‹ Textes classiques de la littérature française extraits des grands écrivains français avec notices biographiques [etc.;] recueil servant de complément à l'Histoire de la Littérature françaiseChapitre 226 sur 347 · A gageure. -- 2. Épais manteau de campagne · texte numérisé non relu

A gageure. -- 2. Épais manteau de campagne

Sur la tète un morceau de chair, Une sorte de bras dont il s*élèye en l'air

Comme pour prendre sa volée,

La queue en panache étalée. »

Or, c'éioit un cochet ' dont notre souriceau

Fit à sa mère le tableau Comme d'un animal venu de TAmérique.

« Il se battoit, dit-il, les flancs avec ses bras,

Faisant tel bruit et tel fracas, Que moi, qui grâce aux dieux de courage me piqutt.

En ai pris la fuite de peur.

Le maudissant de très-bon cœur.

Sans lui j'aurois fait connoissance Avec cet animal qui m'a semblé si doux :

11 est velouté comme nous, Marqueté, longue queue, une humble contenance, Un modeste regard, et pourtant l'œil luisant.

Je le crois fort sympathisant Avec messieurs les rats; car il a des oreilles

En figure aux nôtres pareilles.

Je l'allois aborder , quand d'un son plein d'éclat

L'autre m'a fait prendre la fuite.

— Mon fils, dit la souris, ce doucet est un chat.

Qui, sous son minois hypocrite,

Contre toute ta parenté

D'un malin vouloir est porté.

L'autre animal, tout au contraire.

Bien éloigné de nous mal faire, Servira quelque jour peut-être à nos repas. Quant au chat, c'est sur nous qu'il fonde sa cuisine. »

Garde-toi, tant que tu vivras, De juger les gens sur la mine.

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