XXVIII), J] (XXIX— XXXII), ^I: (XXXVI), ^ (XXXVIII
^ (XL, XLI) oi-£ ^ (XLII), j^ (XLIII— XLVI). Ce sont soixante-dix-sept lettres et huit points, en prenant la lettre jj/« du mot yà-sÎ7i comme étant l'interjection arabe Ij „ô!" et non une lettre isolée; mais dans le cas où on la prendrait pour une des lettres isolées, cela ferait soixante-dix-huit lettres et neuf points.
Cinquième Direction.
Lorsqu'on articule, dans la prononciation, les noms des vingt-huit lettres dont se compose le Qorân, cela fait
' Cf. Browne, p. 85.
soixante-douze lettres , Xélif étant compté pour trois lettres , le bé pour deux, etc. Comptées de la même manière, les quatre lettres qui, extérieurement, ne paraissent pas mentionnées dans le Qorân, forment dix lettres. Les dix parfaites dont il est qliestion dans le Qorân (II, 192) sont, d'une certaine manière, une allusion à ce nombre de dix lettres, lesquelles, prises dans leur forme extérieure, ne sont que quatre lettres, et dix quand on prononce leurs noms; ce qui fait en tout quatorze. En considérant que ce sont dix lettces contenant dix-neuf points, cela fait vingt-neuf, savoir, le nombre de 28, plus le lam-élif représentant les lettres pé, tchîm, je, gâf.
Sixième Direction.
Certaines de ces vingt-huit lettres sont, au point de vue de leur forme graphique, constituées par un signe, d'autres par deux, trois et même quatre signes. Celles qui se composent d'un seul signe graphique sont: ', , o, ., (^-, (j^, -b, c, «i), J, «, j , 3 ; celles qui en comportent deux [la lettre plus le point] sont *->, -, ^, J, j,'u»> [-^]» è.' ^' O' ^^^^^^ ^^"^ lesquelles il en entre trois sont: o, ^3, 53; et enfin les lettres composées de quatre signes sont cy et (ji. Cela fait, au total, cinquante signes, savoir les vingt-huit formes des lettres et vingt-deux points diacritiques. Pareillement, au point de vue de la prononciation de leur nom, certaines lettres sont de trois lettres, et d'autres, en comptant les points diacritiques visibles et invisibles qui les accompagnent, se composent de quatre, cinq, six, sept et neuf signes. Certaines n'ont ni points visibles ni points invisibles. D'autres peuvent être lues de deux façons différentes, et représentent un nombre particulier dans chaque lecture. Les lettres composées de cinq ' signes (lettres et points) sont twùn et mhn; celles de six signes
') Le texte porte quatre par erreur.
sont: djîm, sîn, âïn, qâf; celle de sept est le ghàin; celle de neuf est le chîn. Les lettres qui peuvent être lues de deux manières sont le bé, le té, et le thé; quand on prononce bé, cela fait cinq lettres et points, et quand on l'appelle bâ, le total est trois; quand on dit thé, cela fait sept signes, et quand on l'appelle thâ , cela n'en fait plus que cinq. Les autres lettres à double appellation sont hâ, khà, râ, zâ, ta, zhà, fâ, hâ, yà. Les lettres qui n'ont ni points visibles ni invisibles sont dàl, çàd, làm, wâw.
Septième Direction. *
Les vingt-huit lettres ont aussi une valeur numérique, appelée hisàbi djommél'. c'est celle qui a été observée par les prophètes divins. Chaque lettre a une valeur particulière, qu'il faut mentionner parce que la connaissance de cette manière de compter est fort utile pour comprendre nombre de questions. Ce compte repose sur l'ordre de l'alphabet arabe appelé abdjad:
Abdjad hawaz hotî kalamoun s<ffaç qorichat thakhodh daZ' hogh. Ces mots, abdjad hawaz, sont les noms de certains enfants des anciens prophètes. Des vingt-huit lettres qui entrent dans la composition de ces mots, neuf sont des unités, neuf des dizaines, neuf des centaines, et une vaut mille.
Unités: I, ^, ^, o, «, j, j, ^, J^.
Dizaines: ^, é, J, ,., ^, u-, g, o, ^jo.
Centaines: o, ^, ui, o, cy, p., 3, (j», J».
Mille: ^.
