Il s'agit sans doute de Ὦ
sur le compte de ce roi quantité de fables, oubliant apparemment quil a lui-méme exposé que les pasteurs étaient passés d'Égypte à Jérusalem cinq cent dix-huit ans aupararavant. Cet exode eut lieu en effet sous le regne de Tethmosis; ses successeurs régnerent trois cent quatre-vingt-treize ans, jusqu'aux deux frères Séthos et Hermæos. Séthos, ditil, fut surnommé Ægyptos, et Hermæos, Danaos. Séthos chassa son frère et régna cinquante-neuf ans : il eut pour successeur son fils aîné Ramses qui en régna soixante-six.
Manéthon, apres avoir ainsi reconnu quenosancétresétaient sortis d'Égypte depuis si longtemps, imagine donc un faux roi Aménophis, et raconte que ce prince manifesta le désir de voir les dieux, comme Or, un de ses prédécesseurs !; il s'en ouvrit à un prétre portant le méme nom que lui, Aménophis, fils de Paapis, qui passait pour posséder une sagesse divine etle don de prophétie*; celui-ci lui déclara qu'il pour-
ρος, neuvième roi de la XVIIIe dynastie.
2. Les égyptologues identifient ce personnage avec Amenhotep, fils de
σουσί τινες τοῖς μιχροῖς xai τῆς Αἰ-
* iy or 8i εἶναι τὸν βασιλέα.
, > € ^ ei ρούντων, ἀξιωθεὶς ὁ Toce iva
Hapou, architecte et magicien du roi Amenhotep III (
AEgyptens, p. 254).
rait satisfaire son désir s'il purgeait son royaume des lépreux et de tous les autres impurs.
Le roi se réjouit de son conseil, fit réunir tous les inlirmes, au nombre, dit-on, de quatre-vingt mille et les enferma dans les carrieres situées sur la rive orientale du Nil, pour y travailler en compagnie des autres forcats égyptiens : il y avait parmi eux des prétres illustres atteints aussi de la lepre. L'auteur ajoute que le devin Aménophis redouta que les dieux, irrilés d'étre vus de force par un mortel, ne fissent tomber leur colere sur le roi et sur lui-méme; il prédit en outre queles impurs trouveraient des alliés qui deviendraient pendant treize ans les maitres de l'Égypte; cependantil n'osa annoncer lui-même cette prédiction au roi ; il la laissa par écrit et se donna la mort. Le roi en fut tout découragé.
Voici comment continue textuellement le récit de Manéthon‘. « Après un assez long temps de souffrances passé
cf. E. Meyer, Geschichte
1. Beeckh et d'autres ont supposé que tout le récit qui va suivre avait été inséré dans Manéthon par un interpolateur judéophobe. Mais voir en sens
(πρὸς) χατάλυσιν αὐτοῖς xai σχέπην ἀπομερίσῃ, τὴν τότε τῶν ποιμένων ἐρὴμωθεῖσαν πόλιν Αὔαριν συνεχώρησεν.
€ , , C , , ' ἱερέων ᾿Οσάρσιφόν ἐστήσαντο, xol
μότησαν. TOY μὲν αὐτοῖς γόμον ἔθετο μήτε wie τῶν μάλιστα ἐν Αἰγύπτῳ θεμ:στευομιένων ἱερῶν ζῴων ἀπέχεσθαι μιηδενός, πάντα δὲ θύειν χαὶ ἀναλοῦν, συνάπτεσθαι δὲ pndev! πλὴν τῶν συνωμοσμένων. Τοιαῦτα δὲ νομοθετήσας χαὶ πλεῖστα ἄλλα μάλιστα τοῖς Αἰγυπτίοις ἐθισμοῖς ἐναντιούμενα, ἐχέλευσεν πολυχειρίᾳ τὰ τῆς πόλεως
πισχευᾶζειν τείχη xal πρὸς πόλεμον
HM
ἑτοίμους γίνεσθαι τὸν πρὸς A uévoon τὸν βασιλέα. Αὐτὸς δὲ προσλαβόμενος μεθ᾽ ἑαυτοῦ xai τῶν τ ΠΝ ἱερέων [τοὺς] μεμιαμμιίέν[ους] ! ἔπεμψε πρέσόεις πρὸς τοὺς ὑπὸ T ε)μιώσεως ἀπελα-
θέντας ποιμένας εἰς πόλιν τὴν χαλουμένην Ἱεροσόλυμα, xoà τὰ χαθ᾽ ἑαυτὸν χαὶ τοὺς ἄλλους τοὺς συνατιμασθέντας δηλώσας ἢ ist OU συνεπιστρατεύειν ὁμο-
» ᾽ , θυμαδὸν ἐπ᾿ Αἴγυπτον. Era£erw piv
daus les carrières, le roi consentit à les délivrer et à leur donner pour retraite la ville d'Avaris alors déserte, autrefois habitée par les pasteurs.
D'après l'ancienne théologie, cette ville est consacrée à Typhon. Dès qu'ils y furent établis, ils s'en servirent comme d'une place d'armes, prirent pour chef un prétre d'Héliopolis nommé Osarsiph, et préterent serment de lui obéir en toute chose. Il leur ordonna d'abord de cesser d'adorer les dieux, de manger. des animaux considérés comme sacrés en Égypte, de les immoler et de les consommer tous, et de ne s'allier qu'avec ceux qui auraient prêté le méme serment.
Apres leur avoir donné ces prescriptions et beaucoup d'autres trés contraires aux usages égyptiens, il les invita à fortifier activement les murailles de la ville et à se préparer à la guerre contre Aménophis.
S'étant associé encore d'autres prétres impurs, il envoya une ambassade à Jérusalem aux
contraire Schürer, Geschichte des Jüd. Volkes, WM, 172, qui insiste sur la bonne foi du narrateur : Manéthon ne donne des on-dit que pour des on-dit.