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XIV. LE RENARD ET LE BUSTE

«es grands, pour la plupart, sont masques de théâtre, ^eur apparence impose au vulgaire idolâtre. -'âne n'en sait juger que par ce qu'il en voit : j& renard, au contraire, à fond les examine, ^es tourne de tout sens; et, quand il s'aperçoit

Que leur fait n'est que bonne mine, I leur applique un mot qu'un buste de héros

Lui fit dire fort à propos.

]|'était un buste creux, et plus grand que nature. Le renard, en louant l'efiTort de la sculpture : c Belle tète, dit-il, mais de cervelle point. » uombien de grands seigneurs sont bustes en ce point.

L'AVARE QXn A PERDU SON TRÉSOR

L'usage seulement fait la possession.

Je demande à ces gens de qui la passion Est d'entasser toujours, mettre somme sur somme. Quel avantage ils ont que n'ait pas un autre homme. Diogène là bas ^ est aussi riche qu'eux, Et Tavare ici- haut comme lui vit en gueux. L'homme au trésor caché, qu'Ésope nous propose. Servira d'exemple à la chose.

Ce malheureux attendait

'bas^ signifie sous terre^ au séjour des motl?», ^\. icvKa-u^, "î>\« \R5x^«

Pour jouir de son bien une seconde vie, Ne possédait pas l'or, mais l'or le possédait. Il avait dans la terre une somme enfouie) Son cœur avec, n'ayant aucun déduit ^

Que d'y ruminer jour et nuit, ^ Et rendre sa chevance ' à lui-même sacrée.

Qu'il allât ou qu'il vînt, qu'il bût ou qu'il mangeât, On Peut pris de bien court, à moins qu'il ne songeât ^ A l'endroit où gisait cette somme enterrée. Il y fit tant de tours qu'un fossoyeur le vit, Se douta du dépôt, l'enleva sans rien dire. Notre avare un beau jour ne trouva que le nid. Voilà mon homme aux pleurs : il gémit, il soupire,

Il se tourmente, il se déchire.

Un passant lui demande à quel sujet ses cris :

« C'est mon trésor que Ton m'a pris.

— Votre trésor! où pris? — • Tout joignant * cette pierre.

— Eh! sommes-nous en temps de guerre Pour rapporter si loin? N'eussiez- vous pas mieux fait De le laisser chez vous en votre cabinet,

Que de le changer de demeure?

Vous auriez pu sans peine y puiser à toute heure. ^ A toute heure, bons dieux! ne tient-il qu'à cela ^?

L'argent vient-il comme il s'en va?

Je n'y touchais jamais. — Dites-moi donc, de grâce, Reprit l'autre, pourquoi vous vous affligez tant : Puisque vous ne touchiez jamais à cet argent.

Mettez une pierre à la place ;

Elle vous vaudra tout autant. »

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