Huitième Direction.
Les diverses espèces de combinaisons et de composition qui s'appliquent à ces lettres de l'alphabet reposent sur le i' ; il y a d'autres combinaisons qui sont mentionnées dans
') Parce qu'il est la dernière lettre de l'alphabet ainsi rangé.
les livres des anciens; mais ce qui a été pris en considération par le dernier des prophètes (Mohammed) et son livre, est de deux sortes: la première sorte est représentée par l'alphabet, dont la première lettre est IV/z/", et la dernière le yà\ la seconde sorte est figurée par les lettres isolées du Qorân, dont la première est également Vélif, mais dont la dernière est le noùn. Il y a une quantité de subtilités et de vérités qui se trouvent dans chaque combinaison.
C'est une règle que, dans la première combinaison, la liste des lettres se termine par le yé qui est une lettre dont, visiblement, le nom est exactement pareil à la chose nommée. Dans la seconde combinaison, où la liste se termine par le noîin, celui-ci est une lettre qui a sa propre fin en ellemême (c'est-à-dire dont le nom se termine par la même lettre que le début) , la première et la dernière lettre sont la même, contrairement à l'ordre de Vabdjad, dont la dernière lettre est le ghaïn dont le nom, quand on le prononce, se termine par les lettres yé et noîin et repose sur elles.
Vive la perfection de Mohammed, vive la perfection de Mohammed! Vive ce bonheur éternel, cette prospérité sans fin!
Sur cette poésie: bravo direction! zehî „ bravo" est une métaphore qui signifie trente témoignages : bravo la direction d'après Xabdjad ' /
La préséance donnée à la lettre i dans l'arrangement et la combinaison des 28 lettres est parce que l'élif a une forme bien équilibrée, et que l'équiHbre est un attribut éternel du Créateur des êtres. La terminaison de Vélif, dans la prononciation, est sur la lettre fé {élif), et en nombre, il vaut un ; or l'unité est aussi un attribut de Dieu ; c'est pourquoi on le voit figurer en tête du nom d'Allah, de celui d'Adam et de celui d'Iblis; car „il embrasse toute chose" (Qor. XLI, 54).
' Je pense que ce passage est corrompu.
Netivième Direction.
Les lettres .->>'-» 3 et 3' ne représentent aucune valeur numérique; cela provient, en une certaine manière, de ceci que les prophètes de Dieu sont pour ainsi dire les maîtres de la révélation et chargés de manifester les circonstances du monde de l'unité. Or l'apparition du mystère de l'unité de l'Etre absolu, monde dans lequel on ne peut faire acception de nombre et de compte, ainsi que Dieu (que sa dignité soit exaltée!) l'a dit: [Qor. III, 26) „Tu nourris qui tu veux sans compte", c'est-à-dire tu donnes la portion journalière à celui-là que tu veux, sans que compte en soit tenu, dépend de l'apparition de ces quatre lettres.
Cependant, d'après une autre explication, ces quatre lettres ayant la même forme que ^J, „, : et (i), ont la même valeur numérique, qui est trente-deux; car uj = 2, =: 3, j = 7, ii) = 20; or ce sont justement ces mêmes lettres qui complètent le nombre de trente-deux lettres [de l'alphabet].
Dixième Direction.
Si quelqu'un pose la question suivante: La disposition et l'arrangement des 28 lettres du Qorân montre que la dernière lettre est le yé\ quelle utilité y a-t-il à ce que maintenant l'on ajoute à l'alphabet les quatre lettres dont nous venons de parler? Quelle sera alors la dernière? Je répondrai: Le gàf, car ces lettres sont ^, ^, j, JT, et leur ordre est celui des 28 lettres ; par exemple , lorsqu'on dépasse Xélif, on arrive tout d'abord à la lettre lj, puis au , ensuite au j, et enfin au >i) : or les quatre lettres en question ont la même forme et sont articulées dans le même endroit que celles-ci. L'utilité de terminer par la lettre gàf, dans la composition, c'est que c'est une lettre dont le nom se termine par un /, de même que Xélif.
Onzième Direction.
