POLLION
- €. Asinius Pollio, né en 76 avant J.-C., mort en 4 après J.-C. Homme d’État,
poète, orateur et historien. Ses Historie, en dix-sept livres, aujourd'hui perdues, commencaient avec la constitution du premier triumvirat (60 av. J.-C.).
429. — Fragment des Historiæ, chez Josèphe, Ant. jud., XIV, 8, 3 (= Strabon, fr. 13 Müller, F. H. G., III, 495).
SE
ou τῷ λόγῳ Στράόων ὁ Καππάδοξ )
λέγων ἐξ ᾿Ασινίου ὀνόματος οὕτως * « Μετὰ δὲ τὸ τὸν Μιθριδάτην εἰσδαλεῖν εἰς τὴν Αἴ- A na * ^ ES ?
J'invoque le témoignage de Strabonle Cappadocien quis’exprime ainsi d’après Asinius (Pollion) : « Après que Mithridate (de Pergame) fut entré en Égypte avec Hyrcan, le grand prêtre des Juifs '... »
C. Iulius Cæsar Octavianus Augustus, empereur romain (63 av.-14 ap.
Rx).
130. — Fragment d'une lettre cité par Suétone, Divus Augustus, c. 76.
Ne Iudeus quidem, mi Tiberi, tam diligenter sabbatis
Il n'y a pas de Juif, mon cher
Tibère, qui observe plus rigou-
1. Ce fragment, omis par Peter (Historicorum romanorum fragmenta), a. été déjà reproduit plus haut, Hypsicratès, no 37. Il se rapporte à la campagne
de César en Égypte (47 av. J.-C.).
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ieiunium servat quam ego hodie servavi, qui in balineo demum post horam primam noctis duas bueceas manducavi prius quam ungi inciperem.
reusement le jeüne un jour de sabbat:, que je ne l'ai fait aujourd'hui : ce n'est qu’après la premiere heure de la nuit que jai mangé deux bouchées dans le bain avant de me faire frotter.
Q. Horatius Flaccus, poète célèbre, 65 à 8 avant J.-C.
RIT. — Satires, Ier livre (publié vers 35 av. J.-C.).
I, 4, 138 suiv. (fin de la satire).
Ubi quid datur oti Inludo chartis. Hoc est mediocribus illis
140 Ex vitiis unum ; cui si concedere nolis, Multa poetarum veniet manus, auzilio qua
Sit mihi : nam multo plures sumus, ac veluti te
Tudæi cogemus in hanc concedere turbam.
Dès qu'il me vient un moment de loisir, j'attaque mon papier. C'est là un de mes péchés mignons. Si tu ne veux pas me le
passer, j'appelle à mon aide l'armée des poètes qui viendra me préter main-forte; car nous sommes les plus nombreux, et, comme les Juifs, nous saurons te pousser dans notre camp *.
1. Le sabbat pris pour un jour de jeüne est une confusion ordinaire chez les auteurs du siècle d'Auguste ; cf. supra, Strabon, p. 104, note 1, et Trogue Pompée, infra, p. 254. — Auguste se montrait tolérant, mais méprisant pour les cultes orientaux ; il félicita son petit-fils Caius qui, en visitant Jérusalem, s'était abstenu d'aller prier au temple (Suét., Aug., 93).
2. Allusion — la plus ancienne dans la littérature romaine — à la rage
b. — 1,5, 97 suiv. (Voyage à Brindes).
Gnatia lymphis Iratis exstructa dedit risusque iocosque, Dum flammoá sine tura liquescere limine sacro Persuadere cupit. Credat ludæus Apella, Non ego : namque deos didici securum agere evum, Nec, si quid miri faciat natura, deos id Tristes ex alto celi demittere tecto.
