‹ Textes d'auteurs grecs et romains relatifs au judaïsmeChapitre 240 sur 273 · a. — Alexander Severus (par Lampride), c · texte numérisé non relu

a. — Alexander Severus (par Lampride), c

Iudzis privilegia reservavit ; Il conserva aux Juifs leurs Christianos esse passus est. privileges ; il permit aux Chrétiens d'exister.

b. — Alexander Severus, c. 29,

In larario suo...et divos Dans son /ararium... il avait | principes, sed oplimos elec- les images des empereurs divilos, et animas sancliores, in nisés, mais seulement les meilquis Apollonium et, quantum leurs, et de quelques âmes scriptor suorum temporum di- saintes, parmi lesquelles Apolcit, Christum, Abraham et Or- lonius (de Tyane) et, suivant un feum et huiuscemodi ceteros historien de son temps, Christ”,

1. Le contexte nous apprend qu'Héliogabale s'entourait des attributs de toutes les divinités qu'il singeait : les lions de Cybéle, les tigres de Bacchus, les serpents et autres fétiches égyptiens, etc. Les autruches juives ne font que compléter la ménagerie. Mais il est singulier que l'autruche (ñ3ÿ nz Bat ha-yaana, στρουθός, cf. Isate, xur, 21; Lamentations, 1v, 3) figure au contraire (Lévit., xi, 16; Deutéron., xiv, 15) parmi les oiseaux dont la chair est expressément interdite par la loi mosaïque. Il est vrai que la traduction du terme hébraïque est fort incertaine : d'autres l'interprétent par chat-huant ou chouette, sens qui paraît favorisé par le verset d'Isaïe. Cp. Bochart, Hierozoicon, éd, Rosenmüller, lI, 834.

2. On sait qu'Alexandre Sévère voulut méme recevoir le Christ au rang des dieux et lui élever an temple (Vita, 43).

HISTOIRE AUGUSTE

habebat ac maiorum effigies...

Abraham, Orphée et autres semblables, — enfin celles de ses ancétres.

e. — Alexander Severus, c. 45.

Ubi aliquos voluisset.. rectores provinciis dare... nomina eorum proponebat, hortans populum, ut si quis quid haberet eriminis, probaret manifestis rebus; si non probasset, subiret poenam capitis; dicebatque grave esse, cum id Christiani et Iudaei facerent in prædicandis sacerdotibus qui ordinandi sunt, non fieri in provinciarum rectoribus, quibus et fortune hominum committerentur et capita.

Lorsqu'il voulait donner des gouverneurs à des provinces...

il faisait afficher leurs noms et invitait le publie, s'il avait quelque grief contre les candidats, àl'établir par des preuves manifestes; faute de quoi, l'accusateur subirait la peine capitale. Il disait qu'il était intolérable, alors que les Chrétiens et les Juifs pratiquaient cet usage, en proclamant d'avance les noms des prétres à ordonner, qu'on ne fit pas de méme pourles gouverneurs de provinces, à qui l'on confiait la fortune et la vie des hommes '.

d, — Alexander Severus, €. 51.

Clamabat sepius, quod a quibusdam sive ludaeis sive Christianis audierat et tenebat,

ll proclamait souvent cette parole — qu'il tenait sans doute de quelques Juifs ou Chrétiens

1, Ge texte — s'il est digne de foi — ajoute un détail important (et négligé par les historiens) au peu qu'on sait sur l'ordination des « prétres » juifs, c'està-dire sans doute ici des membres des sanhédrins locaux. Sur le concours des fidèles à l'élection des clercs dans les communautés chrétiennes primitives, cf, la [re lettre de Clément, xziv, ὃ.

idque per preconem, cum aliquem emendaret, dici iubebat:

« Quod tibi fieri non vis, alteri ne feceris. » Quam sententiam usque adeo dilexit, ut et in Palatio et in publieis operibus præscribi iuberet.

AUTEURS LATINS

— et lorsqu'il corrigeait quelqu'un, il la faisait dire par le erieur public : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fit. » Il aimait tellement cette maxime qu'il la fit graver sur les murs du palais

et des édifices publies '.

205%. — Gordiani tres (par Jules Capitolin), c. 34.

Lessoldats élevèrent un tombeau à Gordien pres de la forteresse de Circésium sur les

Gordiano sepulchrum milites apud Circesium castrum fecerunt,in finibus Persidis, titulum huiusmodi addentes et Grecis et Latinis et Persicis et Iudaicis et Ægyptiacis litteris, ut ab omnibus legeretur...

confins de la Perse, et y gravèrent une épitaphe en lettres grecques, latines, perses, judaiques et égyptiennes, afin que tout le monde püût la lire...*.

1. Cette maxime aurait, d'aprés la tradition juive (Talmud de Babylone, traité Sabbat, 31 a), pour auteur Hillel l'ancien, le célèbre docteur du rer siècle avant J.-C. A un paien qui lui demande de lui résumer la loi juive pendant qu'il se tient sur un pied, il répond : « Ce que tu n'aimes pas pour toi ne le fais pas à ton prochain : c'est là la loi tout entiére, le reste n'en est que le commentaire. »

Le méme précepte est mentionné par Philon (chez Eusébe, Prep. evang., VIII, 7) comme faisant partie de la loi « non écrite » du judaïsme : & τις παθεῖν ἐχθαίρει, μὴ ποιεῖν αὐτόν. Il se lit aussi dans Tobie, rr, 15. Sous sa forme positive — « Aime ton prochain comme toi-méme », ou « Fais à autrui ce que tu voudrais qu'on te fit » — le précepte parait d'abord dans le Lévitique, xix, 18, puis dans l'Évangile selon saint Matthieu, vu, 12 et l'Épitre auz Galates, v, 14; ensuite il est attribué à Akiba par le Talmud de Jérusalem, Nedarim, VII, 4 (— Genesis Rabba, c. 24). Cp. Greetz, II, 300.

2. Suit le texte de l'épitaphe, qui aurait été ensuite détruit par Licinius, collégue et compétiteur de Constantin. Tout ce récit parait d'ailleurs imaginaire, — Gordien IIT, dont il s'agit, périt en mars 244,

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