‹ Textes classiques de la littérature françaiseChapitre 33 sur 232 · I IT · texte numérisé non relu

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SATIRE MÉNIPràE , '■ ' 75

délié dofit on Doits inenaee, goi nous puisse eiÀpescher de dé9irer et demander la paix. Nous n'aurons plus peur que noa femmes et nos filles soient YÎolèes» ni débauchées par les gens de guerre» et celles que la nécessité a détournées de Thonneur se remettront au droit chemin. Nous n'aurons plus ces sangsues d'exacteurs et main totiers; on ostera ces lourds impots qu'on a inventés k Thostel de ville sur les meubles et marchandises libres et sur les vivres qui entrent aux bonnes villes, où il se commet mille abus et concussions, dont le profit ne revient pas au publie, mais à ceux qui manient les deniers» et s'en donnent par les joues. Nous n'aurons plus ces chenilles^ ^ui suecent et rongent les belles fleurs des jardins de la France, et s'en peignent de diverses couleurs, et en un moment de petits vers rampants contre terre deviennent grands paiMllons volants» peinturée d*or et d'axur. Nous n*aurons plus tant de gouverneurs qui font les Roytelets, et ne serons plus sub*

jets aux gardes et sentinelles, où nous perdons la moitié de nostre temps, consommons nostre meilleur âge, et acquérons des eatarres,

-et maladies qui ruinent nostre santé* Nous aurons un Roy qui donnera ordre à tout, et retiendra tous ces tyranneaux en crainte et en devoir; qui chastiera les violents, punira les réfractaires, exterminera les voleurs et pillards, retranchera les aisles aux ambitieux, fera rendre gorge à ces esponges et larrons des deniers publics, fera contenir un chacun aux limites de sa charge, et conservera tout le monde en repos et tranquillité. Enfin nous voulons un Roy pour avoir la paix. Mais nous ne voulons pas faire comme les grenouilles, qui s*ennuyants de leur Roy paisible, esleurent laCicogne, qui les dévora

V tontes. Noua demandons un Roy et chef naturel, non artificiel, un Roy déjà fait, et non à faire, et n'en voulons point prendre le conseil des Espagnols, nos ennemis invétérés, qui veulent estre nos tuteurs par force. Nous ne voulons pour conseillers et médecins ceux de Lorraine, qui de longtemps béent ^ après nostre mort Le Roy que nous demandons est déjà fait par la nature, né au vray par* terre des fleurs de Lis de France, rejetton droit et verdoyant de la tige de Saint Loûys. Ceux qui parlent d*en faire un autre se trompent et ne sçauroient en venir à bout. On peut faire des sceptres et des couronnes, mais non pas des roys pour les porter; on nent faire une maison, mais non pas un arbre ou nn rameau verd; il faut que la nature le produise par espace de temps, du suc et de la moelle de la terre, qui entretient la tige en sa sève et vigueur. On peut faire une jambe de bois, un bras de fer, un nez d'argent; mais non pas une teste. Aussi pouvons-nous faire des Mareschaux à In douzaine, des Pairs, des Admiraux, et des Secrétaires et Ck^nselUers d'Estat, mais de Roy point; il faut que celuy seul naisse de luy-mesme, pour avoir vie et valeur.

Allons, allons donc, mes amis, tout d'une voix luy demandei" là paix : il n'y a paix si inique qui ne vaille mieux qu'une it^ v=i%\& guerre. 0 quam ipeciosi pedes nttn^ton^ttfmpacem^ntmtiatiHumboMk

t. Aspirent (bayet^ béer, inhiare).

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