‹ Textes classiques de la littérature française extraits des grands écrivains français avec notices biographiques [etc.;] recueil servant de complément à l'Histoire de la Littérature françaiseChapitre 319 sur 347 · EXORDE · texte numérisé non relu

EXORDE

Fleverunt eum omnis populut Ura:l fianciu magno. et lagtÏMut dieêmulUi^ et dixerunt: Quomoao cecidit potens.

qui scUvwm faeiebat pnpulwn lëraSli (1 Magh., iz.)

font le peuple le pleura amèrement; et, après avoir ^learé durant pmieura jours, ils s'écrièrent : . Gomment est mort cet homme paissant, qui sanvoit le peoplfl d'Israël?

Se ne puis, messieurs, vous donner d'abord une plus haute idée du triste sii]et dont je viens vous entretenir qu'en recueillant ces termes nràlès et expressifs dont TËcriture sainte se sert pour louer la vie et pour déplorer la mort du sage et vaillant Macchabée. Cet homme^ qui portoit la gloire de sa nation jusqu'aux extrémités de la terre; qui couvroit son camp du bouclier, et forçoit celui des ennemis arec répée; qui donnoit à deh rois ligués contre lui des déplaisirs mortels, etréjouissOit Jacob par ses vertus et par ses exploits, dont la mémoire doit être éternelle; cet homme qui défendoit les villes de Juda, qui domptoit l'orgueil des enfants d'Ammon et d'Ésaû, qui revenoit chargé des dépouilles de Samarie; après avoir brûlé sur leurs propres autels les dieux des nations étrangères; cet homme que Dieu avoit mis autour d'Israël, comme un mur d*ainiln où se brisèrent tant de fois toutes les forces de l'Asie, et qui, après avoir défait de nombreuses armées, déconcerté les plus fiers et les plus habiles généraux des rois de Syrie, venoit tous les ans, comme le moindre des Israélites, réparer avec ses mains triomphantes les ruines du sanctuaire, et ne vouloit d'autre récompense des services qu'il rendoit à sa patrie que l'honneur de l'avoir servie; ce vaillant homme poussant enfin, avec un courage invincible, les ennemis qu'il avoit réduits à une fuite honteuse, reçut le coup mortel, et demeura comme enseveli dans son triomphe. Au premieir bruit de ce funeste accident, toutes les villes de Judée furent émues, des ruisseaux de larmes coulèrent des yeux de tous leurs habitants. Us furent quelque temps saisis, muets, immobiles. Un effort de douleur rompant enfin ce long et morne silence, d'une voix entrecoupée de sanglots que formoient dans leurs cœurs la tristesse, la pitié, la crïdnte, ils s'écHèrent : « Gomment est mort cet homme puissant, qui sauvoit le peuple d'Israël! » ▲ ces cris Jérusalem redoubla ses pleurs; l<?s yoAtei du temple s'ébranlèrent, le Jourdain se troubla, et tous ses rivages retentirent du son de ces lugubres paroles : « Comment est mort cet homme puissant, qui sauvoit le peuple d'Israôl. »

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