Iliade f livre XVI. — 2. L'armée
3 L'amateur de jardins, dont parle Virgile au livre lY des Géoit* giques.
liA FONTAINE. 433
homme égalant les rois, homme approchant des dieux. Et, comme ces derniers, satisfait et tranquille. Son bonheur consistoit aui beautés d'un jardin. Le Scythe l'y trouva qui, la serpe à la main^ De ses arbres fruitiers retranchoit Tinutile, Ëbranchoit, émondoit, ôtoit ceci, cela,
Corrigeant partout la nature.
Excessive à payer ses soins avec usure.
Le Scythe alors lui demanda Pourquoi cette ruine : était-il d'homme sage De mutiler ainsi ces pauvres habitants?
« Quittez-moi votre serpe, instrument de dommage;
Laissez agir la faux du Temps :
Ils iront assez tôt border le noir rivage. — J'ôte le superflu, dit l'autre ; et l'abattant,
- Le reste en profite d'autant. »
Le Scythe, retourné dans sa triste demeure. Prend la serpe à son tour, coupe et taille à toute heurs; Conseille à ses voisins, prescrit à ses amis
Un universel abattis.
11 ôte de chez lui les branches les plus belles. Il tronque son verger contre tcute raison ,
Sans observer temps ni saison,
Lunes ni vieilles ni nouvelles.
Tout languit et tout meurt. Ce Scyte exprime bien
Un indiscret stoïcien :
Ce)ui-ci retranche de l'ftme Désirs et passions, le bon et le mauvais,
Jusqu'aux plus innocents souhaits.
Contre de telles gens, quant à moi, je réclame. Ils ôtent à nos cœurs le principal ressort; Ils font cesser de vivre avant que Ton soit mort.