‹ Textes classiques de la littérature française extraits des grands écrivains français avec notices biographiques [etc.;] recueil servant de complément à l'Histoire de la Littérature françaiseChapitre 281 sur 347 · XXIV. LE SOLEIL ET LES GRENOUILLES · texte numérisé non relu

XXIV. LE SOLEIL ET LES GRENOUILLES

Les filles du limon tiroient du roi des astres

Assistance et protection; Guerre ni pauvreté, ni semblables désastres, Ne pouvoient approcher de cette nation ; Elle faisait valoir en cent lieux son empire.

i . Cette fable a une signification politique. La république aquatique n'est autre que la Hollande; le soleil y c'est le roi Louis XIV, qui avait adopté pour emblème un soleil, avec cette devise : « K$e pluribwt impar. »

Les reines des étangs, grenouilles veux-je dire, (Car que coûte-t-il d'appeler Les choses par noms honorables?) Contre leur bienfaiteur osèrent cabaler,

Et devinrent insupportables.

L'imprudence, l'orgueil, et l'oubli des bienfaits,

Enfants de la bonne fortune, Firent bientôt crier cette troupe importune : On ne pouvoit dormir en paix.

Si l'on eût cru leur murmure,

Elles auroient, par leurs cris,

Soulevé grands et petits

Contre l'œil de la nature.

Le soleil, à leur dire, alloit tout consumer : Il falloit promptement s'armer.

Et lever des troupes puissantes.

Aussitôt qu'il faisoit un pas,

Ambassades coassantes

Âiloient dans tous les états r

A les ouïr, tout le monde.

Toute la machine ronde

Rouloit sur les intérêts

De quatre méchants marets *.

Celte plainte téméraire

Dure toujours; et pourtant

Grenouilles doivent se taire.

Et ne murmurer pas tant :

Car si le soleil se pique,

Il le leur fera sentir ;

La république aquatique

Pourroit bien s'en repentir.

PHILÉMON ET BAUGIS.

A Monseigneur le duc de Vendôiue •

Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent hcuredi.

Ces deux divinités n'accordent à nois vœux

Que des biens peu certains, qu'un plaisir peu trahqoilte;

Des soucis dévorants c^est l'éternel asile;

Véritables vautours que le fils de Japet*

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