Epigrammaton, ΧΙ, 94 (décembre
Quod nimium lives nostris et ubique libellis Detrahis, ignosco : verpe poeta, sapis.
Hoc quoque non curo, quod, cum mea carmina carpas, Compilas : et sic, verpe poeta, sapis.
Illud me cruciat, Solymis quod natus in ipsis Pædicas puerum, verpe poeta, meum.
Ecce negas iurasque mihi per templa Tonantis. Non credo : iura, verpe, per Anchialum.
Que tu envies à l'excès mes écrits et les dénigres en tout lieu, je tele pardonne, poete circoncis, tu as raison. Que tu pilles mes vers tout en les censurant, je n'en ai pas cure : là encore, poete circoncis, tu as raison. Mais ce qui me torture, c'est que, né à
Solyme méme, poète circoncis, tu t'attaques à mon esclave favori. Je t'entends, tu m'assures que non et le jures par le
1. Martial, grand railleur des Juifs, avait donc un esclave juif à son service; peut-être les esclaves de cette race étaient-ils peu estimés et à la portée des petites bourses. — La circoncision, facile sujet de plaisanterie, est encore mentionnée dans les passages suivants qu'on nous dispensera de traduire : VIT, 55 (v. 7) : sed quæ de Solymis venit perustis Damnatam modo mentulam tributis (Vimpót du didrachme, exigé avec une rigueur particulière sous Domitien ; Suétone, Dom., 12); VI, 82 : Dum ludit media populo spectante palæstra (le comédien Ménophile) Delapsa est misero fibula : verpus erat. (Cette fibula, analogue à l’aluta de l'épigramme VII, 35, était sans doute une précaution contre l’impôt du didrachme).
temple de Jupiter tonnant : je ne te crois pas; jure, circoncis, par Anchiale*.