Aprés ce mot le ms. porte ἀπέχειν
Hermippe rapporte au premier livre de son Pythagore que celui-ci, apres la mort d'un de ses compagnons, nommé Calliphon, Crotoniate, affirmait que l'àÀme du défunt vivait avec lui jour et nuit, qu'il enseignait* qu'il ne fallait pas traverser un lieu oü était tombé un àne, qu'on devait éviter les eaux stagnantes et s'abstenir de toute ?, Il ajoute : « Pythagore faisait et disait tout cela par imitation des Juifs et des Thraces, dont il s'appropriait En effet, on
calomnie
les opinions ».
2. Est-ce Pythagore ou l'àme de Calliphon qui formulait ces prohibitions? Quoique C. Müller ait préféré la seconde explication, la première me parait
plus vraisemblable.
3. Il n'y a pas trace de ces préceptes dans la liste de σύμόολα pythagoriques donnée par Diogène Laérce, VIII, 1, 17.
AS
δαίοις νομίμων εἰς τὴν αὑτοῦ μετενεγς — affirme avec vérité que ce phi-
εἶν φιλοσοφίαν. losophe ἃ transporté dans sa doctrine une grande partie des institutions juives *.
134 bis. — Fragment 2, chez Origene, C. Celse, 1, 15, p. 13 Spencer. Λέγεται δὲ xoi “Ἕρμιππος ἐν τῷ On rapporte qu'Hermippe dit
πρώτῳ Περὶ Νομοθετῶν ἱστορηχέναι, dans le premier livre de son Πυθαγόραν τὴν ἑαυτοῦ φιλοσοφίαν traité Des Législateurs que la ἀπὸ Ἰουδαίων eig Ἕλληνας ἀγαγεῖν. — philosophie introduite par Py- | thagore en Grèce fut empruntée
par lui aux Juifs *.
1. C'est à tort que Niese et autres prolongent la citation d'Hermippe jusquà la fin du paragraphe. — Nous ne trouvons dans les documents juifs aucun précepte qui se rapporte à la premiere des prohibitions citée par Hermippe. En revanche, le Talmud offre plusieurs textes hostiles à l'emploi de l'eau stagnante : défense de prendre le bain de purification dans une eau pareille (Mischna Mikwaot), défense de boire de l'eau qui est restée découverte la nuit, de peur qu'un animal ne s'y soit abreuvé (Houllin, 9 b; jer. Teroum., 48 c). Je dois ces références à l'obligeance de M. Israël Lévi.
2, Le traité Des Législateurs et le Pythagore étaient deux sections distinctes, connues d'antre part, du grand ouvrage d'Hermippe, dont le titre général parait avoir été Bío:. Comme Origène avoue ne le connaitre que de seconde main, on peut soupconner qu'il s'est trompé et fait allusion au méme texte que Josèphe. Nous ne voyons, dés lors, aucune raison de contester l'authenticité du fragment, que quelques savants ont considéré comme une interpolation juive (comp. Schürer, II, 828-9 et les autorités citées dans ce passage, ainsi que Zeller, Die Philosophie der Griechen, 4e éd., I, 276-7). Il va sans dire d'ailleurs que les prétendus emprunts faits par Pythagore au judaisme, quoique atlestés depuis lors à plusieurs reprises par des paiens (Antonius Diogénès chez Porphyre, Vit. Pyth., 11) et des Juifs (Aristobule, chez Eusébe, Praep. evang., XIII, 12, 4), n'ont aucune réalité, pas plus que les emprunts analogues attribués à Homère, Socrate, Platon, etc. On a voulu voir dans cette invention une preuve de la malignité d'Hermippe, mais la tendance à chercher l'origine de leurs croyances et de leurs philosophies chez les peuples orientaux est fort ancienne chez les Grecs (voir déjà Hérodote) et nous avons vu Mégasthène (supra, n° 8) s'exprimer en termes analogues sur les coincidences entre les opinions des Juifs et des philosophes, sans conclure pourtant encore à un emprunt positif.
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