‹ Textes d'auteurs grecs et romains relatifs au judaïsmeChapitre 9 sur 273 · PRÉFACE XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XV

rois macédoniens, par les empereurs romains, des privileges équivalant à ceux des Hellenes : ils étaient citoyens grecs à Alexandrie, à Antioche, à Éphèse ; ciloyens romains — par l'effet de l’affranchissement —- à Rome et ailleurs. L'indignalion jalouse contre ces concurrents, qui s'obstinaient à faire bande à part, s'exprima, en pratique, par des conflits incessants, dans la littérature, par un flot d'épithèles injurieuses qui se résument toutes dans le reproche de singularité, d'insociabilité (ἀμιξία), de vie fermée, contraire à l'hospitalité. Ce reproche, qui parait d'abord chez Hécalée d'Abdére,se répète sous des formes multiples jusqu'aux derniers temps de la littérature paienne, jusqu'à l'empereur Julien, jusqu'à Rutilius Namatianus. Avec une exagération manifeste, on en fait le crime de musanthropie, de haine du genre humain, qui sera reproduit contre le christianisme naissant. A un point de vue un peu plus étroit, l'adoption de la loi juive équivaut, aux yeux des ‘Romains, au rejet de la loi, de la nationalité romaine : c'est un crime de leése-patrie, en méme temps qué de lèse-religion. De là les constitutions impériales qui répriment sévèrement la propagande juive, de là l'indignalion qu'exeitent ces « vaincus qui veulent faire la loi aux vainqueurs » chez tous les écrivains attachés aux fortes traditions de la vieille Rome, Cicéron comme Sénèque, Tacite comme Juvénal '.

Telles sont les deux grandes sources des mauvais sentiments qui ont régné dans l'antiquité contre les Juifs, et en méme temps des persécutions, tres intermittentes d'ailleurs, qu'ils ont subies de la part des peuples ou des gouvernements. Tout le reste n'est qu'accessoire et secondaire : ni l'antisémilisme de race, invention des pédants modernes, ni l'antisémitisme économique, produit de la législation du moyen

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