PREFACE. XVII
première est l'intuition provenant de la grâce divine , c'est la seule qui ne commette pas d'erreurs; la seconde est celle du raisonnement, sujette à l'erreur. Comment obtenir cette grâce mystérieuse, qui révèle ainsi la pure vérité? Par la purification de la pensée. On obtient celle-ci en écoutant, selon la parole d'un maître autorisé, l'interprétation allégorique du Qorân et des traditions.
Chaque atome est le lieu de la manifestation de la divi- \ nité, et comme corollaire , Dieu n'existe pas en dehors de ces atomes: donc panthéisme absolu, identité de Dieu et de la matière. Démonstration : la matière se compose de quatre éléments; quand les éléments s'entrechoquent, il en sort un bruit, une voix; et quand même ils ne s'entrechoqueraient , pas, cette voix n'en existerait pas moins en puissance. - — l
Or ce bruit, cette voix, c'est le Verbe divin, le même qui s'est manifesté dans le Qorân.
Le Kàchif ul-esràr d'Ishaq-Efendi va nous permettre de compléter ces renseignements. Fazl-ullah est la personne dans laquelle, en l'an 8cxd hég., à l'âge de cinquante ou soixante ans (p. loo), s'est manifestée la force éternelle que l'on appelle Dieu, après s'être montrée dans la personne d'Adam, de Moïse, de Jésus et de Mohammed, qui n'est pas nommé. Le sens réel des paroles contenues dans les quatre livres révélés (Pentateuque, Psaumes, Evangile, Qorân) est resté caché jusqu'à la rédaction du Djâvidân par Fazl-ullah.
Comme cérémonies extérieures, Ishaq-Efendi remarque qu'à rencontre des autres derviches, ils n'ont point de vird ni de zikr; chaque matin, dans la maison du pîr (chef spirituel des communautés de derviches, appelé bàbà par les Bektachis), ' ils se rassemblent dans la chambre d'exercice. Le pîr met dans la main d'un serviteur, pour chacun, un
' Ptr-'c-c'i. M. Jacob pense que c'est le nom sous lequel on désigne la maison-mère des Bektachis, en Asie-Mineure (p. 87, note 2).