‹ Textes classiques de la littérature françaiseChapitre 206 sur 232 · MASSILLON · texte numérisé non relu

MASSILLON

Massillon, né le 24 juin 1663 à Hyères en Provence, entra à rage de dix-sept ans chez les Oratoriens. Il prêcha en 1699 le Carême dans Téglise de l'Oratoire, et l'Avent à Versailles, et se plaça dès lors au premier rang des orateurs de la chaire. Nommé évêque de Glermont, en 1717, par le régent, il prononça dans la chapelle des Tuileries, en 1718, devant Louis XV, alors âgé de neuf ans, les sermons réunis sous le titre de Petit Carême, « Ces sermons, dit-il^ ne sont que des entretiens particuliers faits pour l'instruction du roi. » Il faut ajouter que jamais prince ne reçut de meilleures leçons, et que jamais moraliste n'a mieux parlé des dangers et des devoirs du rang suprême. MassilhDn entra à TAcadémie en 1719 ; il mourut à Clermont le 28 septembre 1742. Parmi les nombreux sermons qu'il a laissés, on admire surtout, outre le Petit Carême, le sermon sur le petit nombre des élus, et le sermon sur Taumône Les œuvres de Masaïûûti otL\. fe\fc\xi!KXY^^^\^%x\^^\\^»

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1749, 15 vol. iii-12; Paris, Reno^ard, 1810-1811, 13 vol. iti-8; Paris, Lefèvre, 1833, 2 vol. gr. in-8.

La première édition du Petit Carême est de 1717. Les plus belles éditions sont celles de : Paris, Didot, 1789, gr. in-8 ; Paris, Didot, 1812, in.8 ; Paris, Lefèvre, 1824, gr. in-8. ^

Un recueil de morceaux choisis publié par Renouard, 1830, in'-18, a été plusieurs fois réimprimé.

Citons aussi les recueils d'oeuvres choisies par Tabaraud, Paris, 1823-1824, 6 vol. in.8, et par Godefroy, 1848, 2 vol. in-8.

Massillonne s'adresse pas au raisonnement comme Bour* daloue, il va droit à Tâme. Avec lui, Féloquence de la chaire entre dans une phase nouvelle ; sans cesser d'être religieuse, elle devient surtout philosophique. Nous sommes déjà bien loin des sermons où Bossuet faisait parler dans toute leur majesté puissante TÉcriture sainte et les Pères de TÉglise. Massillon est moins un apôtre qu'un moraliste, il étudie le cœur humain plus que la tradition de rÉglise, et quand ses contemporains s'étonnent qu'un homme voué par état à la retraite puisse faire des peintures si vraies des passions : C^est en me sondant moi-même^ répond-il, que fai appris à tracer ces peintures. C'est encore ici l'esprit de Descartes, qui se dégage de plus en plus de l'influence dogmatique. Le style de Massillon subit les conséquences de cette révolution accomplie dans la pensée. Au lieu des traits hardis qui dans Bossuet brillent et jaillissent comme l'éclair, Massillon fait luire une lumière douce et continue, qui s'augmente progressivement; jusqu'à ce que la vérité apparaisse dans tout son jour. Son éloquence pleine d'onction et de tendresse subjugue moins qu'elle n'entraîne ; et tout en nous offrant la peinture de nos vices, il sait encore nous attacher et nous plaire. Sa diction, toujours facile, élégante et pure, est partout d'une simplicité noble, unie à l'harmonie la plus douce; et, ce qui met le comble au charme que fait éprouver ce style enchanteur, on sent que tant de beautés ont coulé de source et n'qnt rien coûté à celui qui les a produites ^

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