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Ârrôte pour quelques moments Lea. impétueux sentiments De cette ine)(OTa|>le envie, Et souffre qu'en ce triste et favorable jour, Avant que de donner ma vie, Je donne un soupir À TAmour i.
)n n*osait mourir de douleur sans fairç des pointes et des jeux sprit en mourant. De là vient ce désespoir si ampoulé et si fleuri :
Percé jusques au fond du cœur D'une atteinte imprévue aussi bien que mortelle, Misérable vengeur d'une juste querelle, Et malheureux objet d'une injuste rigueur K„
famais douleur sérieuse ne parla un langage si pompeux et si
ecté»
1 me semble qu'il faudrait aussi retrancher de la Tragédie une
ne enflure, qui est contre toute vraisemblance. Par exemple, ces
rs ont je ne sais quoi d'outré :
Impatients désirs d'une illustre vengeance
A qui la mort d'un père a donné la naissance»
Enfants impétueux de mon ressentiment,
Que ma douleur séduite embrasse aveuglément,
Vous régnez sur mon âme avecque trop d'empire :
Durant quelques moments souffrez que je respire,
Et que je considère, en l'état où je suis,
Et ce que je hasarde, et ce que je poursuis 3.
Vf. Bespréaux trouvait dans ces paroles une généalogie des impartis désirs d'une illustre vengeanocj qui étaient les enfants impénix d'un noble ressentiment, et qui étaient embrassés par une uleur séduite. Les personnes considérables qui parlent avec pas- »n dans une tragédie doivent parler avec noblesse et vivacité, lis on parle naturellement et sans ces tours si façonnés quand passion parle. Personne ne voudrait être plaint dans son malheur r son ami avec tant d'emphase.
M. Racine n'était pas exempt de ce défaut, que la coutume avait ndu comme nécessaire. Rien n'est moins naturel que la narration la mort d'Hippolyte à la fin de la tragédie de Phèdre, qui a d'ailirs de grandes beautés. Théramène, qui vient pour apprendre à lésée la mort funeste de son fils, devrait ne dire que ces deux ots, et manquer même de force pour les prononcer distinctement : ppolyte est mort. Un monstre envoyé du fond de la mer par la co-
i. Corneille, Œdipe, acte III, scène i. — a. U., U CU, wi\.^ 'V^ ^^^'i^ ^* 3, Ids, Cinnà, acte l, scène i.
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1ère des Dieux ta fait périr. Je Pat vu. Un tel' homme êaisi, éperdu; sans haleine» peut-il s'amuser à faire la description la plus pompeuse et la plus fleurie de la figure du dragon ? '
L'œil morne maintenant et la tête baissée. Semblaient se conformer & sa triste pensée, etc. La terre s'en émeut, l'air en est infecté ; Le flot qui l'apporta recule épouvanté }.
Sophocle est bien loin de cette élégance si déplacée et si contraire J à la vraisemblance. Il ne fait dire à OËdipe que des mots entre- -\ coupés. Tout est douleur. 'ïoù, tou!... Al, al, al, al! $eO, çeO *!... C'est plutôt un gémissement, ou un cri, qu*un discours. « Hélas, hélas ! dit-il, tout est éclairci. 0 lumière, je te vois maintenant pour la dernière fois !... Hélas, hélas I malheur & moi ! Où suis-je, malbeu* ^ reux ? Comment est-ce que la voix me manque tout à coup ? 0 fo^ tune ! où étes-vous allée !... Malheureux ! malheureux I je ressens une cruelle fureur avec le souvenir de mes maux... Q amis, que me reste-t-il & voir, à aimer, à entretenir, & entendre avec consolation? 0 amis, rejetez au plus tôt loin de vous un scélérat, un homme exéerable, objet de l'horreur des dieux et des hommes... Périsse celui qui me dégagea de mes liens dans les lieux sauvages où j'étais exposé, et qui me sauva la vie ! Quel cruel secours I Je serais mort avec moins de douleur pour moi et pour les miens.... Je ne serais ni le meurtrier de mon père, ni l'époux de ma mère ; maintenant je suis au comble du malheur. Misérable, j*ai souillé mes parents, et j'ai eu des enfants de celle qui m*a mis au monde ! » C'est ainsi que parle la nature, quand elle succombe à la douleur. Jamais rien ne fut plus éloigné des phrases brillantes du bel esprit. Hercnle et Philoctète parlent avec la même douleur vive et simple dans Sophocle. ^. Racine, qui avait fort étudié les grands modèles de l'antiquité, avait formé le plan d'une tragédie française d'CEdipey suivant le goût de Sophocle, sans y mêler aucune intrigue postiche d'amour, et suivant la simplicité grecque. Un tel spectacle pourrait être très curieux, très vif, très rapide, très intéressant. H ne serait point applaudi ; mais il saisirait, il ferait répandre les larmes ; il ne laisserait pas respirer; il inspirerait l'amour des vertus et l'horreur des crimes ; il entrerait fort utilement dans le dessein des meilleures lois. La religion même la plus pure n'en serait point alarmée. On n'en retrancherait que de faux ornements qui blessent les règles.