‹ Textes persans relatifs à la secte des HouroûfîsChapitre 18 sur 56 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

La générosité sans cause déterminante [de Dieu] exige qu'aucun ordre ne soit donné par principe d'autorité et ne soit pas en dehors de la règle de la raison, ainsi que cela est dit dans le Dj[âvidân-nâmè divin], à moins que cela ne provienne de la raison brouillée et confuse d'autres que les prophètes, les exécuteurs testamentaires, ainsi que ceux qui les suivent dans le monde en paroles, en actes et en croyance. C'est ainsi que dans les objections des anges à la création d'Adam et à la qualité de vicaire qui lui était donnée, ils dirent: „ Veux-tu établir un être qui commette des désordres et répande le sang" ? ^ Si l'ordre donné l'avait été suivant le principe d'autorité, le discours adressé aux anges aurait été le même que lorsqu'on vous ordonne, comme un devoir absolu, d'obéir à un ordre; mais du moment qu'il n'est pas donné en vertu de ce principe. Dieu a dit: ,Je sais ce que vous ne savez pas" ^ Dans ce discours.

« Refrain du Ch. LXXVll, 15 sqq. du Qorân. * Qor. II, 28. ' Même verset.

bien que la qualité de vicaire attribuée à Adam (que le salut soit sur lui !) soit marquée en résumé, par allusion et par son mérite, cependant ce n'est pas un motif de tranquillité parfaite; forcément, ce que Dieu savait et que les anges ne savaient pas, il l'a montré dans la création d'Adam, dans sa capacité et dans la qualité de vicaire qui lui était attribuée, pour le mettre au dessus des autres créatures; il lui a enseigné la totalité de ses propres noms et ceux également de tous les êtres; „Puis il les présenta aux anges et leur dit: Si vous êtes sincères, dites-moi les noms de ces êtres '." C'est une chose claire et bien connue que dans l'acte de magnifier et de sanctifier Dieu, la personne qui est sincère est celle qui invoque Dieu au moyen de ses noms fondamentaux, qui sont les particules isolées, car les anges ne le magnifient et ne le sanctifient pas au moyen de dérivés. Comprenez cela, ainsi que notre récit, malgré sa longueur. Comme les anges, à raison de leur propre impuissance, ne connaissaient pas la totalité des noms, „Ils dirent: Sois-tu exalté ! Nous ne savons que ce que tu nous as appris, car tu es le savant, le sage" ^ et ils se sont prosternés, sauf Iblîs, qui avait fait un faux syllogisme, et qui était insouciant par rapport à la signification de cette parole: „Je sais ce que vous ne savez pas".

D'après ces prémisses, lorsque le prétendant est un enfant d'Adam, il se peut qu'il soit le Khalife de son époque, et que le rang de Khalife lui ait été transmis, par un texte authentique et explicite, par un curateur tirant lui-même ses pouvoirs du curateur du curateur; pourquoi ne serait-il pas admis qu'il y a droit, lorsque la curatelle de certains a été et est placée sous le voile du mystère? Donc, quelle sera la preuve décisive qui en sera fournie, s'il s'attache au consensus partiel? Le droit de châtier auprès d'une raison

« Qor. II, 29. 2 Qor. II, 30.

non troublée à cette pensée, n'est pas une preuve juste, parce qu'il n'est pas et iie sera pas une compréhension, bonne ou mauvaise, à laquelle certaines compréhensions ne seront naturellement pas conformes; et quand elles seraient conformes et obéissantes, naturellement aussi cette conformité ne serait pas une preuve de sa sincérité. Bref, le prétendant se trouve en présence de ce dilemme: Ou il est caché, ou il n'est pas caché. Il ne peut sortir de ces deux termes; ou bien il sait, par sa propre âme et compréhension, qu'il n'est pas digne du Khalifat, qui c'est l'amour des dignités, l'orgueil de l'âme, le désir de surpasser ses égaux, et autres motifs qui l'y poussent, car il n'y a pas d'erreur dans ses propres rang et état, ainsi que je l'ai dit du songe de Séyyid Tâdj-ed-din Béhîqî; l'accord et le consensus de certains qui ne sont pas conformes à son tempérament, sont la cause qu'il insiste sur cette prétention. Bref, dans les attributs et les signes que tous connaissent comme sûrs ou non, le bassin est arrivé sur le bord S c'est la parole de celui qui a dit:

„Ne fais pas ce qui est inutile" '.

