‹ Textes d'auteurs grecs et romains relatifs au judaïsmeChapitre 4 sur 273 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

montrée défavorable, surtout méprisante, aux Juifs, le judaisme n'a cessé de faire des prosélytes dans le menu peuple de Rome et de la Grèce, principalement parmi les femmes, les esclaves, les demi-civilisés. Mais ce travail sourd et aclif de propagande, qui parfois d'ailleurs visait plus haut el gagnait jusqu'aux marches du tróne, ce sont encore les documents littéraires qui nous le font entrevoir‘. Au surplus, sur bien des points l'opinion des lettrés n’a fait que refléter les préjugés du vulgaire; sur d'autres elle a contribué à les engendrer; à tous égards, on le voit, elle est donc utile à consulter.

C'est une erreur de croire qu'elle ait été dès l'origine et uniformément hostile aux Juifs. Il y avait dansle judaïsme des cótés qvi ne pouvaient manquer de lui concilier l'intérét, la sympathie même des lettrés. Presque tous étaient libres penseurs, et conduits parla réflexion philosophique à une sorte de vague monothéisme ou de panthéisme, qui se conciliait en pralique, mais non en théorie, avecle polythéisme vulgaire. Comment n'auraient-ils pas salué avec respect une race d'hommes qui, par le seul effet de l'évolution religieuse, était arrivée à une conception de la divinité et de ses rapports avec le monde, à la fois si élevée et si analogue à celle de la philosophie hellénique? La simplieité et la pureté morale des croyances des Juifs, l’austère grandeur de leur culte spiritualiste, leur étude constante et passionnée de la Loi, qui, à un examen superficiel, se confondait avec la spéculation métaphysique, tout cela excita d'abord au plus haut degré la curiosité, l'admiration des philosophes grecs. Ces sentiments se traduisent surtout dans les plus anciens témoignages qui nous soient parvenus à ce sujet, ceux des observateurs formés à l'école d'Aristote. C'est Théophraste qui traite les Juifs de « peuple de

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