‹ Textes d'auteurs grecs et romains relatifs au judaïsmeChapitre 6 sur 273 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

el les statues des dieux de l'Olympe, tandis qu'ils interdisent aux genlils l'acces de leur propre sanctuaire ? Les philosophes qui, au fond du cœur, ne croient guère à l'existence des divinités populaires, ont appris, depuis Anaxagore et Socrate, à faire extérieurement bon ménage avec elles ; de quel droit les Juifs se montrent-ils plus philosophes que les philosophes? Passe encore s'ils se contentaient de vénérer exclusivement, mais discrètement, le dieu unique, le dieu de tout le monde: mais par un excès d'orgueil, que rien ne justifie, ils se sont avisés de faire, de ce dieu universel, en méme temps le dieu particulier de leur race ; il est leur découverte, leur monopole, leur chose ; ils veulent l'imposer aux autres nalions, avec les formes toutes locales, toutes nalionales qu'a revétues son culie à Jérusalem. Bien plus, au lieu de se féliciter modestement des rencontres fortuites entre leur religion et la philosophie des Grees, ils prétendent que toute la sagesse hellénique est dérivée de leur *Pentateuque : Platon, Aristote, Zénon deviennent les plagiaires de Moïse! Cette dernière prétention pousse à bout l'amour-propre de l'hellénisme, qui n'entend pas se laisser donner la lecon par une pelite tribu de barbares, née d'hier, et dont personne n'avait entendu parler avant Alexandre. A l'amour-propre provoqué se joignent le patriotisme et le loyalisme offensés, lorsque, par une conséquence naturelle de leur monothéisme intransigeant, les Juifs refusent de prendre part au culte des empereurs divinisés : ici le particularisme religieux prend des allures de révolte et de trahison. Tel est done le premier grand grief de la littérature contre les Juifs : le mépris des dieux — gens contumelia numinum insignis' — confondu volontiers avec l'athéisme, l'impiété. Pour Apion, les Juifs sont bel et bien des athées, et c'est sous

|. Pline, «nfra, p. 281.

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