Scène IV. — D. DIÉGUE
0 rage! ô désespoir! ô vieillesse ennemie! N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie? Et ne Buis-je blanchi dans les travaux guerriers Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers? Mon bras, qu'avec respect toute l'Espagne admire, MoQ bras, qui tant de fois a sauvé cet empire, Tant de fois affermi le trône de son roi. Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi? 0 criiel souvenir de ma gloire passée! ^
Œuvre de tant de jours en un jour effacée! Nouvelle dignité, fatale à mon bonheur!
Précipice élevé d'où tombe mon honneur ! Faut-il de votre éclat voir triompher le comte, Et mourir sans vengeance, ou vivre dans la honte? Ck)mte, sois de mon prince à présent gouverneur : Ce haut rang n*admet point un homme sans honneur ; Et ton jaloux orgueil, par cet affront insigne, Malgré le choix du roi m'en a su rendre indigne. Et toi, de mes exploits glorieux instrument, Mais d'un corps tout de glace inutile ornement. Fer jadis tant à craindre, et qui dans cette offense M'as servi de parade, et non pas de défense, Va, quitte désormais le dernier des humains, Passe pour me venger en de meiUeuce^ m^ti%.
PIEBAE CORNEILLE . 9i
' Scène V. - D. DÏÈGUE, D. RODRIGUE
I^. I^IÉGUE.
Bodrigue, as-tu du cœur ^ ?
D. RODRIGUE
Tout autre que mon père L'éprouverait sur l'heure.
D. DIÈGUB.
Agréable colère !
Digne ressentiment à ma douleur bien doux ! Je reconnais mon sang à ce noble courroux, Ma jeunesse revit en cette ardeur si prompte. Viens, mon fils, viens, mon sang, viens réparer ma honte f Viens me venger.
D. RODRIGUE
De quoi?