‹ Textes classiques de la littérature françaiseChapitre 21 sur 232 · CONTRE LES MAUVAIS POÈTES · texte numérisé non relu

CONTRE LES MAUVAIS POÈTES

Lorsque Ton voit un homme par la rue,

Dont le rabat est sale, et la chausse rompue, Ses gregues aux genoux, au coude son pourpoint <, .Qui soit de pauvre mine, et qui soit mal en point; Sans demander son nom, on le peut reconnoistre ;

Car si ce n^est un poète, au moins il le veut estre

Cependant sans souliers, ceinture, ni cordon, L*œil farouche et troublé, l'esprit à l'abandon, Vous viennent accoster comme personnes yvres, Et disent pour bon-jour, « Monsieur, je fais des livres, On les vend au Palais >, et les doctes du temps

1. Sainte-Beuve, TdbUau de la poéiie française au xvi* nècley tome page 169. — 2. C'est-à-dire dont les vêtements sont percés, les grègai aux genoiax, et le pourpoint aux coades. Grègues ou grèves, le vêtement q} courrait les jambes» — 3. Au Palais de i\fôl\<i&, oxnU^ avait des bouti ques de' Jibraires»

Page 1