‹ Textes d'auteurs grecs et romains relatifs au judaïsmeChapitre 7 sur 273 · PRÉFACE XII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XII

cette désignation que tombe, à une certaine époque de la législation romaine, le crime de « judaïsme » '

L'autre face du particularisme des Juifs est le particularisme social. Leur loi religieuse est en méme temps uneloi morale, hygiénique, civile, politique ; elle enveloppe toute leur vie dans un réseau d'observances singulières qui non seulement les différencient des autres peuples, mais encore les en séparent presque absolument dans l'existence quotidienne. Cet isolement social des Juifs, isolement, disait-on, voulu el créé par Moïse, est aux yeux des lettrés une absurdité et un crime. Volontiers ils répètent, comme l'Haman du livre d'EstAer : « Il y aun certain peuple dispersé parmi les peuples par toutes les provinces de lon royaume, el qui se tient à part, dont les lois sont différentes de celles de tous les peuples, et qui

, n'observe point les lois du roi : il n'est pas bon qu'il en soit ainsi?. » Par une curieuse, mais bien humaine, contradiction, les lettrés grecs, avec un orgueil hellénique très exalté, n'en préchent pas moins l'effacement de toutes les distinc? lions de mœurs, la fusion des races, l'unification morale du monde, pourvu qu'elle se fasse sous les auspices de l'hel. lénisme. Les Juifs, de leur cóté, ont exaclement la méme ambition; mais comme ils ne sont encore, comparés aux Hellénes et aux hellénisants, qu'une faible minorité, en attendant que le monde se converlisse à leur loi — loi, croyance, mœurs, ne font qu'un dans la conception de cette époque — ils veulent au moins sauvegarder leur individualité et mettre leur pureté religieuse à l'abri de toute atteinte. De là ces barrières jalouses dont iis s'entourent, barrières d'autant plus hautes que l'expérience leur a appris les séductious de la civilisation grecque el les dangers qu'elle fait

Page 1