VARRON
M. Terentius Varro, érudit et polygraphe, 116-27 avant J.-C.
#28. — Fragment des Antiquités *, cité par saint Augustin, Cité de Dieu, IV, 31, 2.
Dicit etiam antiquos Romanos plus annos centum et septuaginta deos sine simulacro coluisse; quod si adhuc, inquit, mansisset, castius dii observarentur. Cui sententiæ suc testem adhibet inter cetera etiam gentem Iudeam; nec dubitat eum locum ita concludere ut dicat, qui primi simulacra deorum populis posuerunt, eos civitatibus suis et metum demsisse et errorem addidisse.
Varron dit aussi que les anciens Romains ont pendant plus de cent soixante-dix ans * adoré les dieux sans images. « Et si cet usage avait duré, dit-il, on rendrait aux dieux un culteplus pur. » A l'appui de son opinion, il invoque entre autres l'exemple de la nation juive.
Et il n'hésite pas à conclure ce passage en disant que ceux qui les premiers ont élevé parmi les peuples des statues de dieux ont enlevé aux nations une terreur et leur ont ajouté une erreur*.
1. Antiquitatum rerum humanarum et divinarum libri XLI. La deuxième partie de cet ouvrage (Res divinz)était dédiée au grand pontife Jules César ; les fragments de cette partie ont été réunis par Merkel, en téte de son
édition des Fastes d'Ovide, p. vi suiv.
2. Ce chiffre et ce renseignement se retrouvent chez Plutarque, Numa, VIII, 8, qui a dà les puiser à la méme source. Cf. aussi Clément d'Alexandrie,
Strom., I, 15, 71.