PRIÈRE POUR LE ROI. HENRI LE GRAMB ALLANT EN LIMOUSIN. - STANCES
0 Dieu, dont les bontés de nos larmes touchées Ont aux vaines fureurs les armes arrachées, Et rangé Tinsolence aux pieds de la raison, Puisqu à rien d'imparfait ta louange n'aspire^ Achève ton ouvrage au bien de cet empire, Et nous rends l'embonpoint comme la guérison. .
Certes quiconque a vu pleuvoir dessus nos têtes Les funestes éclats des plus grandes tempêtes Qu'excitèrent jamais deux contraires partis, Et n'en voit aujourd'hui nulle marque paroltrt,
M RENAISSANGfi.
En ce miracle seul il peut assez connoître Quelle force a la vmn qui nous a garantis.
Mais quoi? de quelque soin qu'incessamment il veille, . Quelque gloire qu'il ait à nulle autre pareille, £t quelque eieès d'ameur qu'il porte à notre Menj Gomme échapperons-nous en des nuits si profonde^ Parmi tant de rochers que lui Cachent les ondes^ Si ton entendement ne gouverne le sien?
Un malheur incohilil glisse patini les hdhifiîes, Qui les rend ennemis du repos où nous sommes ; La plupart de leurs vœux tendent au changemeat| Et comme s'ils vivoiest des misères publiques^ Pour les renouy^r ils fe&t tant de pratiques^ Que qui n'ft peint de peur n'a point de jugemwt4
En ce f&cheux état ce qui nous réébtilbiHëi C'est que la bonne cause est toujours la plus forte» Et qu'un bras si puissant t'ayant pour son appui. Quand la rébellion plus qu'une hydre féconde Âuroit pour le combattre assemblé tout le monde | Tout le monde assemblé s'enfuiroit devant lui.
11 n'a point son espoir au nombre des armées^ £tant bien assuré que ces vaines fumées N'ajoutent que de l'ombre à nos obscurités; L'aide qu'il vëûi avoir, c'est que tu le consëliès; Si tu le fais. I^igneur, il fera dés inefveilles, Et valnCf à nôé ëouhaits par nos prospérités.
Tu nous rendras alors nos douces destinées;
Nous ne reverrons plus ces f&cheuses annéef
Qui pour les plus heureux n'ont produit que des pleura.
Toute sorte de bien comblera nos familles;
La ihôissdii dé lios champs îâésera les faucillesj
Et les ffiiits pasâëitônt la prôxhésâe dés fleûrii.
Quand un roi fainéant, la vergogne des princes, Laissant à ses flatteurs le soin de ses provinces, Entre les voluptés indignement s'endort, Quoique l'on dissimule, on n'en fait point d'estime; Et si la vérité se peut dire sans crime, C'est avecque plaisir qu'on survit à sa mort.
Mais ce roi ^ des bons rois l'étemel exemplaire^ Qui de notre salut est Fange tutélaire. L'infaillible refug^^ et l'assuré seeôun^, Son extrême douceur ayant dompté renvie. De quels jours assû; lopgs peuUl Ibomer àa i^e. Que notre affection ne les juge trop courts?
#ll'il f i¥é d6ii^ S«1gdëtr^ et ^û mA ÛM fiff»!
Que de toutes ces peurs nos AiîieàB U délivre; Et rendant ruoivers de son heur étonné, Ajoute chaque jour quelque nouvelle marque Àù hèm qùll s'est acquis du plus rare îHbfiàr^d Qùë ta ixmté fréj^iie ait Jamais eottféniiés
A9 BOÉ. - SOITNBn (iW).
^u^âvéc iiné valeur à hiiile autre sécondéi £t qtii séiilé esi fatale à nôtre |uérïsoii, Tetre coUragid indr eh éa VeHé Miéttn Nous ait acquis la paix sur la' terre et sur Tradei
Que Thydre de la France en révolter féconde^ Par vous soit du tout mortei ou n*ait plus de poison: Certes c'est un bonheur dont là juste raison *
Promet à votre frôiii là Êditibniië du niôlldë.
Hais (jii'eii dé §i béàuï faits vodâ m^à^éi pôUf tëâbîn, Oônxiidissei^le, tiioii Rd^ é'est le ëômblédu eeitt Que de vous oUiger ont eu les destinées^
Tous vous savent Idde^ , mais non égaletnenft lies ouvrages communs vivent quelques années i ' Ce que Malherbe écrit dure étemellemeni*
àlHYOT.
îàèqùôs Âniyot, hé à Mélûâ en 15 là, {lit tL*ibôfâ vdet collège dëNaT&rre i il devltit i^fécéfttetif' dèS éâfàiité du [ Henri lî, grand aumônier de t^rance, conseiller d'État^ ii d'Auxerre^ et mourut en 1599; Ses ouvrages sont uctions du grec : THistoirë iËthiopiqtie d'flëliddore ; )t iivi de Diodore ; les Amoùfé dô Ijàptudê et Ghloé de ngus ; eniin, le plus céî^re dé tous, les (Suvres com* ites de Plutarque
Lts Vies parurent en 1559, 2 vol. in-folio^ et les Œuvres
raies en 1&73^ 6 «ol« fnrS^ Onrecher$he fMUion de Vas-
^. 1567-75, 13 vol. in-S^l l'édition de 0mm, ltS3-87|
60 RëNAJSSANGB.
22 vol.; FidUion avee notes de Clavier^ 1801-1806, 85 voL tn-8; celk de Coray^ 12 vol. fn-8*.
Jacques Âmyot ne fat qu'un traducteur, mais un traducteur de génie : il occupe le premier rang dans un genre secondaire, n a en quelque sorte créé Plutarque : U nous Ta donné plus vrai, plus complet que ne l'avait fait la nature Le naïf et quelque peu crédule Béotien avait été jeté par le hasard de la naissance au siècle raffiné et corrompu d'Adrien. Pour exprimer sa pensée droite et simple, il n'avait que ridiome laborieux et savant des Alexandrins. De là, une dissonnance continuelle dans ses nombreux écrits : son esprit et sa langue ne sont pas du même siècle. Amyot rétablit l'harmonie, et grâce à lui Télève d'Ammonius redevient le bonhomme Plutarque. Cette création fut une bonne fortune pour la France : non-seulement elle enrichit là langue par l'heureuse nécessité d'exprimer tant de conceptions nobles et vraies, mais encore elle devint pour la renaissance des idées antiques un puissant auxiliaire. < Nous autres ignorants étions perdus, dit Montaigne, si ce livre ne nous eût relevés du bourbier; sa merci (gr&ce à lui) nous osons à cette heure et parler et écrire ; les dames en régentent les maîtres d'école : c'est notre bréviaire. »