Voir plus haut, Plutarque, n
ceritas et decor, balsamum modica arbor; ut quisque ramus intumuit,si vim ferri adhibeas, pavent venæ ; fragmine lapidis aut testa aperiuntur; humor in usu medentium est.
Precipaum montium Libanum erigit, mirum diclu,tantos inler ardores opacum fidumque nivibus; idem amnem Iordanem alit funditque. Nec Iordanes pelago accipitur; sed unum atque alterum lacum integer perfluit, tertio retinetur. Lacus immenso ambitu, speciemaris, sapore corruplior, gravitate odoris accolis peslifer, neque vento impellitur, neque pisces aut suelas aquis volucres patitur. Inertes undæ superiaela, ut solido, ferunt; periti imperitique nandi perindeattolluntur.
Certo anni bitumen egerit; cuius legendi usum, ut ceteras arles, experientia docuit. Ater suapte natura liquor et sparso acelo concretus innatat; hunc manu captum, quibus ea cura,
AUTEURS LIATINS
baume et les dattes. Les dattiers sont grands et majestueux ; le baumier est petit : à mesure que ses rameaux se.
gonflent de sève, si onles blesse avec le fer, leurs veines se glacent; il faut y pratiquer l'incision avec un éclat de pierre ou un tesson. Le suc quien découle est d'usage en médecine '.
La principale montagne qui s'élève en ce pays estle Liban; chose étonnante, sous ce climat brülant elle reste fraiche et fidele à ses neiges. C'est là que le Jourdain prend sa source et s'alimente. Le Jourdain ne se jette pas dans la mer; mais apres avoir traversé sans se perdre un lae, puis un second, 1l se déverse dans un troisième. Ce dernier lac, d'une immense circonférence, ressemble à la mer, mais ses eaux ont un goût plus saumâtre; et la mauvaise odeur qu’il exhale est funeste aux habitants de ses rives. Il n'est jamais agité par les vents; il ne souffre ni poissons, ni oiseaux aquatiques. Les eaux, d'une nature inerte, supportent comme un
1. Cette description parait étre résumée de celle de Pline, XII, 25 (supra,
in summa navis trahunt; inde, nullo iuvante, influit oneratque, donec abscindas; nec abscindere cere ferrove possis :
fugit cruore m vestemque infectam sanguine quo feminae per menses exsolvuntur : sic veteres auctores; sed gnari locorum tradunt undantes bitumine moles pelli, manuque trahi ad littus; mox ubi vapore terra, vi solis inaruerint, securibus cuneisque, ut trabes aut saxa, discindi.
corps solide les objets qu'on v jette; qu'onsache ou non nager, on s'y soulient sans peine. A une cerlaine époque de l'année, le lac rejette du bitume.
La maniere de le recueillir a été, comme les autres arts, indiquée par l'expérience. C'est une liqueur noire, qui surnage d'elle-méme, surtout quand on l'épaissit en y jetant du vinaigre. Ceux qui sont chargés de ce soin la prennent alors avec la main et la tirent sur le pont du bateau; puis, sans aucun secours, elle coule et remplit le navire, jusqu'à ce qu'on la coupe. On ne peut la couper ni avec le cuivre, ni avec le fer : on y parvient avec du sang et les vétements tachés de sang menstruel'. Tel est du moins le récit des anciens auleurs. Mais ceux qui ont été sur les lieux prétendent que des masses bouillonnantes de bitume sont rejetées par le lac et trainées à la main vers le rivage. Puis quand la chaleur de la terre et la force du soleil les
1. Ce détail se retrouve chez Josèphe, B. Jud., IV, 8, 4, qui a sans doute copié un auteur plus ancien, le méme auquel Tacite fait allusion par les mots veteres auctores. Peut-être s'agit-il de Posidonios, quoique Strabon dans l'extrait qu'il donne de cet auteur (XV, 2, 43) mentionne simplement οὖρα xxx ἄλλα δυσώδη ὑγρά (supra, p. 109).
8 7. Haud procul inde campi, quos ferunt olim uberes magnisque urbibus habitatos fulminum iactu arsisse ; et manere vestigia, terramque ipsam, specie torridam, vim frugiferam perdidisse : nam cuncta sponte edita aut manu sata, sive herba tenus aut flore, seu solitam in speciem adolevere, atra et inania velut in cinerem vanescunt.
Ego sicut inclutas quondam urbes igne celesti flagrasse concesserim, itahalitulacus infici terram, corrumpere superfusumspiritum, eoque fetus segetum et autumni putrescere reor, solo cæloque juxta gravi.
