‹ Textes classiques de la littérature française extraits des grands écrivains français avec notices biographiques [etc.;] recueil servant de complément à l'Histoire de la Littérature françaiseChapitre 191 sur 347 · ÀlariCj poème de Scudéri, livre l · texte numérisé non relu

ÀlariCj poème de Scudéri, livre l

BOILËAU. 345

m Le premier aborda les champs de Lavinie*. »

«Sa muse en arrivant ne met pas tout en feu,

Et, pour donner beaucoup ne nous promet que peu ;

Bientôt vous la verrez, prodiguant les miracles,

Du destin des Latins prononcer les oracles ;

De Styx et d'Achéron peindre les noirs torrents,

Et déjà les Césars dans l'Elysée errants.

De figures sans nombre égayez votre ouvrage ; Que tout y fasse aux yeux une riante image : On peut être à la fois et pompeux et plaisant^; Et je hais un sublime ennuyeux et pesant. J'aime mieux Arioste^ et ses fables comiques, Que ces auteurs toujours froids et mélancoliques, Qui dans leur sombre humeur se croiroicnt faire affront. Si les grâces jamais leur déridoient le front.

On diroit que pour plaire, instruit par la naiurOi Homère ait à Vénus dérobé sa ceinture.

Son livre est d'agréments un fertile trésor : Tout ce qu'il a touché se convertit en or ; Tout reçoit dans ses mains une nouvelle gr&ce ; Partout il divertit, et jamais il ne lasse. Une heureuse chaleur anime ses discours ; Il ne s'égare point en de trop longs détours. Sans garder dans ses vers un ordre méthodique Son sujet de soi-même et s'arrange et s'explique; Tout, sans faire d'apprêts, s'y prépare aisément, Chaque vers, chaque mot court à l'événement. Aimez donc ses écrits, mais d'un amour sincère : C'est avoir profité que de savoir s'y plaire *.

Un poème excellent, où tout marche et se suit. N'est pas de ces travaux qu'un caprice produit : Il veut du temps, des soins; et Qe pénible ouvrage Jamais d'un écolier ne fut l'apprentissage. Mais souvent parmi nous un poëte sans art, Qu'un beau feu quelquefois échauffa par hasard,

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