‹ Textes classiques de la littérature françaiseChapitre 149 sur 232 · B01I4EAU · texte numérisé non relu

B01I4EAU

bus pourrez voir, un temps, yos écrits estimés

ourir de main en main par la ville semés,

uis de. là, tout poudreux, ignorés sur la terre,

uivre chezrépicier Neuf-Germain * et La Serre;

u, de trente feuillets réduits peut-être à neuf,

arer, demi-rongés, les rebords du Pont-Neuf ^.

e bel honneur pour vous, en voyant vos ouvrages

couper le loisir des laquais et des pages,

t souvent, dans un coin renvoyés à Técart,

Brvir de second tome aux airs du Savoyard ' !

Mais je veux que le sort, par un heureux caprice,

asse de vos écrits prospérer la malice;

t qu'enfin votre livre aille, au gré de vos vœux,

sûre siffler Gotin chez nos derniers neveux :

ue vous sert-il qu'un jour Tavenir vous estime,

i vos vers aujourd'hui vous tiennent lieu de crime,

t ne produisent rien, pour fruit de leurs bons mots,

ue TefiTroi du public et la haine des sots? '

uel démon vous irrite, et vous porte à médire?

n livre vous déplaît : qui vous force à le lire?

aissez mourir un fat dans son obscurité :

n auteur ne peut-il pourrir en sûreté?

e Jonas inconnu sèche dans la poussière t

e David imprimé n'a point vu la lumière :

e Mdise commence à moisir par les bords *.

uel mal cela fait-il? Ceux qui sont morts sont morts :

e tombeau contre vous ne peut-il les défendre ?

t qu'ont fait tant d'auteurs, pour remuer leur cendre?

ne vous ont fait Perrin, Bardin, Pradon, Hainaut^

oUetet, Pelletier, Titreville, Quinault >«

is de Neuf-Germain, poète extravagant qui vivait sous Louis XIIL inventé une variété d'acrostiche. Pour La Serre, voir la Satire III. Où Ton vend d'ordinaire les livres ^e rebut. » (Boileau.) — 3. Le i était an chansonnier de carrefour qui se tenait le plus souvent ont-Neuf, et y chantait en plein air des chansons de sa compo-

était fort à la mode. Il publia ses œuvres sous ce titre : Aeciieij

eu chansons du Savoyard par lui seul chantées à Paris, ^ imes héroïques qui n'ont point été vendus. » (Boileau.) Le Jonas }Fas ; le David, de Lesfargues ; le Moïse j de Saint-Amant. — 5. Praconnu pour avoir été l'indigne rival de Racine; François Colletet

avec Bois-Robert, de l'Estoile, Rotrou, et Corneille, l'honneur de les tragédies et les tragi-comédies du cardinal de Richelieu; Pellelin, TitrevlUe, Perrin soilt de misérables rimeufs. Hesnault ne mérite . à fait d'être placé en si mauvaise compagnie. 11 avait de l'esprit, lié un petit nombre d'ouvrages, qui ne sont pas %%Xk& ^^\^\a. "^^^ avre est un sonnet contre Colbert et en taNewt ôit^wik^^^»» ^"^

voir Satire III, vers i89.

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336 DIX'SEPTïÈME SIÈCLE

Dont les ûoms en cent lieux, placés comme en lents nie) Vont de vos vers malins remplir les hémistiches? Ce qu'ils font vous ennuie. 0 le plaisant détour! Us ont bien ennuyé le roi, toute la cour, Sans que lo moindre édit ait, pour punir leur crime, Retranché les auteurs, ou supprimé la rime. Écrive qui voudra : chacun à ce métier Peut perdre impunément de l'encre et du papiei'. ^ Un roman, sans blesser les lois ni la coutuniie, Peut conduire un héros au dixième volume. De. là vient que Paris voit chez lui de tout temps Les auteurs à grands flots déborder tous les ans; Et n'a point de portail où, jusques aux corniches, , Tous les piliers ne soient enveloppés d'affiches. ^ Vous seul, plus dégoûté, sans pouvoir et sans nom, Viendrez régler les droits et Tétat d'Apollon î

Mais vous, qui raffinez sur les écrits des autres. De quel œil pensez- vous qu'on regarde les vôtres? Il n'est rien en ce temps à couvert de vos coups : Mais savez-Yous aussi comme on parle de vous?

Gardez-vous, dira l'un, de cet esprit critique : On ne sait bien souvent quelle mouche le pique; Mais c'est un jeune fou qui se croit tout permis, Et qui pour un bon mot va perdre vingt amis. Il ne pardonne pas aux vers de la Pucelle, Et croit régler le monde au gré de sa cervelle. Jamais dans le barreau trouva-t-il rien de bon? Peut-on si bien prêcher qu'il ne dorme au sermon? N Mais lui, qui fait ici le régent du Parnasse, N'est qu'un gueux revêtu des dépouilles d'Horace. Avant lui Juvénal avait dit en latin Qu'on est assis à l'aise aux sermons de Gotin i. L'un et l'autre avant lui s'étaient plaints de la rime, Et c'est aussi sur eux qu'il rejette son crime : Il cherche à se couvrir de ces noms glorieux. J'ai peu lu ces auteurs : mais tout n'irait que mieux, Quand de ces médisants l'engeance tout entière Irait, la tête en bas, rimer dans la rivière s.

Voilà comme on vous traite : et le monde effrayé Vous regarde déjà comme un homme noyé.

En vain quelque rieur, prenant votre défense, Veut faire au moins, de grâce, adoucir la sentence : Uien n'apaise un lecteur toujours tremblant d'effroi,

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