Sans aucun doute, toute personne à qui Dieu montre le chemin, sera égarée par tout autre, tandis que personne ne peut guider celui qu'il égare, car il a dit (que sa majesté soit exaltée !) : „Ce n'est pas toi qui dirigeras ceux que tu voudras, c'est Dieu qui dirige ceux qu'il lui plaît" '. Car la conduite d'une personne à l'endroit d'une autre personne est en raison de sa ressemblance d'espèce et de sa conformité de tempérament; c'est ainsi que le prophète a dit: „Les âmes sont des troupes réglées". C'est du prophète lui-même que la nation musulmane avait entendu ce hadith-, „Fâtima est une partie de moi-même; quiconque lui fera du mal, m'en

' Incompréhensible ; je n'en puis tirer aucun sens admissible. » Mètre hazadj. 3 Qor. XXVIII, 56.

fera à moi-même", et [pourtant] ils ont maltraité Fâtima et Hoséïn, son fils. La tradition rapporte cette parole du prophète: „Je suis de Hoséïn, et Hoséïn est de moi; je ferai la guerre à qui le combattra", c'est-à-dire je ne ferai jamais la paix avec lui ; [néanmoins] ils l'ont mis à mort; pourtant ils lisaient le Qorân, accomplissaient les rites de la prière et s'imaginaient être dans la voie de la loi religieuse.

Comme la conformité de l'ordre avec le principe d'autorité de Dieu, dans toutes les circonstances, a une considération complète selon la règle de l'interprétation allégorique, entre les musulmans par l'interprétation allégorique, et entre les lecteurs des lettres isolées sur les figures des êtres, par le détail, il faut que le pareil de cela se produise et se soit produit. „Considérez donc, ô gens intelligents"!'. „I1 en égare beaucoup par ce moyen", ^ par exemple le Khalife Yézîd et ses sectateurs; c'est ainsi qu'il a dit: „Que de lecteurs du Qorân que le Qorân maudit"; „il en dirige beaucoup aussi", tels que Selmân, Abou-Dharr [el-Ghifârî], Horr Riyâhîn et d'autres semblables.

Une situation étonnante, c'est, en vertu de la formule: „Peu nombreux sont ceux de mes serviteurs qui se montrent reconnaissants"' et par suite de ce qu'exige ce passage: „Nous en avons créé beaucoup pour la géhenne"*, le tempérament des adversaires de la voie éternelle et du chemin droit, qui, sous la forme humaine, est la ligne d'équilibre du visage et en réalité signifie l'obéissance au maître du visage, dont les règles sont instituées sur la base de l'équilibre du visage; c'est ainsi qu'il a dit: „ Adorez-moi, c'est là la voie droite" '; c'est de même que dans le Mahabbet-nâmè divin il est mentionné que celui qui refuse d'obéir aux ordres donnés par le maître du visage, quand même il se soumettrait au visage,

« Qor. LIX, 2. 2 Qor. II, 24.

3 Qor. XXXIV, 12. ♦ Qor. VII, 178. » Qor. XXXVI, 61.

LE LIVRE DES CONFIDENCES. • Sj

serait néanmoins, en vertu de la parole divine et au point de vue de la compréhension, un prétendant menteur. , Malheur en ce jour là à ceux qui me traitent de menteurs!" En tout cas, il est prépondérant, soit dans l'impiété absolue, soit dans le polythéisme secret. J'ai entendu, selon ce passage: ,La parole de Dieu est la plus haute" (qu'elle soit le salut pour nous!), et aussi d'El-Hâchémî, du Réïs, dont le nom propre est Mahmoud, et de Kiyâ, que sa majesté grandiose

a dit: „ que l'Antéchrist est une table couverte

de pain blanc et de la honte de la personne; mes amis, mes disciples mangent du pain de cette table; moi je les empêche, et ils ne l'acceptent pas, à l'exception de deux ou trois personnes qui manifestent de l'inclination." „ Seigneur! n'égare pas nos cœurs après nous avoir dirigés, et accordenous une miséricorde venant de ta part, car tu es le généreux"!* Fais passer ensemble la générosité sans refus; mais c'est un endroit dangereux. „Dieu aime ceux qui se repentent" ^ C'est de même qu'il [FazI-ullah] a dit (que sa gloire soit exaltée!): »Est un être humain la personne qui, comme son père, s'il commet une faute, s'en repent, comme Adam l'a fait; sinon, il est damné comme Satan, et ne se repent pas, de sorte que son principe est le feu." Ici s'arrête son discours (que son excellence soit illustre!)

