DÉPART DES CROISÉS
(Août 1848)
Au mois d*août entrâmes en nos nez ? à la Roche de Marseille; à celle journée que nous entrâmes en nos nez, fist l'en ouvrir la porta de la nef, et mist Ten tous nos chevaus eus, que nous devions mener outre-mer ; et puis reclost Ten la porte et la boucha Ten bien, aussi comme Ten naye un tonnel ^, pource que quant la nef est en la mer, toute la porte est en Tyaue. Quant les chevaus furent ens,^ notre mestre notonnier escria à ses notonniers qui estoient au bec
i. Xépreux. -^ 2. Vous parlâtes en étourdi et en fou. — 3. Lèpre. —
4, Vrai. — 5, Serâf erit, —6. Dommage, malheur. — 7. Nefs, vaisseaux.
— 8. Comme on bouche ïa honde d'un tonneau qxCon mtl VVftwx.<J>waji^t»^
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de la nef et leur dit : « Est arée * votre besoigne?— Sire, vieingnent avant les clercs et les proveres*. > Maiotenant que ils furent venus, il leur eseria : « Chantez de par Dieu ; » et ils s'escriërent tous à one voix : Vent Creator spiritus. Et il eseria à ses notonniers : « Faites voille de par Dieu; » et' il si firent. Et en brief tens le vent se feri ou voille et nous ot toln la veae de la terre, que nous ne veismes que le ciel et yeaae; et chascnn jour nous esloigna le vent des pals où noos avions esté nez. Et ces choses vous monstre je que eelt est bien fol hardi, qui se ose mettre en tel péril, à tout *■ autrui chatel ou en péchié mortel; ear Ten se dort le soir là où en ne scet se l'on se trouvera ou fons de la mer. {HûU de saint LouiSf 70.)
BATAILLE DE MANSOXTRAB
(Le mardi gra4 8 février 1250)
LES FRANÇAIS PASSEHT LE PLEUVE A GUÉ. MORT DU COirrB D*ART0I8. *
Ansai comme Taube du jour aparait nous nous atirames * de touz poins; et quant nous feusmes atirés, nous en alames an flom ^9 et ' forent nos chevaos à nou *• Quant nous feusmes aies jusqnes en mi le fium, si trouvâmes terre, là où nos chevaus pristrent pié, et sni la rive dn flum trouvâmes bien trois cens Sarrazins touz montés sur leur chevatts. Lors diz-je à ma gent : « Seigneurs, ne regardez qu'à main senestre, pour ce que cbascun y tire, les rives sont moil-* lèes, et les chevaus leur ehéent ^ sur les cors et les noient. « Et il estoit bien voir > que il y en ot de noies au passer, et entre les autres fut noie monseigneur Jehan d'Orltens, qui portoit banière à la voivre >. Nous accordâmes en tel manière que nous tournâmes en contremont Tyeaue et trouvâmes la voie essuyée, et passâmes en tel manière, la merci Dieu <<>, que oncques nul de nous n'y chei; et maintenant que nous feusmes passez, les Turcs s'enfouirent.
