‹ Textes d'auteurs grecs et romains relatifs au judaïsmeChapitre 8 sur 273 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

courir àla foi juive dés que la « haie des pratiques » s'est abaissée devant elle.

Ainsi celte seconde forme du parlicularisme juif dérive, en définitive, de la premiere, car la communauté de vie chez les anciens se manifestait surtout par la communauté des actes religieux, la religion étant partout, se mélant à toute chose ; pour ne pas transgresser leur loi religieuse, il fallait donc que les Juifs, résidant à l'étranger, se tinssent à l'écart de tout, ou peu s'en faut. Or, la fatalité de leur histoire les ayant dispersés à travers tant de pays, cette abstention systémalique, dont les Grecs et les Romains ne pénélraient pas le véritable motif, rendait Israél encore bien plus impopulaire que l'exclusivisme de sa foi religieuse; elle se traduisait, en effet, dans le commerce journalier, par mille petits faits sensibles, par le refus de manger avec les paiens, de prendre part à leurs jeux, à leurs exercices, comme aussi de servir sous leurs étendards, par l'autonomie juridique,

"par les mariages séparés. Partout oü des colonies juives un peu nombreuses s'étaient établies, volontairement ou non, au milieu de populations grecques ou hellénisées, les Juifs prenaient et gardaient fatalement une physionomie exotique. Ils avaient beau parler, écrire le grec, s'organiser à la grecque : leur solidarité étroite, leur isolement social et légal, dont la malignité s'exagérait d'ailleurs la portée etles conséquences ', les posait et les opposait, vis-àvis des Grecs et des Romains, comme des étrangers, « plus éloignés de nous, dit Philostrate, que Suse, Bactres ou l'Inde.» Les Grecs les détestaient d'aulant plus cordialement que seuls de tous les barbares (si l'on excepte leurs cousins les Phéniciens, bien vite hellénisés) ils montraient de réelles aptitudes commerciales, et que ces rivaux s'étaient fait accorder par les

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