D'après ces prémisses, il faut savoir et connaître que tout ce que l'homme fait, il le verra lors du retour; tout ce qu'il dit, si ce n'est pas contraire à la satisfaction de l'être parfait incarné et désigné qui est l'aimé et l'élu de Dieu, peut être attribué à l'obéissance; ce qui est contraire à sa satisfaction, est un péché.

On rencontre dans la tradition que notre prophète convoqua quelqu'un pour la guerre sainte; cet individu s'était retiré du monde et vivait dans la solitude. Lorsque le message du

« Qar. IX, 40. « Qûr. III, 6. 3 Qor. II, 226.

prophète lui parvint, il répondit: „Je me suis retiré du monde, et je ne puis me rendre à l'invitation que dans quelques jours; si quelque autre acte méritoire pouvait être accepté à sa place"? Le prophète répliqua par cette déclaration: „I1 n'y a pas de rahbàniyya dans l'islamisme", et en arabe, on appelle ruhbàn ceux qui se retirent du monde.

Cette pensée est une preuve manifeste que la dévotion et l'obéissance, c'est ce qui est conforme à la satisfaction du Parfait, car bien que se retirer du monde et s'occuper continuellement de jeûner, de prier et de ce qui se rapporte à la dévotion, soient une des marques extérieures de l'islamisme, cependant, comme le Maître de l'ordre a attribué la personne qu'il a convoquée pour la guerre sainte et qui a répondu: „Que l'on m'ordonne quelque autre chose à la place, parce que j'ai l'intention de me retirer du monde et de me livrer à la pratique de la dévotion", l'a attribuée, disonsnous, au retirement du monde, et l'accomplissement de son obéissance à sa qualité d'ascète, et comme ce que le prophète lui a répondu : „I1 n'y a point de rahbàniyya dans l'islamisme", est comme ce qu'on a dit: „I1 n'y a point d'ascétisme et de retirement dans l'islamisme", le retirement et la vie de solitude ne seront absolument pas récompensés dans l'islamisme par l'accomplissement de l'obéissance et des actes de mortification. Le résumé du discours est qu'il ne fasse pas de mal à Dieu et à son prophète et les tourmente pas, c'està-dire n'agisse pas contrairement à ses ordres.

La luxure et la réprobation, c'est quand on recherche leur satisfaction et qu'[en même temps] on les maltraite. Cette position est une position étonnante, car il arrive fréquemment que l'on croit savoir que la satisfaction est attachée à un ordre et qu'en réalité il n'en est rien, ou bien qu'on s'imagine qu'un ordre est de peu de conséquence au point de vue de la satisfaction de Dieu tandis qu'il en a beaucoup pour lui et son vicaire j il en est de même quand

on agit contrairement à un ordre: c'est ainsi que le prophète a dit qu'il faut éviter de commettre même une petite faute, parce qu'il se peut que le châtiment et la colère de Dieu y soient attachés; et qu'il faut mettre son espoir dans une obéissance, même petite, car il se peut qu'elle soit la cause d'une grande miséricorde; c'est de même qu'il a dit: „Le peu est beaucoup auprès de Dieu".

Il faut savoir qu'aucun éloignement n'est plus loin de Dieu que l'égoisme, aucun rapprochement plus proche que de lui obéir, sans que l'égoisme vienne nous séparer de lui; c'est ainsi que le prophète a dit: ^Mourez [spirituellement] avant de mourir [corporellement]". C'est une expression qui veut dire que les membres, les parties du corps, les forces externes et internes sont privés de leur action ; le retour de ces forces provient de Dieu. C'est ainsi qu'il a dit: „I1 n'y a de force et de puissance qu'en Dieu; nous lui appartenons; c'est vers lui que nous retournerons" '.

Donc toutes les fois que le serviteur fait de sa propre nature le vicaire de Dieu, à tel point que par son visage, sa main, son pied, son œil, sa langue, son oreille, en vertu de la tradition, il voit, entend et parle par Dieu (c'est-à-dire que sa nature, sa main, son pied, son œil ainsi que ses autres membres, sa volonté même ne sont pas contraires au vicaire du Dieu très-Haut, mais au contraire lui sont conformes en tout cas), il le suit dans ses paroles et ses actes; il prononce l'abandon (de soi-même) et du désir de sa propre passion. Ensuite, cela n'a pas eu lieu; il est séparé de sa propre vie et existence par la vie du maître de l'ordre (Dieu nous garde de cette science et dévotion dont le résultat est l'orgueil !) ; c'est ainsi que la science et les actes de Satan, qui était d'abord un ange, ont été la cause de sa réprobation. Sauvée et élue est cette personne qui a

1 Qor. II, 151.

VU la dévotion et les vérités de la science dans le résultat de l'humilité et de l'abaissement, par rapport à elle ou à une autre, ce qui est suffisant. „Ils seront doux envers les vrais croyants"'. „Grand Dieu! pardonne-nous, remets-nous nos mauvaises actions, *et dirige-nous sur la voie droite, voie de ceux auxquels tu as accordé tes bienfaits, non ceux contre qui tu es fâché, ni les égarés" ^.

