‹ Textes classiques de la littérature françaiseChapitre 27 sur 232 · PARAPHRASE DU PSAUME CXLV · texte numérisé non relu

PARAPHRASE DU PSAUME CXLV

N^espérons plus, mon âme, aux promesses du monde; Sa lumière est un verre, et sa faveur une onde Que toujours quelque vent empêche de calmer. Quittons ces vanités, lassons-nous de les suivre ;

C'est Dieu qui nous fait vivre,

C'est Dieu qu'il faut aimer.

En vain pour satisfaire à nos lâches envies, Nous passons près des rois tout le temps de nos vies A souffrir des mépris et ployer les genoux. Ce qu'ils peuvent n'est rien ; ils sont comme nous sommes, . Véritablement hommes,

Et meurent comme nous.

Ont- ils rendu l'esprit, ce n'est plus que poussière

Que cette majesté si pompeuse et si fière

Dont l'éclat orgueilleux étonne l'univers ;

Et dans ces grands tombeaux, où leurs âmes hautaines

Font encore les vaines,

Ils sont mangés des vers.

Là se perdent ces noms de maîtres de la terre, D'arbitres de la paix, de foudres de la guerre; Comme ils n'ont plus de sceptre, ils n'ont plua d^ ^^VX^x^v^ Et iombeDt avec eux d'une chute commune Tous ceux que leur fortune Faisoit leurs serviteurs.

PRIÈRE POUR LE ROI HENRI LE aRAKD ALLANT EN UlffOUSIN — STANCSES

0 Dieu, dont les bontés de nos larmes touchées Ont aux vaines fureurs les armes arrachées, Et rangé Tinsolence aux pieds de la raison, Puisqu'à rien d'imparfait ta louange n'aspire, Achève ton ouvrage au bien de cet empire, Et nous rends Tembonpoint comme la guérison

Certes quiconque a vu pleuvoir dessus nos têtes Les funestes éclats des plus grandes tempêtes Qu'excitèrent jamais deux contraires partis, Et n'en voit aujourd'hui nulle marque paroi tre. En ce miracle seul il peut assez connoltre Quelle force a la main qui nous a garantis.

Mais quoi? de quelque soin qu'incessamment il veille, Quelque gloire qu'il ait à nulle autre pareille, Et quelque excès d'amour qu'il porte à notre bien; Comme échapperons-nous en des nuits si profondes. Parmi tant de rochers que lui cachent les ondes, Si ton entendement ne gouverne le sien?

Un malheur inconnu glisse parmi les hommes, Qui les rend ennemis du repos où nous sommes , La plupart de leurs vœux tendent au changement; Et comme s'ils vivoient des misères publiques. Pour les renouveler ils font tant de pratiques, Que qui n'a point de peur n'a point de jugement.

En ce fâcheux état, ce qui nous réconforte, C est que la bonne cause est toujours la plus forte. Et qu'un bras si puissant t'ayant pour son appui, Quand la rébellion plus qu'une hydre féconde Auroit pour le combattre assemblé tout le monde, Tout le monde assemblé s'enfuiroit devant lui.

Il n'a point son espoir au nombre des armées, Étant bien assuré que ces vaines fumées N^ajoutent que de Tombre à nos obscurités; L'aide qu'il veut avoir, c'est que tu le conseilles; Si tu le fais, Seigneur, il fera des merveilles, Et vaincra nos souhaits par nos prospérités.

Tu nous rendras alors nos douces destinées ;

Nous ne reverrons plus ces fâcheuses années OiiJ pour les plus heureux n'ont produit c^xi^ d^ vleuie. Toute sorte de bien comblera nos lamiUes-,

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MALHERBB 89

La moisson de nos champs lassera les faucilles, £t les fruits passeront la promesse des fleurs.

Quand un roi fainéant, la vergogne des princes, Laissant à ses flatteurs le soin de ses provinces, Entre les voluptés indignement s'endort.

Quoique Ton dissimule, on n*en fait point d'estime; Et si la vérité se peut dire sans crime, Cest avecque plaisir qu'on survit à sa mort.

Mais ce roi, des bons rois l'éternel exemplaire, Qui de notre salut est l'ange tutélaire, L'infaillible refuge, et l'assuré secours, Son extrême douceur ayant dompté l'envie, De quels jours assez longs peut-il borner sa vie, Que notre affection ne les juge trop courts?

Qu'il vive donc. Seigneur, et qu'il nous fasse vivre; Que de toutes ces peurs nos âmes il délivre ; Et rendant l'univers de son heur étonné. Ajoute chaque jour quelque nouvelle marque Au nom qu'il s'est acquis du plus rare monarque Que ta bonté propice ait jamais couronné.

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