‹ Textes classiques de la littérature française extraits des grands écrivains français avec notices biographiques [etc.;] recueil servant de complément à l'Histoire de la Littérature françaiseChapitre 36 sur 347 · LB JOUR M LA BATAILLE · texte numérisé non relu

LB JOUR M LA BATAILLE

Quant vint au soir, le Prince de Galles donna à soupper, en sa loge, au Roy de France, et à la plus grande partie des Princes et Barons, qui estoyent là prisonniers, et assit le Prince le Roy de France, son fils messire Philippe, messire Jaques de Bourbon, monseigneur Jehan d'Artois, le comte de Tancarville, le comte d'Estampes, le comte de Dampmartin, le comte de Graville, et le seigneur de Partenay, à une table haute et bien couverte, et tous les autres Barons et Chevaliers à autres tables. Etservoit toujours le Prince au devant de la table du Roy, et par toutes les autres tables, aussy humblement comme il pouvoit, n'oncques ne se voulut seoir à la table du Roy, pour prière que le Roy en ^t; ains disoit qu*il n*estoit encore mie assez suffisant, qu'il luy appartenist de soy seoir à la table de si grand Prince, et de si vaillant homme, que le corps du Roy estoit, et luy disoit bien : a Cher Sire, ne veuillez mie faire simple chère, pourtant si Dieu n*a voulu huy consentir vostre vouloir; car certainement Monseigneur mon père vous fera tout honneur et amitié le plus quMl pourra, et s'accordera à vous si raisonnablement, que vous demourrez bons amis ensemble à tous* jours , et m'est advis que avez grand'raison de vous éliesser ', combien que la journée ne soit tournée à vostre gré. Car vous avez aujourd'huy conquis le haut nom de prouesse, et avez passé aiijourd'huy tous les mieux-faisans de vostre costé. Je ne le di mie, Cher Sire, pour vous louer; car tous ceux de nostre partie, qui ont veu les uns et les autres, se sont, paji;j)leine conscience, à ce accordés, et vous en. donnent le pris et le chapelet *. » A ce point commencèrent tous à murmurer, et disoyent entre eux François, que noblement et à poinct le Prince avoit parlé, et disoyent qu'en luy avoit et auroit encores un gentil * Seigneur, s'il pouvoit durer longuement et vivre, et en telle fortune persévérer. (Chap, xlix].

!• Saluèrent ^- ). Réjouir.-- 8. La eouronnei la palme, -r- 4» Noble.

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