Ensuite, ce qui a été promis précédemment, c'est qu'à la fin je montrerais quelques minuties relatives à la prohibition des choses. Sache que ce qui est interdit et prohibé, est de deux sortes; la première, c'est que ce qui est interdit, c'est ce dont le mal et le dommage se propagent de son âme à celle des autres, comme le mensonge, la ruse, l'envie, l'avarice, les attentats aux biens et à l'honneur d'autrui; et que ce qui est prohibé, cette prohibition n'est pas une condition absolue, comme le vin, le jeu du méïsir ^, l'adoration des idoles et le mariage aux degrés prohibés, comme le détail en est donné dans le Qorân. D'après la règle de Çâïl, s'appuyer sur le contraire de cela est une ruse absolue et la corruption des êtres.

Dans cette catégorie où figurent les choses interdites qui s'attaquent à autrui et les prohibitions non conditionnelles, il n'y aucune contradiction ni suppression dans les règles des tempéraments des prophètes au moyen des grands envoyés et des saints véridiques; ce que certains disent que le vin est licite dans la religion de Jésus et de Moïse (que le salut soit sur eux!) n'est pas exact; cette idée ne provient que des déformations du texte opérées par leurs sectes, parce qu'ils (?) avaient du vin. La preuve en est fournie par ceci que, dans le Qorân, le mot „ illicite" n'est pas appliqué

« Qor. V, 59. a Qor. I, 5—7.

3 Voir, sur ce jeu, la monographie d'Anton Huber, Ueber das y^Meisir' genannte Spitl^ 1883.

au vin, parce que toute chose déclarée illicite doit d'abord avoir été licite, tandis que le Qorân dit que le vin est une turpitude, une œuvre de Satan ; il ne dit pas qu'en boire est une œuvre satanique; l'ange tient son essence pour une œuvre satanique; tous les prophètes ont reçu l'ordre d'éviter les œuvres de Satan, et de se réfugier en Dieu contre lui et ses œuvres; c'est ainsi qu'il a dit: „0 fils d'Adam! n'adorez pas le Diable" ! ' Jacob, qui est le même qu'Israël et dont Moïse et Jésus sont les descendants, a dit à Joseph: „Ne raconte pas ton songe à tes frères, qui te tendraient des embûches, car Satan est un ennemi évident pour l'homme" ^ En vertu de ce verset, c'est un devoir pour les humains, qui sont de la religion et de la nation d'Adam, de s'opposer à Satan et à ses œuvres.

Le Qorân dit que le vin est incomplet, et que le péché d'en boire est plus considérable que l'utilité qu'on peut en tirer, car son utilité s'applique au corps, tandis que le dommage qu'il cause s'applique à la raison; or le corps a la même valeur que la raison, qui est la compréhension; la différence des enfants d'Adam dans la perfection de la vertu est dans la raison et la compréhension, non dans le corps; c'est ainsi que le prophète a dit: ,Je suis un homme comme vous qui reçoit des révélations"'. Et dans le Dj[âvidân-nâmè] divin, [Fazl-ullah] a dit: „ Parmi eux il n'y a pas la règle des choses rationnelles, et il n'y a pas de règle qui à l'origine ne repose sur le rationnel ; par exemple, la loi religieuse repose en partie sur des déductions rationnelles et en partie sur les traditions ; mais le traditionnel, qui vient du fondateur de la loi, est la vérité de Dieu même ; il n'est pas établi par une preuve péremptoire tirée de la raison. Il n'y a pas une personne qui accepte qu'il soit rationnel. Donc la règle de

> Qor. XXXVI, 60. 2 Qor. XII, 5.

» Qor. XVIII, iio et XLI, 5.

la connaissance de Dieu et de la création des choses ne peut être en dehors de celle du rationnel" (Que sa parole soit glorifiée !).

