L'àirt de raisonner avec certitude, et sans se tromper
2. A cause de laquelle. — 3* Les deux règles énoncées pins haut. 4. La scolastique.
bes inutiles, où les bonnes se trouvent enveloppées, et où elles de» meurent sans effet, par les mauvaises qualités de ce mélange. Pour découvrir tous les sophismes et toutes les équivoques des raisonnements captieux, ils ont inventé des noms barbares, qui étonnent ceux qui les entendent ; et au lieu qu'on ne peut débrouiller tous les replis de ce nœud si embarrassé qu'en tirant l'un des bouts que les géomètres assignent, ils en ont marqué un nombre étrange d'autres où ceux-là se trouvent compris, sans qu'ils sachent lequel est bop.
Jacques-Bénigne Bossuet naquit le 27 septembre 1627 i^ Dijon. Il commença ses études au collège des Jésuites de cette ville, et les acheva à Paris, au collège de Navarre. Docteur en philosophie à seize ans, en 16^3, en théologie cinq ans plus tard (1648), il fut ordonné prêtre en 1652, et investi d'un canonicat à Metz, où son père était président du Parlement. Il reparut à Paris en 1659, et prêcha le oarême dans Téglise des Minimes de la Place-Royale avec un succès éclatant. Pendant dix ans il fit entendre dans les églises de Paris et à la cour, âne éloquence naturelle et forte, nourrie de la science des Pères. De ses sermons presque entièrement improvisés, il n*est resté que des notes jetées à la hâte sur le papier, et recueillies après sa mort. Nommé évêque de Gondom en 1669, il prononça, la même, année, l'oraison funèbre d'Henriette de France, reine d'Angleterre, et en 1670, celle d'Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans. Il fut en 1670 chargé de diriger l'éducation du dauphin, pour lequel il écrivit le Traité de la connaissance de Dieu et de soi-mêmej la Logique^ le Discours sur VHiS' toire universelle^ et la Politique tirée de r Écriture sainte. L'éducation du dauphin terminée, Bossuet prit possession du siège épiscopal de Meaux (1681). £n 1682, il fut Tâme de la célèbre assemblée du clergé, qui détermina les rapports du saint-siége et de la royauté. £n 1683 il prononça l'oraison funèbre de la reine Marie-Thérèse; en 1q8^, oelle
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d^la prinoeBse B«latiB«{ oeilfl te éhananlier MMidi It Tellier en 1^86; en 1687, aelle du prince iê Oondé. H nf négligeait pas pour cela apn diœèM, et compoaa povr l*édi« fication des fidèles oonfiés k see soiaii lea- MiiUnlUmii mu^ lÈttangUe, les tUvaiioHi mr ki myHèMê^ h^Oommmkâr^ ittf hi PsawMi^ etc. ib| 1688 , il eptiqprift de emifiwidfe les églises protesUuateepaf le tableaiidaieqwdiiieBtinieatai et écrivit Y Histoire des Variations. Dans les dernikBie uuiéei de sa vie, il eombattît daergiquemait le qniétieBie el les rê^ veries mystiques de Mme âuyon; Vteelon, un m^aeBl gagné à la doctrine séduisafite dû pur ameur de BieO| fini) par s'ineliner deyant rautorité romaine invoquée eontM lui par son ardent eontradioteur. Ge fut U demiàre vioteire de Bossuet. H mourut de la pierre le 1 1 avril 1 704.
On a donné plmiêwn idiiùms oemplètêi dês Œuvris ra Bossuet. La première ut dé 1 748*53, Pmi^f 80 m|. iii«4^. Les plus récentes sont de 1816-18, Ferioîite, 48 oel. <fi«8*| Paris, 18â5, 60 t)aj. <ii«18 On a dmrni %m ftmkéPi4iêlont de ses principaux 9uwa§Ê$,
Vis ds Bossun par le êordinêl dé BmuM^ 4 wA. i7i*8% Paris, 1814. ÉLOQie iê AoffUH, fiof MU. Mm* Marc-Oirardin ci Patin.
YoUr encore: M. FïUemaM, Diaeoime Bf MiLAmis{ dieeoi^s prononcé à fouoertuf^e du emm^ dfEloquonee frcmr çaise^ décembre 1848.
Les Sermons écrits qui nous restent de Beseuel, esiifre ié ses premières années, oubliés longtemps, inconnus k ses
intimes amiS| |^^tilés mêpç pir ^ âditovi^i A8 peuvent
nous donner qu'une idée bien imparfûte de l'éloquence vivante qui coulait de ses lèvres* Bt pourtant^ quel oaraetère encore dans eette lave refroidie 1 Qes discours sont tout pleins du degmei l'£eritare sainte en ferme eemme le tissu. On croit entendre la vois des viens prophètes et dee Pères de l'Église. Ge sont là, comme il le dit lui-même, les pré* dicateurs imrisibles qui parlent par sa bouebe.
