XVIU. LE CHAT ET UN VIEUX RAT
J'ai lu, chez un conteur de fables, Qu'un second Rodilard', l'Alexandre des chats,
L'Attila, le fléau des rats,
Pendoit ces derniers misérables :
J'ai lu, dis-je, en certain auteur.
Que ce chat exterminateur, Vrai Cerbère, étoit craint une lieue à la ronde ; n vouloit de souris dépeupler tout le monde. Les planches qu'on suspen^ sur un léger appui,
La mort-aux-rats, les souricières,
N'étoient que jeux au prix de lui.
Comme il voit que dans leurs tanières
Les souris étoient prisonnières, Qu'elles n'osoient sortir, qu'il avoit beau chercher. Le galant fait le mort, et du haut d'un plancher Se pend la tête en bas : la bête scélérate A de certains cordons se tenoit par la patte. Le peuple des souris croit que c'est châtiment. Qu'il a fait un larcin de rôt ou de fromage, Ëgratigné quelqu'un, causé quelque dommage; Enfin, qu'on a pendu le mauvais garnement.
Toutes, dis-je, unanimement, Se promettent de rire à son enterrement. Mettent le nez à l'air, montrent un peu la tét^
Puis rentrent dans leurs nids à rats,