L'on avoit ordenné que le Temple ^^ feroit l'avant-garde, et le conte d'Artois auroit la seconde bataille i' après le Temple Or avint ainsi que sitost comme le conte d'Artois ot passé le flum, il et toute sa gent ferirent ^> aus Turs qui s'enfuioient devant eulz. Le Temple li manda que il leur fesoit grand vileinnie 1*, quand il devoit aler après eulz et il aloit devant; et li prioient qui il les lessast aler devant, aussi comme il avoit été acordé ^ par le Roy. Or avint ainsi que le conte d'Artois ne leur osa respoiidre, pour ^* monseigneur Fourcaut du Merle qui le tenoit par le frain ; et ce Fourcaut du -Merle qui moult estoit bon chevalier, noioit chose que les Templiers deissent au conte, pour ce que il estoit seurs ^^^ et escrioit : « Or à eulz, or à eulz. 1» Quant les
1. Prête. — 2. Les prêtres. — 3. Avec le bien d'antrai. — 4. Ç\i^rftmes. — 5. Fleuve. -^ 6. A la iwge» — 1. l^^m^iA.. — %.Ntv\, — 9. Voivre oa ûm'pre, terme de blason : coukavte. — V^. ÇàtVcfc ^^^^"^^ — //, Les TempUen. — 12. Corpg d'armée. — K%. ^wlv^tcqV, <3si«»6^ leDL - U^ AttroDt. - i5. jjéglé. — 16. A caufte àA. — VI- ^"^^^
Templiers Tirent ce, ils se pensèrent que il seroient honniz i se il lessoient le conte d'Artois aler devant eulz; si ferirent des espérons qui plus plus et qui miex miex, et chassèrent les Turcs, qui s'enfuioient devant eulz tout parmi la ville de la Massoure jusques aus chans par devers Babiloine. Quant ils cuiderent ^ retourner arières, les Turs leur lancèrent trefs et merriens > parmi les mes qui estoient estroites. lA fu mort le conte d'Artois, le sire de Couci que Fen apeloit Raoul, et tant des autres clievaliers que il furent esmé * à trois cens. Le Temple, ainsi comme l'en me dit, y perdit quatorze- vingt homes armés et touzà cheval
JOINVILLE BLOQUÉ PAE LES SAREASINS ET BLESSÉ VIEKT d'ÉTRB DÉUVRÉ PAR LE COMTE D'ANJOU; LE EOI ARRIVE SUR CE POINT DU iPAMP DE BATAILLE.
•r. L& OÙ je estoie à pié et mes chevaliers, aussi blecié commç il est devant dit, vint le Roy à toute sa bataille à grant noyse ^ et à grant bruit de trompes et nacaires *, et se aresta sur un chemin levé : mes ? oncques si bel armé ^ ne vi, car il paroit desur toute sa gent dès les espaules en amon,un heaume doré en son chief,une espée d'Alemaingne en sa main. Quant il fu là arresté, ses bons chevaliers que il avoit en sa bataille, que je vous ai avant nommez, se lancèrent entre les Turs, et pluseurs des vaillans chevaliers qui estoient en la bataille le Roy s. Et sachiés que ce fu un très biau fait d^armes; car nuls ni traioit lo ne d'arc ne d'arbalestre, ainçois ^^ estoit le fereis i' de maces et d'espées des Turs et de notre gent, qui tous estoient mêliez. Un mien escuier qui s'en estoit fui à tout ma baniere et estoit revenu à moy, me bailla un mien roncin ^^ sur quoy je monté, et me trais vers le Roy tout coste & coste
lE ROI s'est PORTÉ VERS HANSOURAH, POUR SECOURIR LE COMTE D'ARTOIS, SON frère; LES TURCS LE REPOUSSENT VERS LE FLEUVE.
... Tandis que nous revenions aval par dessus le flum, entre le ru 1^ et le flum, nous veimes que le Roy estoit venu sur le flurn^ et que les Turs en amenoient les autres batailles le Roy, ferant et bâtant de maces et d'espées, et firent flatir ^^ toutes les autres batailles avec les batailles le Roy sur le flum. Là fu la desconfiture si grant, que pluseurs de nos gens recuiderent passer à nou par devers le duc de Bourgoingne, ce que il ne porent faire; car les chevaus estoient lassez et le jour estoit eschaufé^ si que nous voiens» en dementieres que ^^ nous venions aval, que le flum estoit couvert
1, Déshonorés. ^ 2. Pensèrent. — • â. Des traits et des pièces de bois. — ^. Estimés. — ^. Cria. — 6. Timbales. —1. Plus.— 8. Homme d'ar-» mes. ^9. joa Moi. — iO. Tirait, —il. Mais. — i^.C\^ot. — \^.:«wWv^- ^' fiô^F»/. -^ £4. Ruisseau. — 15. Reculer. -• iô.îtutox çcii'6.
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de lances et de escus, et de chevaus et de gens qui s& nok>ient et périssoient. Nous venismes à un poncel qui estoit parmi le ru, et je dis au connestable ^ que nous demourissons pour garder ce poncel, « car si nous le lesson, il feront * sus le Roy par deçà; et se nostre gent sont assaillis de deux pars, il pourront bien perdre; • et nous le feismes ainsinc
40I1IVILLE, LB COMTE DE BOISSONS ET PIERRE DE NEUVILLE DéPENDEltT LE . PONT ET COirriENNEirr les sarrasins PENDANT QUE LE CONNÉTABLE VA