At Belus amnis iudaico mari inlabitur ; circa cuius os lectæ arenae, admixto nitro, in vi-
LATINS
ontdesséchées, on lesfendavec des haches etdes coins comme le bois oula pierre.
Non loin de là s'étendent des plaines qu'on dit avoir été fertiles jadis et couvertes de grandes villes, mais qui furent consumées par la foudre. ll reste des traces de ce désastre ; la terreelle-méme, quisemble porter l'empreinte du feu, a perdu sa puissance productrice: toutes les plantes qui poussent d'ellesmémes, toutes celles que l'on seme, ou bien avortent à l'état d' herbe ou de fleur, ou, si elles grandissent jusqu'à la proportion accoutumée, noircissent et s'évanouissent en cendres.
Pour moi, tout en accordantque des villes fameuses ont pu étre brülées par le feu céleste, je suis convaincu quil suffit des exhalaisons du lac pour vicier lesol et corrompre l'air, et que la cause qui fait pourrir tous les grains et tous les fruits, c'est cette double contagion de l'air et de la terre *.
ll y a une autre riviere, le Bélus, qui se jette dans la mer de Judée?; c'est à son embou-
1. Ici encore, Tacite parait s'inspirer de Posidonios dont la description est à la base de celle de Strabon, XVI, 2, 44.
2, C'est à tort que Tacite place le Bélus en Judée : cette rivière se jetait
trum excoquuntur : modicum id littus et egerentibus inexhaustum.
$ 8. Magna pars Iudææ vicis dispergitur; habent et oppida. Hierosolyma genti caput.
Illic immensæ opulentiæ templum; et primis munimentis urbs, dein regia, templum intimis clausum. Ad fores tantum ludeo aditus; limine, prater sacerdotes, arcebantur.
Dum Assyrios penes Medosque et Persas Oriens fuit, despectissima pars servientium; postquam Macedones præpolluere, rex Antiochus, demere superstitionem et mores Græ-
chure que l'on recueille des sables qui, mélés de nitre et soumis au feu, donnent le verre.
Ce rivage est de faible étendue, mais les fouilles ne l'ont pas encore épuisé.
Une grande partie des Juifs vit dans des bourgades dispersées, mais il y a aussi des villes. La capitale est Jérusalem. Là est un temple d'une immense richesse; il y ἃ une premiere enceinte fortifiée pour la ville, une autre pour le palais, une autre encore plus intérieure pour le temple. Les Juifs seuls avaient acces jusqu'aux portes du temple; le seuil était interdit à ceux qui n'étaient pas prêtres ‘.
Tant que l'Orient fut au pouvoir des Assyriens, des Mèdes et des Perses, les Juifs étaient les plus méprisés des peuples esclaves. Sous la domination des Macédoniens, le roi Antio-
dans la mer près de Ptolémais et appartenait par conséquent à la Phénicie.
Pour la description, comparer Pline, V, $ 75 Jan :
rivus Placida sive Belus,
vitri fertilis, harenas parvo litori miscens, etc., et Josèphe, B. Jud., IF, 10, 2.
1. L'interdiction aux Gentils de pénétrer dans l'enceinte ou parvis du temple est confirmée, non seulement par Joséphe, l'Évangile et la Mischna, ' mais par l'inscription du Musée de Constantinople, provenant du temple de Jérusalem et publiée par M. Clermont-Ganneau : Μηθένα àXXoyev?, εἰσπορεύεσθαι ἐντὸς τοῦ περὶ τὸ ἱερὸν vpugdxrou xo περιθόλου * ὃς δ᾽ ἂν λήφθη ἑαυτῷ αἴτιος ἔσται διὰ τὸ ἐξαχολουθεῖν θάνατον (cp. la reproduction chez Stade, Geschichte des Volkes Israels, 11, 268),
corum dare adnisus, quominus tæterrimam gentem in melius mutaret, Parthorum bello prohibitus est; nam ea tempestate Arsacesdesciverat. TumIudzi, Macedonibus invalidis, Parthis nondum adultis (et Romani procul erant) sibi ipsi regesimposuere; qui mobilitate vulgi expulsi, resumpta per arma dominalione, fugas civium, urbium eversiones, fratrum, coniugum, parentumneces, aliaque solita regibus ausi, superstitionem fovebant, quia honor sacerdotii firmamentum potenti:
adsumebatur.