‹ Textes classiques de la littérature françaiseChapitre 150 sur 232 · Il applique à Paris ce qu'il a lu de Rome · texte numérisé non relu

Il applique à Paris ce qu'il a lu de Rome

Ce qu'il dit eu fracK^ala il le doit au latin.

2, Brossetie attribue ce ptoço* ^feNfec^ ^>i ^^^ ^^^ws^aja&v^^*

BOii^AU 337

Oui voit peindre en autmî ce quMI remarque en soi.

Vous ferez- vous toujours des affaires nouvelles? £t faudra- tril sans cesse essuyer des querelles î ^'entendrai-je qu'auteurs se plaindre et murmurer? Jusqu'à quand vos fureurs doivent-elles durer? Hépondezy mon Esprit ; ce n'est plus raillerie : Dites... Mais, direz-vous, pourquoi cette furie? <}uoi ! pour un maigre auteur que je glose en passant, Ust-ce un crime, après tout, et si noir et si grand ? £t qui, voyant un fat s'applaudir d*un ouvrage Où la droite raison trébuche à chaque page, 14e s'écrie aussitôt : L'impertinent auteur! Xi'ennuyeux écrivain! le maudit traducteur! A quoi bon mettre au jour tous ces discours frivoles, "Et ces riens enfermés dans de grandes paroles? Est-ce donc là médire^ ou parler franchement?

"Non, non, la médisance y va plus doucement

Si l'on vient à chercher pour quel secret mystère

Alidor à ses frais bâtit un monastère :

Alidor! dit un fourbe, il est de mes amis;

Je l'ai connu laquais avant qu'il fût commis :

C'est un homme d'honneur, de piété profonde,

Et qui veut rendre à Dieu ce qu'il a pris au monde. Voilà jouer d'adresse, et médire avec art;

Et c'est avec respect enfoncer le poignard >.

Un esprit né sans fard, sans basse complaisance,

Fuit ce ton radouci que prend la médisance.

Mais de blâmer des vers ou durs ou languissans.

De choquer un auteur qui choque le bon sens.

De railler d'un plaisant qui ne sait pas nous plaire.

C'est ce que tout lecteur eut toujours droit de faire. Tous les jours à la cour un sot de qualité

Peut juger de travers avec impunité;

A Malherbe, à Racan, préférer Théophile,

Et le clinquant du Tasse à tout l'or de Virgile. Un clerc, pour quinze sous sans craindre le holà,

Peut aller au parterre attaquer Attila S;

Et si le roi des Huns ne lui charme l'oreille.

Traiter de visigoths tous les vers de Corneille. Il n'est valet d'auteur, ni copiste, à Paris,

Horace, livre I, sat. IV, vers 91 : « Si Ton vient à parler devant vous vols de Petillius Capitolious, vous le défendrez, comme vous savez . Capitolinusl il est mon camarade, mon ami d'enfance: il m'a rendu ombreux services, et je suis bien heureux de le voir vivre à Rome être inquiété. Je me demande pourtant commeut il s'est tiré de ce 18. — Voilà le noir poison, le venin morte\. % — ^, AU\\q.,^^«sa ^^'î* ères et des plus faibles pièces de Corneille, tul T«çîfe*WiXfe «û. SRR?V'

ÎMOOEOT. ^

■; ^Dix;-SEPTiÈHte*

Qvây la balance en main, ne pèse^Ies écrits. Dès que l'impression fait éclore un poète, Il est esclave né de quiconque Tacheté : II se soumet lui-même aux caprices d'autrui. Et ses écrits tout seuls doivent parler pour lui. Un auteur à genoux, dans une humble préface, Au lecteur qu'il ennuie a beau demander grÂce; Il ne gagnera rien sur ce juge irrité, Qui lui fait son procès de pleine autorité.

Et je serai le seul qui ne pourrai rien dire! On sera ridicule, et je n'oserai rire!

Et qu'ont produit mes vers de si pernicieux, Pour armer contre moi tant d'auteurs furieux? Loin de les décrier, je les ai fait paraître : Et souvent, sans ces vers qui les ont fait connaître, Leur talent dans l'oubli demeurerait caché ; Et qui saurait sans moi que Gotin a prêché? La satire ne sert qu'à rendre un fat illustre : C'est une ombre au tableau qui lui donne du lustre. En le blâmant enfin, j'ai dit ce que j'en croi; Et tel qui m'en reprend, en pense autant que moi.

Il a tort, dira l'un : pourquoi faut-il qu'il nomme? Attaquer Chapelain î ah! c'est un si bon homme! Balzac en fait l'éloge en cent endroits divers i. Il est vrai, s'il m'eût cru, qu'il n'eût point fait de vers^^ Il se tue à rimer : que n'écrit-il en prose? Voilà ce que l'on dit. Et qiie dis-je autre chose? En blâmant ses écrits, ai-je d'un style affreux Distillé sur sa vie un venin dangereux? Ma muse, en l'attaquant, charitable et discrète, "j

Sait de l'homme d'honneur distinguer le poète. '

Qu'on vante en lui la foi, l'honneur, la probité; . .,

Qu'on prise sa candeur et sa civilité; Qu'il soit doux, complaisant, officieux, sincère : /

On le veut, j'y souscris, et suis prêt à me taire. Mais que pour un modèle on montre ses écrits; 'j

Qu'il soit le mieux rente de tous les beaux esprits *; '- Comme roi des auteurs qu'on l'élève à l'empire : /

Ma bile alors s'échauffe, et je brûle d'écrire; Et, s'il ne m'est permis de le dire au papier, ]

J'irai creuser la terre, et, comme ce barbier, Faire dire aux roseaux par un nouvel organe : f

« Midas, le roi Midas a des oreilles d'âne. » Quel tort lui fais-je enfin? Ai-je par un écrit /

1. Six livres des Lettres familières de Balzac sont remplis par^ pondance avec Chapelain. — 2. Chapelain avait de divef' 8000 livres de pension. (BoUeau.')

Vf

' BOiLEAU

fié sa veine et glacé son esprit? ,

d un livre au Palais se vend et se débite,

chacun par ses yeux juge de son mérite,

Bilaine ^ Tétale au deuxième pilier,

^goût d'un censeur peut-il le décrier?

ain contre le Gid un ministre se ligue :

Paris pour Chimène a les yeux de Rodrigue.

idémie en corps a beau le censurer ^ : /

iblic révolté s'obstine à l'admirer.

lorsque Chapelain met une œuvre en lumière,

ue lecteur d'abord lui devient un Linière *•

Biin il a reçu l'encens de mille auteurs; ^

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