‹ Textes d'auteurs grecs et romains relatifs au judaïsmeChapitre 5 sur 273 · MM · texte numérisé non relu

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PRÉFACE xt

philosophes » : le jour, s'entretenant de la divinité, la nuit, contemplant les étoiles. C'est Cléarque qui les fait descendre des gymnosophistes de l'Inde. C'est Mégasthene qui retrouve chez eux toutes les opinions des anciens physiologues ioniens. Hécatée d'Abdere lui-même, qui, écrivant en Égypte, formule déjà quelques réserves, rend hommage au dieu juif et à la loi mosaïque. Bien plus tard encore, Strabon, écho de Posidonius, n'a que des éloges pour la théodicée de Moïse et de ses premiers successeurs, dont il fait — sans doute sur la foi d'une apologie juive ad wsum gentilium — de véritables stoiciens. Des appréciations du méme genre se rencontrent dans la litléralure romaine : Varron loue le culte sans images, dont il retrouve l'analogie dans l'ancienne religion romaine; méme Tacite, malgré son injuslice passionnée envers le judaisme, a des paroles éloquentes pour « ce dieu unique, suprême, éternel, que les Juifs révèrent par la seule intelligence et dont ils proscrivent toute représentation !. »

Mais si le principe de la religion juive ne pouvait que lui* valoir respect et sympathie, d'autres traits dela physionomie morale du judaisme n'ont pas tardé à détruire cette bonne impression. lls peuvent se résumer en deux grands chefs d'aecusation : particularisme religieux, particularisme | social.

Particularisme religiewr. Personne ne trouve à redire que les Juifs aient leur dieu national, lui vouent un culte fervent, le préfèrent méme aux dieux des autres peuples : c'est dans l'ordre; chaque État, chaque nation en fait autant. Mais pourquoi vont-ils jusqu'à nier l'existence des autres divinités ? pourquoi dans les villes grecques oü ils ont recu droit de bourgeoisie refusent-ils d'adorer, comme tout le monde, les dieux de la cité ? pourquoi, chez eux, renversent-ils les autels

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