouvelle. Depuis longtemps l'Eglise avait introduit dans son rituel des scènes dialoguées, des drames, où les mystères de la religion que bien peu en ce temps pouvaient lire, s'expliquaient d'eux-mêmes avec suite, avec clarté, avec aisance dans la langue du peuple.
1. En 1548, le Parlement, en renouvelant le privilège des confrères de la Passion, les autorisa à jouer des sujets licites^ profanes et honnêtes, et leur interdit expressément la représentation des mystères tirés de la Sainte-Ëcriture.
2. En 1552, un membre de la Pléiade, Jodelle, hasarda sur la. scène une tragédie, non pas traduite, mais imitée des anciens. La Gléopdtn fut représentée devant le roi Henri IL
3. Artamène est le nom galant que prend Cyrus, dans le romaa de Mlle de Scudéri.