Pro Flacco, c
$ 66... Sequitur auri illa in- Vient ensuite ce fameux
vidia Iudaici. Hoc nimirum est illud quod non longe a gradibus Aureliis hæc causa dicitur; ob hoc crimen hic locus abs te, Læli, atque illa turba quæsita esl : scis quanta sit manus, quanta concordia, quantum va-
grief : l'or des Juifs'. Sans doute c'est pour cela que cette cause est plaidée tout près des degrés Auréliens?; c'est en raison de ce chef d'accusation, Lélius, que tu as cherché ce lieu et celte foule : tu sais combien
1. Ce plaidoyer a été prononcé en 59 avant J.-C. — L. Valerius Flaccus avait gouverné l'Asie, en qualité de propréteur, l'an 62. Il était accusé de nombreux faits de concussion, entre autres, d'avoir confisqué à son profit les sommes que les Juifs d'Asie Mineure, comme tous leurs coreligionnaires de la Diaspora, envoyaient tous les ans au temple de Jérusalem pour subvenir aux besoins du culte. Cf. Philon, Legat. ad Caium, c. 23.
2. Les gradus Aurelii ou tribunal Aurelium, — un tribunal en pierre enlouré de gradins, — avait été construit sur le forum probablement par M. Aurelius Cotta, consul en 74. 11 parait que c'était le rendez-vous de la plébe la plus turbulente de la capitale.
leat in concionibus. Summissa voce agam, lantum ut iudices audiant; neque enim desunt qui islos in me alque in optimum quemque incitent : quos ego, quo id facilius faciant, non adiuvabo.
$67. Cum aurum, [udæorum nomine, quotannis ex Italia et ex omnibus provinciis Hierosolyma ex portari soleret, Flaccus sanxit edicto ne ex Asia exportari liceret. Quis est, iudices, qui hoc non vere laudare possit?
Exportari aurum non oportere, cum sæpe antea senatus, tum, me consule, gravissime iudicavit. Huic autem barbare superstitioni resistere, severita- Us; multitudinem. Iudeorum flagrantem nonnunquam in con-
AUTEURS LATINS
leur troupe est nombreuse, combien ils se tiennent entre eux, combien ils sont puissants dans les assemblées '. Je plaiderai à mi-voix, juste assez haut pour que les juges m'entendent, Car il ne manque pas de personnes pour exciter ces gens contre mol et contre tous les meilleurs citoyens, et je n'ai nulle envie de leur faciliter cette tâche.
Voyant que l'or était, pour le compte des Juifs, tous les ans exporté d'Italie et de toutes les provinces à Jérusalem, Flaccus défendit par un édit de faire sortir l'or de l'Asie. Qui pourrait, juges, ne pas louer sincerement cette mesure? Bien souvent auparavant, el notamment pendant mon consulat, par une décision fortement motivée, le sénat a prohibé l'exportation de "ον ἢ. Résister à une superstion barbare, ce fut de la part
1. Il s'agit de la populace juive. L'établissement des Juifs était tout récent à Rome : il remontait, d'aprés Philon (loc. cif.), àla prise de Jérusalem par Pompée (63 av. J.-C.), à la suite de laquelle beaucoup de Juifs avaient été amenés prisonniers à Rome, puis bientót affranchis par leurs acquéreurs. L'affranchissement régulier conférait le droit de cité romaine, et il résulte effectivement de la phrase suivante de Cicéron que les Juifs de Rome étaient des « électeurs », et méme des électeurs redoutés.
2. Cette prohibition rendue sous le consulat de Cicéron (63 av. J.-C.) s'étendait également à l'argent : In Vatinium, V, 12, Dans la suite, les empereus autorisèrent expressément à plusieurs reprises l'exportation de I « or juif » (Philon, loc. cit. ; Josèphe, Ant. jud., XVI, 6).
CICÉRON
cionibus pro re publica contemnere, gravitalis summæ fuit.
$ 68. At Cn. Pompeius, captis Hierosolymis, victor ex illo fano nihil attigit. In primis hoc, ut multa alia, sapienter, quod in fam suspiciosa ac maledica civitate locum sermoni obtrectatorum non reliquit. Non enim credo religionem et Iudæorum et hostium impedimento præstantissimo imperatori, sed pudorem fuisse. — Ubi ergo erimen est? quoniam quidem furtum nusquam reprehendis, edictum probas, iudicatum faleris, quaesitum et prolatum palam non negas; actum esse per viros primarios res ipsa declarat. Apameæ — manifesto comprehensum, ante pedes praetoris in foro expensum est auri pondo centum paullo minus per Sext. Caesium equitem romanum, castissimum hominem atque integerrimum ; Laodiceæ viginti pondo paullo amplius per hunc ipsum L.