Les 32 lettres qui entrent dans la prononciation reposent uniquement sur huit lettres, contenues dans le mot artificiel foûl viéidân; par exemple, quand on prononce le nom de Vélif, ce nom repose sur un làm et un /<? [en plus de la lettre initiale]; quand on prononce le nom du lâm, ce nom repose sur un élif et un mîm ; le noûn, sur un wâw et un noùn; té, zhé reposent sur un yé.
Quand on dit que le paradis a huit portes, c'est, en une certaine manière, une allusion à ces huit lettres; les habitants du paradis ', Adam et ses enfants, qui entrent dans ce paradis aux huit portes par le moyen des 32 lettres, la vue des vérités, des pensées, des nuances et des subtilités qui sont latentes dans ces 32 mots, et les houris, les jeunes garçons, les pavillons incrustés de pierres précieuses, les rivières d'eau, de miel, de lait et de vin dont se compose l'autre monde et qui n'ont pas à supporter de diminution de situation, paraissent dans ces 32 lettres. Dieu a dit {Qor. XLVII, 16 — 17): „ Voici le tableau du paradis qui a été promis aux hommes pieux: des fleuves d'une eau qui ne se gâte jamais, des fleuves de lait dont le goût ne s'altérera jamais, des fleuves de vin doux à boire, des fleuves de miel pur". C'est-à-dire, telle est la ressemblance du paradis promis aux mouttaqi (or, dans la préface [de ce petit traité], on a pu savoir quels étaient ces gens pieux), dans lequel sont des ruisseaux d'une eau qui n'est pas insipide ^ de ruisseaux de lait dont le goût ne change pas, du vin qui cause du plaisir à ceux qui le boivent, du miel clarifié.
Du moment que le fils d'Adam a sur tous les autres êtres
' Pour les Horoûfis, le paradis n'est autre que ce bas-monde, quand on y joint la connaissance du mystère des lettres. Cf. Browne, op. laud. p. 74.
* Mauvaise traduction de l'arabe rr**''
la supériorité de la parole, lorsqu'il atteint la compréhension du mystère de ces lettres qui sont le fondement de cette parole, qu'il comprend les significations contenues dans ces lettres, qu'il s'établit à demeure dans le monde de l'intelligence des vérités, des pensées subtiles et des minuties rangées dans ces lettres, qu'il se tient ferme sur le sol de son cœur, forcément il découvrira dans le monde de la vie future, là où il doit se rendre et retourner, ces attaches et ces apparences sensibles que forment les houris, Ridhwân ', les jeunes garçons, etc. ; ces apparences de formes ont cette signification que les fils d'Adam, en ce monde soumis aux exigences de la perception [par le canal des sens] et du raisonnement, ont pris une apparence rationelle et révélatrice. On peut se rendre compte de la vérité de cette idée par ce qui se passe dans le rêve. Par exemple, quelqu'un a vu un songe particulier où il se trouvait dans un kiosque, entouré d'eau courante, et autres objets semblables; Çàil ■^ (que sa dignité soit exaltée!), à la pensée de cela et des actes de cet homme, dit: „Celui qui verrait un serpent, un scorpion, et autres choses semblables, en rêve, ce serait tout pareil". Donc on se bâtit un paradis et un enfer, dans le monde de la vie future, d'après les actes et les paroles des hommes. Forcément toute personne qui a à son actif de bonnes paroles et de bonnes actions est un élu du paradis; ceux pour qui c'est le contraire, sont les réprouvés de l'enfer. Quiconque n'a pas de bonnes pensées et une croyance orthodoxe, extérieurement, et qui ne s'accorde pas, en paroles et en actes, avec les hommes de bien, quand il arrive aux translations, il y reste.
Douzième Direction.
Tout mot est composé ; toute articulation a un nom, pris
' Jardinier ou gardien du paradis. 2 Sigle qui désigne Fazl-Ullah.
