XVI PREFACE
qu'on y observe. Ces mouvements forment des cycles dont le commencement et la fin sont marqués par des phénomènes semblables, l'apparition d'un Adam au début et un jugement dernier à la fin. Sauf Dieu, tout être a un commencement et une fin.
Dieu se manifeste, s'extériorise, si l'on veut, dans la personne de l'homme, et plus particulièrement dans son visage, car l'homme a été fait à l'image de Dieu. Cette manifestation se produit, dans le développement historique de l'humanité, sous trois formes: le prophétisme, la sainteté, la divinité. Dieu se manifeste par les prophètes; Mohammed a été le dernier de ceux-ci; ensuite viennent les saints, dont le premier a été *^Alî; puis les imams jusqu'à Hasan *^Askéri, le onzième imam, ce qui différencie les Horoûfîs des Ismaéliens, qui s'arrêtaient au septième; Fazl-ullah est le dernier des saints, mais il est aussi le premier de la série divine, celle- dans laquelle la divinité s'incarne décidément dans le corps de l'homme; le dernier de ses successeurs sera le signe de la fin, non pas du monde puisqu'il est éternel, mais bien du. cycle actuel, celui où nous vivons, et qui sera suivi d'un nouveau cycle.
Ce qui distingue l'homme, c'est la parole: cette parole est le verbe divin, et comme le verbe ne peut s'inscrire que par le moyen des lettres, il s'ensuit que les 28 lettres de l'alphabet arabe, qui contiennent tout le verbe divin (à preuve le Qorân, qui est incontestablement la parole de Dieu, et qui repose uniquement sur vingt-huit caractères d'écriture), ont une valeur, une force particulière.
L'âme est immortelle, ou plutôt une faculté de l'âme, l'imagination, qui après la destruction du corps continuera de voir les mêmes images qu'elle a acquises durant la vie; les images bonnes seront pour elle le paradis, les images mauvaises, l'enfer.
L'esprit humain parvient à la science par deux voies: la