Horace, Mpoétiquê^ vers
3. Getédit aooordaitaux Huguenots l'exercice public de leur religion.
fertissements et eorreotions qui «st un des prewien offices d kmitié , ne se pourroient exercer des enfants aux pères. C'est, à la yérité, un beau nom et plein de dilection, que le nom de frer^y et à cette cause en feismes nous luy et moy nostre alliance : mais ce meslange de biens, ces partages, et que la richesse de Tun soit la pauvreté de Taultre, cela destrempe merveilleusement et relascbe cette soudure fraternelle ; les frères ayant à conduire le progrès de leur advancement en mesme sentier et mesme train, il est force qu'ils se heurtent et cliocquent souvent. Davantage, la correspondance et relation qui engendrent ces vrayes et parfaictes amitiez, pourquoy se trouvera elle en ceulx cy? Le père et le fils peuvent estre de complexion entièrement esloingnee, et les frères aussi : c'est mon fils, c'est mon parent, mais c'est un homme farouche, un meschant, ou \m sot. Et puis, k mesure que ce sont amitiés que la loy et l'obligation naturelle nous commande, il y a d'autant moins de nostre choix et liberté volontaire ; el nostre liberté volontaire n'a point de production qui soit plus proprement sienne que celle de l'affection et amitié. Ce n'est pas que le n'àye essayé de ce oosté là tout ce qui en peult estre, ayant eu le meilleur père qui fëut oncques, et le plus indulgent iusques à son extrême vieillesse ; et estant d'une famille fameuse de père en fils, et exemplaire en cette partie de la concorde firater&elle :
Et ipse Notus in fratres animi paterni*.
Au demeurant) ce que noue appelions ordinairement amis et amitiez, ce ne sont qu'accointances et familiaritez nouées par quelque occasion ou commodité, par le moyen de laquelle nos âmes s'entre* tiennent. En l'amitié de quoy ie parle, elles se meslent et confondent Tune en l'aultre d'un meslange si universel; qu'elles effincent et ne retrouvent plus la cousture qui les a ioinctes. Si on me presse de dire pourquoy ie l'aymoys, ie sens que cela ne se peult exprimer qu'en respondant, « Parce que c'estoit luy; parce que c'estoit moy. » Uy a, au delà de tout mon discours et de ce que l'en puis dire particulièrement, ie ne sçais quelle forcé inexplicable et fatale, médiatrice de cette union. Nous nous chercbions avant que de nous estre veus, et par des rapports que nous oyions l'un de l'aultre, qui faisoient en nostre afiection plus d'effet que ne porte la raison des rapports; ie croys par quelque ordonnance du ciel. Nous nous embrassions par nos noms : et à nostre première rencontre, qui feust par hazard en une grande ieste et ûooipaignie de ville, nous nous trouvasmea si prins, û cogneus^ si obligez entre nous, que rien dez lors be nous feut si proche que l'un à l'aultrf . Il escriyit une satyre latine excellente, qui est publiée, par laquelle il excuse et explique la précipitation de nostre intelligence si promptement parvenue à sa perfection. Ayant si peu à durer, et ayant si tard