parmi les noms des prophètes de Dieu mentionnés dans le Qorân et la tradition, et différent du sens lexicographique, ce qu'est le nom d'Allah en face des [innombrables] attributs de son essence, etc. Ce sont des milliers de significations qui sont contenus dans la composition des noms et des articulations. Ces mystères peuvent être compris par l'analyse et le développement de ces noms. L'analyse consiste à décomposer, par la pensée, un mot composé dont les parties sont reliées les unes aux autres; par exemple, l'expression Ommou'l-kitâb, composée de plusieurs lettres et de plusieurs points diacritiques. Les règles dé l'analyse et du développement, pour les maîtres du mérite, est de diverses sortes. Celle que nous adoptons paraîtra clairement par l'analyse du mot allàh, que l'on peut appliquer à toute articulation et à tout mot. Dans le premier genre d'analyse, où l'on considère les objets nommés, c'est le nombre des lettres qui composent le nom d'Allah dont on tient compte; il y en a cinq: a, l, l, a, h. Un autre procédé consiste à appeler ces cinq lettres par leur nom , et à considérer ce que vous obtenez, en les prononçant, par l'articulation des noms de ces cinq lettres: [élif\ làm, lâm, élif, hé. Maintenant, ce sont quatorze lettres et quatre points diacritiques '.
Un autre procédé consiste à décomposer le mot allàh en ses éléments et à voir combien il a de lettres non répétées; on retranche alors les lettres répétées, c'est-à-dire qu'on n'en tient pas compte. Le mot Allàh contient trois lettres non répétées, d'après la première analyse; ces trois lettres sont î, (3, s; et six lettres, d'après la seconde méthode : f, J, ^j r? 'j LTJ ^^^ répétitions n'entrant pas en ligne de compte. Ces lettres répétées se rattachent à un endroit où la lettre non répétée indique un nombre faisant partie des nombres
' En y comprenant les deux points diacritiques du yé dans la prononciation hc . ^ du nom de la lettre s.
considérés, tels que 14, 7, 16, 17, 21, etc., dont l'explication ne saurait entrer dans cet abrégé. Il y a des cas où les lettres répétées doivent être comptées, et d'autres où il faut joindre le nombre aux articulations visibles et où il ne faut pas le joindre aux articulations cachées.
Le sens qu'on a en vue en parlant de points visibles, c'est que, lorsque vous aurez observé cette règle et que vous vous appuierez sur elle, vous saurez ce que veulent dire FH, YH et PH ' quand on vous les articulera, et pourquoi la prière du matin se compose de deux génuflexions, celle de midi de quatre, et celle du coucher du soleil de trois ^. Il en sera de même pour le nombre des sourates du Qorân et la totalité des choses que vous trouverez dans l'analyse de ce nom. Ses lettres sont pointées; néanmoins le nom d'Allah n'a pas cinq points visibles; ses points invisibles sont ceux qui proviennent des lettres pointées déterminées par la seconde méthode d'analyse, comme Yélif qui, dans le premier procédé, n'a aucun point visible; mais si vous le lisez élif ^ cette manière de prononcer dégage le fé, qui est une lettre pointée.
Une autre règle consiste à considérer le nombre provenant de la valeur numérique des lettres déterminées par les règles précédentes, à les additionner et à voir le nombre total. Par exemple, le nom à' Allah, d'après le premier procédé, comprend cinq lettres; suivant le second, quatorze lettres et quatre points; d'après la troisième règle, il renferme trois lettres non répétées, et d'après la dernière six lettres non répétées. Si vous additionnez ces nombres, cela donne 32 lettres; de sorte que le nom d'Allah, qui est un nom propre, témoigne, au point de vue du nombre que l'on y peut
' FH est un sigle signifiant dix-sept; YH donne comme valeur numérique 15, c'est le nombre de prières du vendredi; de même PH qui est l'abrégé de pânzdeh „quinze".
2 Comparez Hughes, a Dictionary of Islàm^ p. 469.
trouver par la méthode indiquée, de la totalité des paroles de l'Essence de Vérité, qui reposent entièrement sur les 32 lettres de l'alphabet. Vive la perfection du prophète illettré (que les bénédictions de Dieu soient sur lui !), puisque le nom propre [de Dieu] est composé des mots de sa langue, dans laquelle on trouve toutes les paroles de Dieu!
