FLÉCHIER
Esprit Fléchier, né le 1*' juin 1632 à Pernes, dans le comtat d'Avignon, fut d'abord membre de la Congrégation de la Doctrine chrétienne. Il en sortit en 1661, et vint à Paris, où il se fit bientôt connaître par des sermons, et surtout par des oraisons funèbres, qui méritent d'être lues, même après celles de Bossuet. Il fut nommé évêque de Lavaur en 1685, et de Nîmes en 1687. Il y mourut le 16 février 1710. En 1675 il avait été nommé membre de l'Académie française, où il fut reçu le même jour que Bacine.
L'oraison funèbre de Julie d'Angennes, duchesse deMontausier (1672), celle du premier président de Lamoignon (1679), surtout celle de Turenne (1676), sont les chefsd'œuvre oratoires de Fléchier, qui a laissé encore une Histoire de Théodose, une Histoire du cardinal Ximénès, des Sermons, des Panégyriques, et de très-intéressants Mémoires sur les Grands-Jours d'Auvergne (1665).
Œuvres complètes de Fléchier y Paris j 1782, 10 vol. in-8. Mémoires sur les Grands-Jours d^ Auvergne publiés en 1844 par M. Gonod,
Voir^ au sujet de Fléchier y V Essai sur l'oraison funèbre^ de M, Villemain.
Fléchier habile artiste en paroles, pompeux, fleuri, rarement énergique, mais toujours élégant et disert, procède plutôt de Balzac que de Bossuet, Sa phrase harmonieuse et cadencée n'est pas vide, comme celle de Balzac, Il est réellement orateur, et les pensées solides ne lui manquent pas. Son seul tort est de les orner avec trop de coquetterie. Chez lui, la parole n'est plus seulement le vêtement modeste de la pensée. Elle est une parure exquise, que Ton remarque trop. On peut dire de son éloquence ce que dit Fénelon de celle de Cicéron * : « L'art y est merveilleux, mais on l'entrevoit. »