Donc, cette chose qu'il faut éviter et qu'il faut considérer comme honteuse au point de vue de la raison, ne sera pas une inclination vers lui et sa pureté selon la règle du rationnel; ce sera contraire à l'ordre, car Çâïl a dit: „I1 y a plusieurs discours composés dont la composition se produit d'ellemême; agir contrairement à ces discours, c'est devenir un impie absolu et corrompre les êtres. La parole de Dieu, représentée par le Qorân, qui explique la promesse de la science de l'éternité passée et future, est ou bien cette composition qui est formée des 36 mots, de sorte qu'il voit sa compréhension, sa puissance et sa force en toute chose; il voit son opposé comme un infidèle; ou bien cette composition telle que la manière de vivre, la justice et l'équité, je les polirai de telle manière qu'elles soient mues par des questions antérieures qui ont été mentionnées". Ici s'arrête son discours; que son excellence soit glorifiée!

La seconde catégorie des choses interdites et prohibées, c'est celles qui ne sont pas nécessaires à l'âme de leur auteur et qui de lui ne se communiquent pas à autrui; il faut qu'elles soient conditionnelles; ce qui est nécessaire dans les choses prohibées, c'est la paresse et la négligence dans la pratique de la prière, du jeûne et des autres bases de la religion, à l'exception de la dîme aumônière et de la guerre mainte, qui appartiennent à la catégorie des péchés qui se communiquent aux autres; l'observation des conditions et des définitions est pareille.

Ce qui est une condition indispensable dans les choses interdites, c'est que leur essence n'ait pas été et ne soit pas illicite, mais que ce soit l'acte d'un homme à l'égard d'un autre homme qui la rende illicite ; elle est licite par rapport à un autre que celui qui la commet.

Bref, il y a de nombreux discours sur ce sujet. Chaque personne, dans le monde de la compréhension, éprouve de l'attraction ou de la répulsion pour une autre personne. Suivre et être suivi, en parlant des hommes par rapport aux autres hommes, est une attraction. Ceux qui changent les mœurs par leur conseils et leurs exhortations, sont ceux dont il a été dit dans le Qorân: „Rare est la reconnaissance de mes serviteurs".

Jamais ce n'a été l'essence de l'amour, et ne le sera jamais, qu'il n'ait pas l'objet aimé désigné et personnifié, et de môme pour l'amant. Mais certains se présentent revêtus du vêtement de la politesse, du discernement, de la pureté, qui est le moyen par lequel sont créées les âmes bonnes dans le paradis; ils sortent de ces vêtements qui étaient dans ce monde-ci; d'autres se présentent revêtus du voile de la passion, du non-discernement et de la concupiscence charnelle, ce qui est la cause de la création des images malfaisantes et honteuses de ces vêtements.

„Le jour où les visages seront blancs" ', ce jour-là sera blanc le visage de cette personne qui, ainsi qu'il a été dit dans le Mahabbet-nâmè divin, obéira à la parole : „Je suis le plus beau", et qui fera l'amoureux; et celui qui ne le fera pas, sera ainsi que le dit Çâïl: „Quiconque n'est pas un amoureux de ce genre, n'est pas même amoureux; c'est une pierre insensible, il ne connaît pas la voie de l'amour et les qualités de l'amant: „Dis: si vous aimez Dieu, suivez-moi^. Ceux qui te prêtent serment de fidélité, le prêtent à Dieu" '. Que sa parole soit exaltée!

O étudiant simple de cœur, en tous cas, sache que la prudence et la précaution sont un devoir, jusqu'à ce que tu lises le passion au nom de Dieu, et que, par rapport à

' Allusion à Qor. III, 102.

2 Qor. III, 29. 3 Qor. XLVIII, 10.

la nature mauvaise, tu ne te reconnaisses pas comme l'être adorable, sage et éternel. L'amant de ce visage est celui qui n'agit pas, ne sait pas et ne voit pas contrairement à cela et à ce que le maître du visage a ordonné. Si non, il est un prétentieux menteur: „Malheur à ceux qui te traiteront de menteur"! ' Si tu agis selon cette parole, tu agiras entièrement selon les paroles du Djàvidàn-nàmè, du Mahabbet-nâmè et de ÏArch-nànic; tu seras alors dirigé dans la voie droite. „C'est là la grâce de Dieu, qu'il accorde à qui il veut. Dieu est le grand dispensateur des grâces" \

Fin du traité intitulé „Livre des confidences", par l'aide de Dieu et son concours favorable. [Lcrit par] le pauvre qui espèr* [en la miséricorde de Dieu] Da'îfî . ... le 7 cha'^bân 1141 (9 Mars 1799).

Qor. XLVIII, 10. 2 Qor. LVII, 21 et LXII, 4.

Au NOM DE Dieu, clément, miséricordieux. Nous

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