Le nom de Mohammed est du même genre. D'après le premier procédé d'analyse, il se décompose en cinq lettres dépourvues de points visibles, qui sont: *, , *, *, o; cela donne trois lettres non répétées, et six d'après le second procédé [d'après le nom même des lettres]. Maintenant les nombres produits par le nom de Mohammed sont 28, sans les points invisibles; dans ce cas, il ne faut pas joindre à son nombre les points invisibles. De même qu'extérieurement il a été l'objet des 28 paroles ', son nom aussi atteint le nombre de 28. Si l'on compte également les points invisibles, c'est conforme à la situation, pour la raison que la lettre lâm-élif, bien qu'elle fasse partie des trente-[deux] lettres, cependant, par un certain côté, elle est considérée comme à part. La lettre lâm-élif [quand on l'appelle par son nom] se décompose en six lettres, et les points invisibles du nom de Mohammed sont aussi au nom de six; et si on prononce le nom de la lettre hâ avec imàlè, c'est-àdire si on l'appelle hé, le nom de Mohammed , d'après le second procédé, aura huit points invisibles ^.
Cet exemple est également juste à ce point de vue que le làui-élif, ainsi que cela a été dit au début, contient [dans son nom] quatre lettres non répétées, et qu'en outre il remplace les quatre lettres de l'alphabet persan [que ne possède
• Le nombre des lettres de l'alphabet arabe, auquel se réduit le texte du Qorân tout entier.
' Ces points sont ceux de la lettre yé entrant dans la composition du nom de la lettre »//w, plus ceux de la même lettre entrant, dans la seconde hypothèse, dans la composition du nom de la lettre /;/ (écrit hï).
l6 LE LIVRE DE LA DIRECTION.
pais l'alphabet arabe] ; or le nom de Mohammed (que le salut soit sur lui!), en raison de la signification du nombre et du mystère de ces quatre lettres, a été produit par les quatre lettres du lâm-élif. Donc Mohammed du lâm-élif aurait eu des nombres avant lui, isolément *.
De même, ces quatre lettres indiquées par le làm-élif, sont eh rapport avec le prophète illettré (que le salut soit sur lui !) et le làm-élif, de sorte que ces quatre lettres deviennent huit. Par exemple, celui qui regarde dans un miroir a, en une certaine manière, deux visages, bien qu'un seul visage ait une existence indépendante.
A un autre point de vue, les points invisibles du nom de Mohammed (que le salut soit sur lui !) se composent de quatre points non répétés, de la façon suivante : Deux sont visibles dans le nom de la lettre *x^, et deux autres dans celui de la lettre ^^^p-: les quatre autres points proviennent de la répétition de cette même lettre *jyc; quand on prononce sans imàle le nom de la lettre , c>, c'est-à-dire L>, cela ne fait plus que six points, provenant tous des trois *-y<i [contenus dans le nom], points dont quatre viennent de deux niîms répétés, et deux du mtm primitif. Le seigneur Mohammed, l'Elu (que le salut soit sur lui !), est le possesseur des 28 lettres, plus la lettre ^i qui extérieurement se compose de deux lettres.
Puisque les points du j»-yo et du ^^^ provenant de ce nom par la voie de la deuxième analyse sont en réalité les points de la lettre (^ mentionnés dans le ^—tr* ^^ ^^ (jr>' ^^ sont deux points non répétés, et le reste des lettres répétées forme le nombre de 28 lettres; la lettre "^j qui se compose de deux lettres, est [donc] produite par le nom de Mohammed (que le salut soit sur lui !)
' Ce passage me reste inintelligible.
Treizième Direction.
Sache, ô toi qui étudies les mystères de la religion, que lorsque tu te seras assimilé la susdite règle et que tu t'appuieras sur elle, tu comprendras ce qu'on te dira quand on t'interrogera sur leS dix-sept, YH et PH; tu sauras pourquoi la prière du matin se compose de deux rèk^at, celle de midi de quatre, et celle du coucher du soleil de trois. Il en sera de même pour le nombre des sourates du Qorân et la totalité des préceptes religieux, par l'exécution desquels tu te sais sauvé et délivré [du péché]. Tu comprendras' alors pour quelle raison mystérieuse chacune de ces choses a été désignée par un nombre, et pourquoi, si une personne fait au nombre de dix-huit les dix-sept rèk'^at de la prière, elle est infidèle. Il en est de même pour tous les préceptes de la religion et de la loi canonique.
Quatorzième Direction et postface de V ouvrage.
Sache, ô étudiant des mystères divins, que la connaissance de la personne parlante, qui est Dieu, dépend absolument de la connaissance de la parole. Quiconque cherche la connaissance du Seigneur en dehors de celle du verbe et du discours, n'est pas sur le droit chemin et n'arrivera pas à son but; c'est un aveugle qui cherche de l'eau douce dans un terrain saumâtre.
