XII PRÉFACE
du corps des Janissaires par *^Alâ-uddîn , frère et premier ministre d'Orkhan. Une légende prétend qu'Orkhan se rendit un jour à l'endroit où résidait Hâdji-Bektâch, près d'Amasia, pour lui demander, avec sa bénédiction, un étendard et un nom pour la nouvelle milice '. Le derviche posa la manche de son manteau sur la tête d'un des soldats, et donna à l'infanterie nouvellement créée le nom de Yéni-tchéri (nouvelle troupe, d'oii ^janissaire"). Depuis lors les Janissaires portèrent un morceau d'étoffe derrière le feutre blanc qui leur servait de coiffure et ornèrent celle-ci d'une cuiller de bois. Cette tradition n'a pas de base historique bien certaine ^. Néanmoins les Janissaires conservèrent dans leurs rangs des derviches bektachis; Mouradgea d'Ohsson déclare qu'ils sont enrôlés dans le 99^ orta ^ et que cette organisation remonte à l'an 1591. La destruction des Janissaires enleva toute son importance à l'oi-dre des Bektachis.
On ignore quelle était la doctrine de Hâdji Baktach, qui n'a pas écrit de livres*; mais ce qui est certain, c'est que cet ordre de derviches, dès le quinzième siècle, adopta les idées de Fazl-ullah, surnommé Horoufî , originaire d'Astérabad, qui fut persécuté et mis à mort par ordre d'un fils de Timour, Fazl se croyait, et ses adeptes le crurent, l'incarnation de la divinité. Pour lui, toute théologie découle de l'alphabet arabe (28 lettres) complété au moyen des 4 lettres complémentaires qui y ont été ajoutées par les Persans. Il n'était pas l'inventeur de ce système; il ne faisait qu'être l'écho d'idées ismaéliennes, remarque déjà faite par
' Hammer, Hist. de Vempire ottoman^ t. I, p. 123, qui indique, comme sources, Nechrî et '^Alî; d'Ohsson, Tableau général de Vempire othoman^i.W^ p. 675, et t. VII, p. 311.
* Jacob, Bcitrdge zur Kcnntnis des Derwisch-Ordens der Bektaschis^ p. 3, ne l'a trouvée ni dans Sa^d-eddîn ni dans Nechrî (ms. de Vienne), malgré l'indication de J. de Hammer.
' Tableau général^ VII, p. 311 et 325.
* Ishaq-Efendi, A'ârAt/ wZ-Mr^r, p. 157,