TROUBADOURS
Les Troubadours étaient les poètes de la France méridionale. Ils écrivaient dans la langue d*OCj ou provençale. Tandis que les cofmpositions des Trouvères étaient presque toujours des récits, celles des Troubadours furent ordinairement des chants lyriques. Leur idiome plus harmonieux, le caractère plus léger et moins patient de leur auditoire inspira aux Troubadours des chansons plus
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poétiques et plus courtes, det effusions soudaines du senliment ou de l'esprit*. . ^
Nous traduisons ici le magnifique chant de guerre composé par l'un d'entre eux, le belliqueux Bertran de Born comte de Hautefort| au Périgord, cpi vécut au treizième siècle.
CHANT GXTEBRIBR DB BERTIUN DE BORlf .
Bien me sourit le doux printemps.
Qui fait venir fleurs et feuillagçs;
Et bien me plaît lonque j^entends
Des oiseaux le gentil ramage.
Mais j'aime mieux quand sur le pr6
Je vois rétendaid arboré, ^
Flottant comme un signal de guerre;
Quand j'entends par monts et par vaux
Courir chevaliers et chevaux,
Et sous leurs pas frémir la terre.
Et bien me plaît quand les coureurs Font fuir au loin et gens et bêtes; Bien me plaît quand nos batailleurs Rugissent, ed sont là met fêtes I Quand je vois castels assiégés, So^lat^^ BMX les fossés rangé$)| Ébranlant jfbrtes palissades; Et murs eflbndrés et croulants^ Créneaux, m&chiooulis roulants A vos piçds, braves ç^^radesl
Aussi inç pUilt le boo seigneur Qui U premier marché ^ la guerre, A cheval, armé, sans frayeur :
On prend cœur rien qu'à le voir faire. Et quand il entre dans le champ, Chacun rivalise en marchant^ Chacun raccompagne où qu*U aillç.
Car nul n'est réputé bien né S'il n'a reçu, s'il n'a donné Maint noble coup dans la bataille.
Je vois lance et glaive éclatés Sur l'écu qui se fausse et tremble t
t. Hiitoire de la tittércUure française, pages 133 et sulyantes.
AigrelteSy casques emportés, Les vassaux férir tous ensemble.
Les chevaux des morts, des blessés, Dans la plaine au hasard lancés.
Allons! que de sang on s'enivre!
Coupez-moi des têtes, des bras, Compagnons ! point d'autre embai ras.
Vaincus, mieux vaut mourir que vivre 1
Je vous le dis, manger, dormir.
N'ont pas pour moi saveur si douce, Que quand il m'est donné d'ouïr :
« Courons, amis, à la rescousse! > D'entendre parmi les halliers Hennir chevaux sans cavaliers, Et gens crier : « A l'aide! à Taidel » De voir les petits et les grands Dans les fossés rouler mourants.
A ce plaisir tout plaisir cède.