NM PRÉFACE
élre utiles à méditer. Eu constatant l'ancienneté et la persistance de certains griefs, l'historien philosophe sera tenté d'y déméler une part de vérité. Et le spectacle des malentendus d'autrefois achèvera de démontrer, méme aux yeux des plus timides,qu'il y aeu pour Israël affranchi une véritable nécessité, en méme temps qu'un devoir, de concilier la fidélité à sa tradition religieuse — son honneur devant l'histoire — avec l'assimilation moraleet extérieurela plus complète à sesconcitoyens d'autres cultes. Une pareille entreprise était impossible ou périlleuse dans la société antique ou féodale, où les pratiques religieuses enveloppaientet pénétraient en quelque sorte tous les actes dela vie politique et civile; dans une société sécularisée, comme celle qui est sortie dela Révolution, elle n'offre plus ni danger, ni difficulté sérieuse. Aussi a-t-elle partout réussi, là du moins oü des causes extérieures n'ont pas retardé et ne retardent pas encore cette inévitable évolution.
ll me reste à indiquer brièvement la méthode que j'ai suivie dans la composition de ce volume. L'idée d'un recueil de ce genre n'est pas nouvelle : on peut dire qu'elle remonte à un compilateur du temps de Cicéron, Alexandre Polyhistor, dont le Περὶ ᾿Ιουδχίων, s'il nous était parvenu intégralement, aurait formé la base dé ce travail. Aprés lui, Josèphe a groupé dans son Contre A pion un ensemble précieux de lémoignages,ou de prétendus témoignages, sur, pour et contre les Juifs; beaucoup de nos textes, et des plus imporlanis, nous ont été conservés uniquement par cet inestimable pamphlet ou par les autres ouvrages du méme auteur. A notre époque, divers savants ont efitrepris des recueils plus ou moins analogues' : cepeudant les meilleurs méme laissaient fort à
1. F. C. Meier, Judaica (léna, 1832); Gill, Notices of the Jews (Londres, 1870,