Cette nouvelle donnée par Dieu (qu'il soit exalté et élevé !) dans le Qorân, à savoir que l'un des signes du jour de la résurrection, sera l'apparition d'une fumée provenant du ciel, d'après ce passage: ,Le jour où le ciel produira une fumée évidente (Qor. XLIV, 19 ')", veut dire que cette fumée sera
'Cf. Béïdàwi, An-wâr et-Tanzil^ éd. Ficischer, t. II, p. 245; [Pseudo] Al>oa Zéïd Ahmed ben Sahl el-Balkhî , Livre de la création et de rhistoire^ éd. et trad. Cl. Iluart, t. II, p. 176.
l8 LE LIVRE DE LA DIRECTION.
l'apparition des lettres et de la science des lettres. La comparaison des lettres à de la fumée vient de ce que les lettres et la science des lettres proviennent de l'écriture, qui est noire, soit par l'expression technique de Dieu et de qalem de la création, ainsi que de ce que celui-ci a écrit sur le visage d'Adam et de ses descendants, soit par celle des créatures qui écrivent sur les pages et les registres. Ce qui prouve que Dieu le très Haut, en disant „fumée", a entendu ^lettres", c'est la parole du Prince [des croyants *^Ali] qui a dit: „Du moment que cette fumée viendra du ciel avant le jour de la résurrection, et qu'elle entrera dans l'oreille des infidèles, leur tête deviendra comme celle de hinaidhin. „On appelle tête de htnaidliin une tête de veau rôtie. Cette fumée donnera aux vrais croyants une indisposition semblable au catarrhe.
Jette les yeux, ô étudiant amoureux des mystères divins, sur ces mots: „ô Seigneur des mondes!" Extérieurement, la fumée pénètre dans l'œil, non dans l'oreille; bien mieux, c'est une lettre qui, lorsqu'elle pénètre dans l'oreille des contrefacteurs et des injustes, ceux-ci l'entendent, mais n'y font pas attention, par suite de leur haine extrême; ils sont infidèles à son égard. Leurs têtes prennent, auprès de Dieu et de son Saint par excellence (^Ali), la qualité de tête rôtie de tous les animaux, qui ne parlent point au moyen de ces lettres. Ce qu'il y a de plus étrange, c'est qu'ils s'imaginent faire partie de l'homme et de l'humanité.
Dire qu'un catarrhe se produit chez les vrais croyants, cela signifie qu'extérieurement le catarrhe est une chose qui nettoie le cerveau des sottises des révoltés impurs; or le cerveau est l'organe qui, dans le corps de l'homme, perçoit les pensées; en d'autres termes, la perception des pensées dépend de l'état de santé du cerveau, de même que la vue des objets et la perception des couleurs dépendent de l'état de santé de l'œil. Du moment que cette fumée représente des
lettres qui pénètrent dans l'oreille des vrais croyants, leur cerveau est forcément nettoyé des billevesées impures des contrefaçons et des imaginations irréelles qui s'y sont introduites à propos de la résurrection et de la vie future. Après la destruction du corps, qui est la mort naturelle, et comme récompense de ce qu'ils se sont débarrassés des contrefaçons auxquelles croyaient leur mère et leur père, et de ce qu'ils ont acquis des perceptions réelles par le canal de l'inspiration d'un directeur spirituel parfait, ils se trouveront dans le paradis supérieur „y vivant éternellement, à jamais ', n'y goûtant point la mort après leur premier décès ^", assis sur le trône de la majesté, dans la plus belle et droite apparence, jouissant de la vue de Dieu, des houris, des jeunes garçons obéissants et soumis, sans que ni séparation, ni voile, ni douleur, ni regrets viennent les saisir; ils jouiront „de ce que désirent les âmes et dont les yeux se réjouissent^".
Que le salut soit sur les Gens de la distinction et ceux qui recherchent Fazl-uUah l'exalté. Que Dieu bénisse Mohammed et ""Ali!
De la main du pauvre Râdji ben Za*^îfî de
.... riyyé, vers le milieu du mois de Rébi*^ II, 1138 (fin décembre 1725).
' Qor. IV, 121 et passhn.
* Qor. XLIV, 56.
3 Qor. XLllI, 71.