BATAILLE DE POITIERS
L'ORDOimANCB DES FRANÇAIS A^ANT LA BATAILLB DB POITIERS.
Quand ce vint le Dimanche * au matin, le Roy de France (qui grand désir avoit de combattre les Anglois) fit en son pavillon chanter une nesse solennellement, et s'accommunia luy et ses quatre fils aussi. Apres la messe dite, se tira devers luy le duc d'Orléans, le duc de Bourbon, le comte de Ponthieu, monseigneur Jaques de Bourbon,
l. Là. — 2. Avec colère. — 3. Haïssait, — 4. Aussi vivement. 5. Colère. — 6. Un moment. « 7. Les cordes. — 8. L'armée. 9. 18 septembre 1356 <
le duc d'Athènes, conncstable de Francei le comte de Tancarrille, le comte de Salleburcé, le comte de Dampmartin, le comte de Vantadour, et plusieurs autres grans barons de France, et des teneurs voisins, tels que monseigneur de Glermont, monseigneur Arnoul d'Andreghen, mareschal de France, le sire de Sainct-Venànt, monseigneur Jehan de Landos, monseigneur Eustace de Ribaumont, le sire de Fiennes, monseigneur Geoffroy de Ghargny, le sire de Chastillon, le sire de Suly, le sire deNeesle, messire Robert de Duras, et moult d*autreà, qui y furent appelés par conseil. Là parlementèrent un grand temps. Si fut adoncques ordonné que toutes manières de gens se trairoyent sur les champs, et que chacun Sire dévelopast sa bannière, et la meist à vent au nom de Dieu et de Sainct Denis. Lors sonnèrent trompettes parmi Post. Si s'armèrent toutes gens, et montèrent à cheval, et vindrentsur les champs, là ou les bannières du Roy ventiloyent, êtestoyent arrestées. Là on peut veoir grand'noblesse de belles armeures, çt riches armoiries de bannières et de pennons. Car là estoit toute la f!e\ir de France; ne nul Chevalier, n'Escuyer, n'osoit demeurer à Thostel, s'il ne vouloit estre deshonnoré. Là firent ordonner, par l'advls du connestable et des mareschaux de France, trois batailles, et en chacune seize mil Hommes-d'armes, dont tous estoyent monstres et passé* Hommes-d'armos. (C/ifontçue de Froissart, Iav. 1,2* part,, chap, xxx.)