(La ville de) Gnatia, maudite en naissant par les eaux‘, nous fournit matière à rire et à plaisanter : ne prétend-elle pas faire accroire qu'au seuil de son temple l'encens se liquéfie sans qu'on y ait mis le feu *! Le Juif Apella? peut le croire, moi non: car j'ai appris que les dieux vivent dans une paisible indifférence et que si la nature produit parfois un phénomène, ce ne sont pas de tristes divinités qui nous l'envoient du haut de la demeure du ciel *.
de prosélytisme qui distinguail alors les Juifs. Jésus dit aux Scribes et aux Pharisiens : περιάγετε τὴν θάλατταν χαὶ τὴν ξηρὰν ποιῆσαι ἕνα προσήλυτον. Noter aussi le mot turba à rapprocher du n° 126 supra (Cicéron). Cf. Hild, loc. cit., ΧΙ; 32.
1. Gnatia ou Egnatia, ville d'Apulie, située sur la cóte entre Bari et Brindes.
2. Cf. Pline l'Ancien, II, $ 240 Jan : in Lalentino oppido Egnatia, imposito ligno in saxum quoddam ibi sacrum protinus flammam exsistere,
3. Le commentateur Porphyrion, du 1v? siècle (éd. W. Meyer, Leipzig, 1874) prétend que Apella vient de «a privatif et pellis et serait une allusion à la cireoncision (Apellas dicit ludæos qui pellem non habeant in parte genitali), Cette étymologie ridicule n'aurait pas dû être acceptée par Geiger et Renan. Apellas (qui est pour Apollas) est un nom trés commun à cette époque ; il était probablement porté par un Juif de Rome connu au temps d'Horace.
4. Ce passage est moins encore une raillerie de la « superstition » ou « erédulité » des Juifs, que de leur théodicée : Horace oppose aux dieux placides et sereins de la philosophie d'Épicure le Dieu « triste » d'Israél (le pluriel est poétique), logé dans le ciel et intervenant constamment dans les choses d'ici-bas. Cf. Hild, Revue des Études juives, XI, 36 s.
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e. — I, 9, 60 suiv. (Le Fâcheux).
Hoc dum agit, ecce Fuscus Aristius occurrit.........
« Certe nescio quid secreto velle loqui te Aiebas mecum? — Memini bene, sed meliore Tempore dicam : hodie tricesima sabbata ; vin tu
10 Curtis ludæis oppedere? — Nulla mihi, inquam,
Relligio 'st. — At mi : sum paullo infirmior, unus Multorum. Ignosces ; alias loquar. »
Pendant que mon fácheux me tient ces discours, survient Fuscus Aristius!, mon ami... « A propos, lui dis-je, tu avais je ne sais quel secret à me dire? — Je m'en souviens bien, mais je prendrai mieux mon temps; c'est aujourd'hui le trentième sabbat ? ; voudrais-tu faire la nique aux Juifs circoncis? — Oh! dis-je, je n'ai point de superstition. — J'en ai moi ; j'ai l'esprit un peu faible, comme bien d'autres. Excuse-moi; ce sera pour une autre fois *. »
1. Poéte dramatique et grammairien auquel Horace a dédié plusieurs de ses poésies.
2. On ne sait pas ce qu'il faut entendre par ces mots, et les explications des commentateurs, à commencer par Porphyrion (sabbata lunaria significat qua vulgares homines ferias sibi adsumunt) n'ont pas réussi à les éclaircir. Le 30° sabbat de l'année, dans le calendrier juif, n'a rien de particulièrement solennel ; il tombe en général vers la fin du mois Nisan, et non à Pâques. ll est possible que le poéte dans son ignorance ait cru que le sabbat revenait tous les trente jours, et l'ait confondu avec la néoménie.
3. Il faut retenir de là qu'Aristius Fuseus, comme beaucoup de Romains, unus multorum, sans étre converti au judaisme, s'associait à la célébration du sabbat, de méme que d'autres imitaient des Juifs l'abstinence de certaines viandes (Sénèque, Ep. 108): c'était en un mot un metuens sabbata, un σεδόμενος. Sur l'imitation de la fête du sabbat par les paiens, cf. Josèphe, C. Apion, 11, 39; Tertullien, Ad nationes, I, 13 ; Perse, V, 179, et les n** suivants de Tibulle et d'Ovide. Voir sur ce texte les commentateurs d'Horace et Hild, Loc, cit., p. 32 (mais son explication des fricesima sabbata comme « la fin d'une période de jeüne » n'est pas meilleure que les autres). — Nous ne