DE JÉ8UB-CHRI8T
S'il y avoit parmi mes auditeurs quelqu'un de oes libertins' [qui n : croient pas à la résurrection des morts], voici' ce que je lui dirois avec toute la sincérité et toute l'ardeur de mon zèle. Il faut, mon cher
l. C'est-à-dire qui \qè découvrent et les pénètrent. — 9. IiM:réduie&
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Frère, que le désordre soit bien grand dan^ tous, et que le vice y ait pénétré bien avant, pour vous réduire à ne plus croire une des vérités fondamentales de la religion. Il faut que votre cœur ait bien corrompu votre esprit, pour l'aveugler et le pervertir de là sorte. Car, dites-moi, je vous prie (si vous êtes encore capable de vous rendre à ce raisonnement), qui de nous deux est mieux fondé, vous qui ne croyez pas ce que l'on vous annonce touchant une autre Vie que celle-ci et la résurrection des morts , et moi qui le crois d'une foi ferme et avec tine entière soumission ? Sur quoi vous appuyez- vous pour ne le pas croire, du moins pour en douter ? Sur votre jugement, sur votre prudence', ou plutôt sur votre ptôsomption. Vous ne croyez pas ces mystères, parce que vous ne les concevez pas, parce que vous voulez mesurer toutes choses par vos sens; parce que vous ne voulez déférer ni vous en rapporter qu*à voâ yeux; parce que vous dites, comme cet aptytte incrédule, Nisi videfOj non credari^j Si je ne vois, je ne croirai rien : conduite pleine d'ignorance et d'erreur : voilà le fondement de votre incrédulité. Mais moi dans ma créance et dans la fol que j'ai embrassée et pour laquelle je âerois prêt à verser mon sang, je me fonde sur le témoignage de Dieu môme, sur les principes de sa providence et de sa sagesse, sur la vérité de mille prophéties, sur un nombre presque infini de miracles, sur l'autorité des plus grands hommes de tous les siècles, des hommes les plu6 sensés, les plus éclairés, les plus irréprochables et les plus saints. Je me trouve en possession d'une foi qui à opéré tant de merveilles dans l*univerâ, qui à triomphé de tant de rois et de tant de peuples, qui a détruit et aboli tant de superstitions, qui a produit et fait pratiquer tant de vertus, qui a eu tant de témoins, qui a été signée par le dâng de taht de mart;ff^, qui s*est accrue par les persécutions mêmes, et contre laquelle touteà les puissances de l'enfer et de la terre n'ont pu jamais pl*évaloir et jamais ne prévaudront: telles sont les raisons qui m'y attachent. Oi* de ces faisons et des vôtres, jugez encore une fois quelles sont les plus Solides, et'les plus capables de détermiher ùû esprit droit et de le fixer.
Mais, me direz-vous, comment èom^fèndre celte résurrection des morts? Il ne s'agit pas, mon cher auditeur, de la cothprendre pour la croire ; mais de la croire, quand même elle Vous sèroit absoluinent incompréhensible. Car que Vous la compreniez où que vous ne la compreniez pas, ce n'est pas ce qui là rétid plus ou moiiis vraie, plus ou moins certaine, ni par conséquent plus ou moins croyable. Cependant j'ai bien lieu d'être surpris, mon cher Frère, que vous qui vous piquez d'une prétendue force d'esprit, vôUs formiez là-dessus tant de difficultés. Comme si cette rôsuwection &'étbit pas évidemment possible à Dieu, notre créateur : car, dit saitit Augustin, il a pu créer de rien nos corps, ne pourra-t-il pas le5 former une seconde fois de leur propre matière ; et qui l'empêchera de fétabliï Ce qui étoit déjà, puisqu'il a pu faire ce qui u'avoit jamais été? Comme si cette résurrection n'étoit pas môme aisée et facile à Dieu, puisqu'il est tout-puissant, et que rien ne résiste
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à une puissance sans bornes. Comme si toutes les eréatoies ne noua rendaient pas cette résarrection très-sensible: un grain de blé meurt dans te sein de la terre^ c'est la comparaison de saint Paul, et il fout en effet que ce petit grain fourrisse et qu'il meure; mais ensuite ne le voyons-nous pas renaître, et n'est-il pas étrange que ce qui tous latt douter de votre résurrection, soit cela même par où la Providence m voulu la rendre plus intelligible? Comme si cette résurrection n'étoit pas très-conforme aux principes de la nature, qui par Tindination mutuelle du corps et de Tâme, et par l'étroite liaison qu'il y a entre Tua et Tautre, demande qu'ils soient éternellement réunis. Comme si la créance de cette résurrection n'étoit pas une des notions les {dus universelles et les plus communes qui se soient répandues dans ce monde : ceux même , disait TertuUien, qui nient la résurrection^ la reconnoissent malgré eux, par leurs sacrifices et leurs cérémonies à regard des morts. Ce soin d'orner leurs tombeaux et d'en conserrer les cendres, est un témoignage d'autant plus divin, qu'il est plus nator rel. Ce n'est pas seulement, ajoutoit-il, chez les Chrétiens et chez les Juifs, qu'on a cru que les hommes dévoient ressusciter, mus chez les peuples même les plus barbares, chez les païens et les idolâtres; etoe n'a pas seulement été une opinion populaire, mais le sentiment des sages et des savants. Comme si Dieu enfin ne nous avoit pas facilité la foi de cette résurrection par d'autres résurrections qu'on a'vues^ que des témoins irréprochables ont rapportées, et que nous ne pouvons tenir pour suspectes sans démentir les divines Écritures, et les histoires les plus authentiques. Ah! mon cher auditeur, allons à la source du mal, et apprenez une bonne fois à vous connoltre vous-même. Vous avez de la peine à vous persuader qu'il y ait une autre vie, une résurrection, un jugement à la fin des siècles, parce qu'avec cette persuasion il faudroit prendre une conduite toute nouvelle, et que vous en craignez les conséquences r mais les conséquences de votre libertinage 8on^elle8 moins à craindre pour vous et moins affreuses? Dieu indépendamment de votre volonté, vous a créé sans vous, et il saura bien sans vous et malgré vous vous ressusciter : Non quia vis, non resurget; aut si resurrecturum te non credideris, propterea non resuf" ges ; ce sont les paroles de saint Augustin : votre résurrection ne dépendra point de votre créance; mais le bonheur ou le malheur de votre résurrection dépendra et de votre créance et de votre vie. Or, quelle surprise à ce dernier jour et quel désespoir, s'il faut ressusciter pour entendre l'arrêt solennel qui vous réprouvera; s'il faut ressusciter pour entrer dans les ténèbres de l'enfer en sortant des ombres de la mort; s'il faut ressusciter pour consommer par la réunion du corps et do l'âme votre damnation, parce que dans une affoire d'une telle importance, vous n'aurez pas voulu prendre un parti aussi sage et aussi certain que Test celui de croire et de bien vivre T
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