AUTEURS LATINS
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RUTILIUS NAMATIANUS
Claudius Rutilius Namatianus, poéte et fonctionnaire d'origine gauloise, sous les fils de Théodose. Auteur d'un poème élégiaque en deux livres racontant son voyage de Rome en Gaule; l'ouvrage est daté de 416,
214%. — De reditu suo, I, 377 suiv.
Egressi villam petimus lucoque vagamur :
Stagna placent septo deliciosa vado.
Ludere lascivos intra vivaria pisces 380 Gurgitis inclusi laxior unda sinit.
Sed male pensavit requiem stationis amænæ Hospite conductor durior Antiphate.
Namque loci querulus curam ludæus agebat, Humanis animal dissociale cibis :
385 Vexatos frutices, pulsatas imputat algas, Damnaque libatæ grandia clamat aqua.
Reddimus obscenæ convicia debita genti, Qua genitale caput propudiosa metit, Radix stultitiæ, cui frigida sabbata cordi, 390 Sed cor frigidius relligione sua :
Septima quaque dies turpi damnata veterno, Tanquam lassati mollis imago dei.
que Macrobe connaissait la tradition évangélique, qu'il a combinée absurdement avec une anecdote de provenance paienne : on sait que les fils d'Hérode mis à mort par ce roi (Alexandre et Aristobule en 7 av. J.-C., Antipater en 4 av. J.-C.) avaient tous atteint l’âge viril. Quant au mot d'Auguste, en admettant son authenticité (il doit étre extrait, comme tout ce qui l'entoure, d'un recueil de Joci Augusti), il n'est qu'un souvenir du mot de Diogene (chez Diogene Laërce, VI, 2, 41 Didot ; Élien, Nat. anim., XII, 56), qui, voyant à Mégare les moutons couverts de peaux et les jeunes gens nus, aurait dit: «ll vaut mieux être le bélier d'un Mégarien que son fils. » Scaliger a fait observer qu'Auguste avait autorisé le supplice des trois fils d'Hérode.
RUTILIUS NAMATIANUS 359
Cætera mendacis deliramenta catastæ Nec pueros omnes credere posse reor.
390 . Atque utinam nunquam ludæa subacta fuisset Pompei bellis imperioque Titi!
Latius excisæ pestis contagia serpunt, Victoresque suos natio victa premit.
En sortant (de Falérie *) nousallons à une villa voisine, et nous nous promenons dans un bois. Là nous trouvons un délicieux étang, tout entouré de murs. Ce bassin clos forme de vastes viviers oü l'on voit s'ébattre les poissons folàtres. Maisle charme de cet agréable séjour fut bien compensé par la rudesse du fermier, hóte plus intraitable qu'Antiphates *. Un Juif hargneux était, en effet, chargé de la garde de ce domaine, animal insociable, à qui répugne toute nourriture humaine, Il nous demande compte de ses arbrisseaux que nous avons froissés, de ses algues que noüs agitons; si nous goütons à son eau, il se lamente sur les énormes dégâts. Nous lui répondons par les injures que mérite son ignoble race, nation éhontée qui pratique la circoncision, qui est devenue la racine de toutes les sottises, qui célebre de toute son àme la féte si froide du sabbat, mais dont l’âme est encore plus froide que sa religion? : passer dans une honteuse oisiveté un jour sur sept, à l'imitation de son dieu fatigué ! Le reste de leurs croyances, réveries mensongeres d'esclaves en délire*, les enfants eux-mémes,