‹ Textes d'auteurs grecs et romains relatifs au judaïsmeChapitre 157 sur 273 · CF. Joséphe, Ant. jul., XIV · texte numérisé non relu

CF. Joséphe, Ant. jul., XIV

de Flaccus une marque d'énergie; mépriser dans l'intérét de la république cette multitude de Juifssi souvent turbulente dans nos assemblées, c'est la marque d'une singulière force d'âme.

Mais, dira-t-on, Cneius Pompée, vainqueur de Jérusalem, ne toucha rien dans ce temple’.

Certes il donna là, comme en beaucoup d’autres circonstances, une grande preuve de sagesse, en ne prétant aucun sujet de critique à ses détracteurs dans une ville si soupconneuse et si médisante. Car je ne crois pas que l'illustre général ait été retenu par la religion des Juifs, d'un peuple ennemi, mais par sa propre délicatesse. Que reste-t-il donc de l'accusation? On ne peut nous accuser de vol. vous approuvez l'édit, vous avouez qu'il y a chose jugée, vous ne niez pas que l'or ait élé recherché et exhibé publiquement. Les faits témoignent que l'édit fut exécuté par les hommes les plus considérables. A Apamée, on saisit ouvertement un poids d'or d'un peu moins

οὐδενὸς ἥψατο OU edcééerav, Cicéron

fait souvent allusion, en plaisantant, à la con quete de Jérusalem par Pompée ; noster Hierosolymarius (Ad Att., M, 9), etc,

Peducæum iudicem nostrum; Adramyttii per Cn. Domitium legatum...: Pergami non multum.

$ 69. Auri ratio constat; aurum in ærarlo est. Furtum non reprehenditur; invidia quæritur; ajudicibus oratioavertitur; vox in coronam turbamque offenditur. Sua cuique civilati religio, Læli, est; nostra nobis.

Stanlibus Hierosolymis pacaüsque ludaeis, tamen istorum religio saerorum a splendore hujus imperii, gravitate nominis nostri, majorum institutis abhorrebat : nunc vero hoc magis quod illa gens quid de imperio nostro sentiret ostendit

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de 100 livres ! et cet or fut apporlé en plein forum aux pieds du préteur par Sextius Cæsius, chevalier romain, homme de mœurs irréprochables et parfaitement integre. À Laodicée, un peu plus de 20 livres furent saisies par ce méme L. Peducæus qui sléege parmi nosjuges; à Adramyttium, par Cn. Domitius, légat, il futsaisi... ; à Pergame, peu de chose.

Le compte de cet or est fait; l'or est dans le Trésor. On ne nous accuse pas de vol; on cherche à exciter des haines.

Votrediscours passepar-dessus la Lète des juges; il s'adresse au public, à la foule. Chaque État a sa religion, Lélius; nous avons la nótre. Alors méme que Jérusalem était debout et que les Juifs vivaient en paix, leur genre de rites s'aecordait mal avec la splendeur de cet empire, la gravité du nom romain et les institutions de nos

1. Une livre romaine pèse 327 grammes ; 100 livres représentent donc environ 33 kilos d'or, ou, en prenant le rapport de l'or à l'argent au taux de 10 : 1, habituel en pays grec, à 330 kilos d'argent, soit plus de 75,000 drachmes (francs). Comme la contribution annuelle d'un Juif était de 2 drachmes seulement, il est évident qu'une pareille somme représentait les cotisations de plusieurs années ou que la confiscation de Flaccus s'étendit à d'autres fonds qu'à ceux destinés au temple. — L'existence de la communauté juive de Laodicée est attestée par Josèphe, Ant., XIV, 10, 20; celle de la com-

munauté de Pergame, ib., 22.

CICÉRON

armis; quam cara diis immorlalibus esset, docuit quod est vieta, quod elocata, quod serva [facta] '.

ancétres; à plus forte raison maintenant que cette nation a montré, les armes à la main, ce qu'elle pense de notre domination et que vaincue, affermée, réduite en servitude, elle a fait volr combien se soucient d'elle les dieux immortels.

A'Z'2. — De provinciis consularibus, V, 10 3,

Iam vero publicanos miseros — me etiam miserum, illorum ita deme meritorum miseriis ac dolore! — tradidit (Gabinius) in servitutem Iudaeis et Syris, nationibus natis servituti...

Déjà méme ces malheureux publieains (malheureux moiméme, car ils m'ont rendu de tels services que je souffre de leurs miseres et de leur douleur!), il les a livrés en escla-

vage aux Juifs et aux Syriens, races nées pour l'esclavage *.

1. Les mss. ont servata qui n'offre pas de sens. Bernays a cru voir aussi un anachronisme dans elocata (mais cp. le fr. suivant) eta supposé que les deux participes résultaient d'une glose judéo-chrétienne : quam Deo cara quod servata (Gesammelte Abhandlungen, M, 309-10) ; c’est le cas de dire : Credat ludæus Apella! — Ce texte de Cicéron, souvent cité et commenté, est particuliérement intéressant par la preuve qu'il fournit du rapide accroissement de la communauté juive de Rome et de l'importance politique qu'elle avait su prendre en peu d'années par son esprit de corps (Cf. Havet, Origines du christianisme, IL, 152; Hild, Revue des Etudes juives, VIII, 20 s.). Quant à l'antisémitisme de Cicéron, s'il n'est pas purement de circonstance, il s'explique sans peine par l'influence de ses maitres Posidonios et Apollonios Molon (Plut., Cic., 4).

2. Discours prononcé au sénat, en mai 56 avant J.-C, ll s'agissait derégler la répartition des provinces consulaires. Cicéron propose d'attribuer aux futurs consuls de l'an 55 la Macédoine et la Syrie ; cette dernière province était gouvernée depuis 57 par son ennemi personnel A, Gabinius.

3. Cette expression, qui fait partie du vocabulaire courant des Romains en parlant des Orientaux, s'applique bien mal à Ja nation « au col rebelle » qui avait déjà donné aux Romains des preuves non équivoques de son peu de goüt pour la servitude, Sur les réformes administratives de Gabinius en Judée, voir Josèphe, Ant., XIV, 5, 4; B. jud., I, 8, 5.

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