Les circonstances ouvrirent bientôt à l'éloquence de Bos* guet une carrière où elle se sentit plus k Paise. L\>raisoa
funèbre, en appelant l'orateur sacré près du tombeau des grands de la terre, offrit à ce superbe contempteur de la gloire humaine l'occasion d'élever jusqu^ au ciel le magnifique témoignage de notre néant. En même temps elle faisait jaillir de son âme, comme pour tempérer le sublime, ces sources de tendresse compatissante, qui laissent voir Thomme dans Tapôtre, et joignent, comme le drame antique, la pitié à la terreur.
Les Oraisons funèbres de Bossuet se déroulent aux yeux de la postérité comme les pages d'une imposante histoire. Chaque discours semble n'être qu'une partie d'un vaste ensemble, où les grands événements et les personnages illustres de l'époque apparaissent tour à tour à la lueur lugubre des solennités de la mort. Il semble que la Providence les amène successivement, hommes et choses, aux pieds de Torateur qui va les juger. Mais quelque saintes que soient les leçons données par Bossuet dans les oraisons funèbres, la vérité, sainte aussi, de l'histoire a pourtant à réclamer contre la plupart de ses appréciations. C'est l'écueil presque inévitable de ce genre d'éloquence; l'orateur est facilement entraîné à ériger en types accomplis de vertu des personnages fort éloignés de cet idéal. La conclusion est excellente, mais les prémisses sont rarement irréprochables. Aussi l'oraison funèbre est-elle, comme la tragédie classique, un genre éteint avec la société qui Ta produit. Bossuet l'a emportée dans sa tombe.
ORAISON FXTNéBRE DE LA lŒINE D'ANOLETEBBE.
Henriette-Marie de France, le dernier enfant de Henri H et de Marie de Médicis, née au Louvre le 25 novembre 1 609, épousa Charles I*', roi d'Angleterre, en mai 1625. Catholique, elle fut accusée d'aigrir son mari contre les protestants, et fut contrainte en 1644, pendanf que l'Angleterre était déchirée par la guerre civile, de se réfugier en France. Après l'exécution de Charles !•' (1649), elle se retira dans le couvent de la Yisitationi qu'elle fonda à Ghaillot. Elle
mourut k Colombes en 1669, après avoir vu son fils Charles II rétabli d'une façon inespérée sur le trône d'Angleterre (1660), et après avoir marié sa fille Henriette-Ânne au duc d'Orléans, frère de Louis XIV.
Du spectacle de cette vie, où Ton voit t toutes les extrémités des choses humaines, la félicité sans bornes aussi bien que les misères, » Bossuet tire nn enseignement pour tous les rois de la terre. La reine « s'est instruite elle-même, pendant que Dieu instruisait les peuples par son exemple; elle a usé chrétiennement de la bonne et de la mauvaise fortune. »
l*" partie : Naissance et vertus de là reine. 2* partie : Ses malheurs : la révolution d'Angleterre, née « du libertinage d'esprit, et de la fureur de disputer des choses divi^ nés. » 3* partie : Héroïsme d'Henriette de France au milieu de tant d'afflictions. Péroraison : Soumise k la main de Dieu, elle « préféra la croix au trône, » elle mit « ses malheurs au nombre des plus grandes grâces. » Ses disgrâces font maintenant sa félicité.
BXORDB.
Monseigneur ^, Celui qui règne dans les deux, et de qui relèvent tous les empires, à qui seul appartient la gloire, la majesté et l'indépendance, est aussi le seul qui se glorifie de faire la loi aux rois, et de leur donner, quand il lui plaît , de grandes et terribles leçons. Soit qu'il élève les trônes, soit qu'il les abaisse, soit qu'il communique sa puissance aux princes, soit qu'il la retire à lui-môme , et ne leur laisse que leur propre foiblesse, il leur apprend leurs devoirs d'une manière souveraine et digne de lui. Car, en leur donnant sa puissance, il leur commande d'en user comme il fait lui-même pour le bien du monde ; et il leur fait voir, en la retirant, que toute leur majesté est empruntée, et que, pour être assis sur le trône, ils n'en sont pas moins sous sa main et sous son autorité suprême. C'est ainsi qu'il instruit les princes, nonseulement par des discours et par des paroles, mais encore par des effets et par des exemples : Etnunc, reges, inteîligite; erudtmtnt, qui judicatis terram \
1. Pbilippe de France, duc d'Orléans, gendre de la reine d'Angleterre.